‹ Le Christ d'après Saint Thomas d'AquinChapitre 12 sur 48 · I-A «.UACt: DU CIIRIM (DMMi; CIIKl" t>i; L KGLISE · texte numérisé non relu

I-A «.UACt: DU CIIRIM (DMMi; CIIKl" t>i; L KGLISE

nous avons tous reçu de sa plénitude, grâce pour grâce «, nous dit la grâce sanctificatrice du chef de toute l'Eglise.

Cette doctrine que le Christ est le chef de toute l'Eglise est une vérité de foi divine enseignée par saint Paul. « Dieu, dit l'Apôtre, a mis toutes choses sous ses pieds, et il l'a établi chef suprême sur toute l'Eglise (1 . » De quelle Eglise parle ici saint Paul ? Est-ce seulement de la communauté des fidèles et des pasteurs de l'Eglise militante, visible à nos yeux mortels ? — Non, car il déclare dans le verset qui précède celui que nous venons de citer que « Dieu a établi le Christ ressuscité des morts à sa droite dans les cieux, au-dessus de toute domination, de toute autorité, de toute puissance, de toute dignité — c'est-à-dire au-dessus des hiérarchies angéliques, — au-dessus de tout nom qui se peut prononcer, non seulement dans le siècle présent, mais encore dans le siècle à venir », c'est-àdire au-dessus des noms qui seront fameux dans l'éternité, les noms des saints, alors que les noms célèbresen ce monde, ceux des riches et des puissants, seront oubliés. Ainsi donc, selon saint Paul, l'Eglise du ciel comme l'Eglise de la terre, en d'autres termes l'universalité des justes et des âmes baptisées, a pour chef le Christ.

(1) Eplics., I, 22.

En quoi donc cette analogie du chef, c'est-à-dire de la tête, et de l'autorité sociale, s'applique-t-elle exactement au Christ par rapport à l'Eglise ? — Saint Paul se contente d'affirmer avec force cette analogie empruntée à l'ordre physiologique et à l'ordre moral etpolitique, mais sans l'analyser. C'est saint Thomas qui va nous donner, par un commentaire tout à la fois exégétique et philosophique, l'explication et la preuve de cette analogie.

Pour cela il pose en principe, avec saint Paul, que toute l'Église peut s'appeler un corps mystique, c'està-dire un organisme spirituel composé d'hommes et d'anges, de même que le corps naturel est composé de membres. Plusieurs de ses épîtrcs nous montrent que c'est là une idée familière à l'Apôtre. « Comme nous avons plusieurs membres dans un seul corps, dit-il aux Romains, et que tous les membres n'ont pas la même fonction, ainsi, nous qui sommes plusieurs, nous formons un seul corps dans le Christ, et nous sommes tous membres les uns des autres (1). » Le chapitre XIl^ de la I" aux Corinthiens commente largement cette notion de l'organisme surnaturel de l'Eglise. Saint Paul y montre par des exemples que chacun dans l'Eglise exerce sa fonction propre et spécifique. Et, sans tomber dans l'excès de ce que les philosophes contemporains ap-

Page 1