‹ Le Christ d'après Saint Thomas d'AquinChapitre 1 sur 48 · AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT

Un mot sur Torigine de ce livre.

J'ai dû quitter le couvent d'études de Flavigny (Gôte-d'Or) durant l'hiver 1899-1900 pour raison de santé, et passer quelques mois à Saint-Paul-du- Var, au diocèse de Nice. Je m'y suis trouvé avec le Père Schwalm, à qui la grave maladie de poitrine qui devait sitôt le ravir à la Province dominicaine de France imposait celte même retraite pendant la rude saison. Nous nous étions déjà rencontrés au couvent de Corbara (Corse), lui professeur de philosophie morale et politique, moi son élève. Et là,, par une grâce de Dieu, que je regarde comme l'une des meilleures de ma vie, s'était établie entre nous une cordiale et profonde amitié. Certes, je n'en méritais ni l'honneur, ni la joie, ni le bienfait. Et c'est pourquoi mon affection et ma reconnaissance s'en augmentaient d'autant envers un homme d'in-

LE CimiST.

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telligence si supérieure et de cœur si magnanime. Je ne pouvais que lui donner fort peu ; j'en ai reçu vraiment beaucoup. C'est même de lui que j'ai reçu la substance du livre qu'on va lire : « Le Christ d'après saint Thomas d' Aquin ».

Voici à quelle occasion.

J'étais encore étudiant, et il me fallait préparer l'examen de lecteur en théologie. Le Père Schwalm voulut bien redevenir mon professeur; il me restait à voir le traité de l'Incarnation dans saint Thomas d'Aquin, nous commençâmes de suite. Tous les jours, après la messe, je montais à sa chambre et le cours avait lieu. Je désirai prendre quelques notes pendant les explications, il s'y prêta de fort bonne grâce. Et ainsi, de la Saint-Michel à Noël, j'écrivis, sous sa parole, un commentaire assez considérable sur les vingt-deux premières questions de la III® partie de la Somme Théologique.

A Noël, le Père plus malade dut s'arrêter.

J'ai gardé précieusement mon manuscrit, sans doute et surtout en souvenir très expressif de son amitié et de son dévoûment, mais aussi à cause de la réelle valeur des notes que j'y avais consignées.

Le Père Schwalm est mort le 9 novembre 1003,

AVERTISSEMENT à

dans celte même maison de SainUPaul-du-Var. Le T. R. P. Gardeil a dessiné, dans l'Année Dominicaine- avec beaucoup de vérité et d'émotion, la fleure de cet éminent relig'ieux. Grâce à lui, le public la connaît suffisamment. Je ne dois rien y ajouter.

Mais qu'allais-je faire du commentaire sur le traité de l'Incarnation ? L'honneur de la mémoire du Père Schwalm, le profit intellectuel et religieux de mes jeunes frères en saint Dominique, comme aussi dés étudiants des séminaires et des universités catholiques, et même la curiosité saine des esprits qui cherchent Dieu et des cœurs qui l'aiment dans son Christ, m'ont inspiré d'e.n entreprendre la publication. D'ailleurs, des conseils me sont venus à ce sujet, qui s'imposent à moi avec autorité, et je me suis mis à l'œuvre.

Ces notes, que le Père Schw^alm n'a jamais lues, n'étaient point du tout, quand je les ai prises, destinées à être publiées. Je les ai revues et mises en ordre ; mais encore, on voudra bien, je le demande, attribuer à rorig^ine du livre qu'elles forment aujourd'hui les défauts de style, les répétitions qu'on y remarquera. Il ne s'agit point ici

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d'un ouvrajçe achevé, parfait, tel «ju'aurait pu le produire l'écrivain et le théologien qu'était le Père Schw^alm : ce sont des leçons improvisées sur « son Christ aimé par-dessus toulv, comme il l'appelait, et pieusement recueillies par un frère et un ami.

Fr. E.-P. Menne, 0. P.

Lecteur en S. Théol.

DijoQ, Noël 1909.

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