‹ Le chrétien a l'école du calvaireChapitre 203 sur 229 · III. POINT · texte numérisé non relu

III. POINT

JÉSUS GUÉRIT l'oreille DE MALCHUS.

Jésus ayant touché Voreille de cet homme, le guérit.

La puissance de Jésus avant de se 'cacher, jette encore un rayon qui devait éclairer ses ennemis, s'ils n'eussent point si opiniâtrement résisté à la lumière. Les Apôtres, voyant que les Juifs s'avançaient pour prendre leur Maître, lui demandent s'ils se mettront en défense ; mais saint Pierre, sans attendre sa réponse, comme il est bouillant, frappe Malchus qui marchait le premier, et lai coupe l'oreille droite. Que la ferveur indiscrète est dangereuse ! Nos désirs sont aveugles dans leur naissance. Les premiers mouvements au bien et au mal ne sont guère solides. Obéissez, suivez conseil, conduisez-vous avec simplicité, pour marcher avec assurance. Qui précipite ses actions, aura tout loisir de s'en repentir (1).

Saint Pierre, pour avoir cru sa ferveur, est blâmé du Fils de Dieu. Arrêtez-vous, dit-il, ne passez pas outre. Celui qui frappe de Tépée, mérite de périr par l'épée. Les armes d'un chrétien, dit saint Bernard, sont les larmes; sa force est l'humilité et la prière. Il ne sait ce que c'est que de rendre mal pour mal. Son propre est de résister en pliant et en cédant, comme le roseau. Le Fils de Dieu, qui l'anime de son esprit, ne lui apprend pas à venger l'injure qu'il reçoit, mais à la souffrir. Si je voulais me défendre, dit- il, pensez-vous que j'eusse besoin de votre faible secours? n'aurais-je pas le crédit d'obtenir de mon Père plus de douze légions d'anges (^)?

Pour confirmer sa parole par les œuvres, il touche l'oreille de Malchus qui pendait à demi coupée, et à l'instant il le

(1) Luc. -2'2. — 1. Petr. 4. — Tei't. do Patient.— (^) S. Chris. S. Bern. 1. 4. de consirl-^r. c. 2.

guérit. Oh ! extrême bonté! reprendre l'ami, guérir son ennemi. Est-il possible, ô bon Jésus! que nos péchés, au lieu de vous irriter, attirent vos miséricordes? Ne craignez-vous point que les bons ne perdent courage, et que les méchants ne soient plus hardis à vous otYenser ? Que sert-il d'obliger ces ingrats? ils en seront plus insolents.

Mon fils, c'est pour vous apprendre à rendre le bien pour le mal. Si les Juifs sont maintenant sourds, un jour ils écouteront ma parole. Mais vous, ne perdez pas l'oreille droite; ne soyez pas sourd à ma voix. Coupez plutôt l'oreille gauche, et n'écoutez jamais les charmes du monde, ni les appas de la chair, qui attirent les hommes dans la perdition.

DIX-NEUVIEME CONSIDERATION

Jésus permet aux Juifs de se saisir de sa personne.

« Jésus dit aux priuces des prêtres et aux magistrats du temple, et aux anciens qui étaient venus à lui : Vous êtes venus avec des épées et des bâtons comme contre un voleur. Quoique je fusse tous les jours avec vous dans le temple, vous n'avez point mis la main sur moi. »

Luc. 22.

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