IV. CONSIDÉRATION
Qu'il porte sa croix, et qu'il la porte tous les jours (1). Celui-là porte sa croix, dit saint Augustin, qui crucifie sa chair par des austérités volontaires, et l'esprit par la compassion des misères d'autrui (^). Celui-là, dit saint Chrysostôme (3), porte sa croix, qui s'abandonne à la justice divine comme un criminel qu'on mène au supplice et qui a toujours la mort devant les yeux ; celui-là porte sa croix, qui souffre
(1) Matth., 16. 24. — (-2) S. August., homil. 76, de divers Vide et hoin. 47. — (3) S. Ghrysos., homil. de vener. crucis.
LE CIIRÉT. 8*
toutes les contradictions avec une parfaite égalité d'esprit, sans trouble, sans inquiétude, sans passion, à proportion comme Dieu, qui soutTre tous les outrages des pécheurs sans perdre un seul moment de son repos. Eufin, celui-là porte sa crois, qui n'est pas seulement inditTérent à tous les bons et mauvais événements de la vie, mais qui se porte plutôt au mépris qu'à l'honneur, aux calomnies qu'on invente contre lui qu'aux applaudissements et aux louanges, aux souffrances et aux douleurs qu'aux plus grandes délices, sans autre motif que d'être semblable à Jésus-Christ, quand même il n'y aurait point d'autre avantage ni pour sa perfection, ni pour le service de Dieu.