‹ Le chrétien a l'école du calvaireChapitre 26 sur 229 · IV. CONSIDERATION · texte numérisé non relu

IV. CONSIDERATION

Quatrième devoir de recon^aissaa'ce. — Il consiste à vous consacrer au service d'un maître si obligeant et si libéral, et à lui vouer une fidélité inviolable. Cette fidélité consiste à ne jamais lui déplaire : car c'est une cruauté inhumaine d'offenser son bienfaiteur. Et ce fut par là que Jonathas arrêta la colère de Saiil contre David : Mon père, lui dit-il, ne faites point de mal à David, c'est un de vos plus fidèles sujets, qui ne vous a jamais fait aucun déplaisir; au contraire, il vous a rendu de bons services, il a exposé sa vie pour vous, il a vaincu les Philistins, vos ennemis, et Dieu s'est servi de lui pour le salut de votre État (1). 0 chrétien, serez-vous plus cruel que Saûl; n'écouterez-vous point la voix de cet Agneau innocent, qui vous dit en mourant : IS'olTensez point votre maître, qui ne vous a jamais fait que du bien. Il a donné sa vie pour vous, il a exterminé vos ennemis, il a sauvé tout le monde. Pourquoi donc lui faites-vous ce tort? pourquoi péchez-vous contre ce sang du juste, qui crie miséricorde pour vous? Secondement, elle consiste à lui rendre de grand cœur l'obéissance et le service qu'il attend de vous. Azarie, mon cher frère, je vous prie de m'écouter : quand je me ferais votre esclave, je ne pourrais pas égaler les bons offices que vous m'avez rendus, ni les soins que vous avez pris pour me conduire. Si le jeune Tobie était si reconnaissant envers son cher ange, qui le guidait dans ses voyages, que ne devez-vous pas faire pour reconnaître votre Sauveur, qui est le guide de votre éternité? Ne voulez-vous pas être à jamais son petit esclave? Ne voulez-vous pas vous consumer à son service? Enfin, elle consiste à servir charitablement vos frères pour l'amour de lui. Car ne pouvant lai rendre la pareille, puisqu'il est la source

(1) l.Reg., c. 10.

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de tous vos biens, du moins il vous resie cet avantage, que vous pouvez l'obliger en ses membres, qui ont besoin de voire secours, soit temporel, soit spirituel. Et ce sera une preuve de voire reconnaissance qui lui sera bien agréable. 0 mon très-doux Sauveur! si j'étais réduit à ce point de vivre et de mourir sans vous rendre aucun service, je m'estimerais misérable ; mais ma consolation est que n'étant pas digne de vous servir, vous m'avez laissé des pauvres qui tiennent votre place, pour me donner occasion de vous servir en leur personne. C'est ce que je veux faire désormais avec plus de zèle que je n'ai fait jusqu'ici, n'épargnant rien pour leur soulagement, comme vous n'avez rien épargné pour mon salut.

SIXIEME LEÇON

Sixième affection : La confiance.

« Il s'est livré lui-même à la mort pour la rédemption de tous. »

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