‹ Le Christ dans ses mystèresChapitre 31 sur 134 · Hebr. X, 5-7; cf. Ps. XXXIX, 7-0 "> AT Cor. IT · texte numérisé non relu

Hebr. X, 5-7; cf. Ps. XXXIX, 7-0 "> AT Cor. IT

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faim, la soif, la fatigue. Bien plus, il brûle d'achever son sacrifice : Baptismo autem habeo baptizari, et quomodo COARCTOR usquedum perficiatur ‘.

Il y a en Jésus, si l’on peut ainsi parler, comme une espèce d'enthousiasme pour son sacrifice, Voyez encore dans l’Évangile, lorsque notre divin Sauveur commence à découvrir à ses apôtres, petit à petit, pour ménager leur faiblesse, le mystère de ses souffrances. Un jour il leur dit qu’il fallait qu’il se rendît à Jérusalem, qu’il souffrît beaucoup de la part de ses ennemis, et qu’il fût mis à mort. Alors Pierre de dire aussitôt, le prenant à part:

» « À Dieu -ne plaise, Seigneur, cela ne vous arrivera

pas ». Mais Jésus réplique tout de suite : « Retire-toi de moi, tu m’es un scandale, car tu n’as pas l'intelligence des choses de Dieu, tu n’as que des pensées humaines » °. Au milieu des splendeurs de sa Transfguration sur le Thabor, de quoi le Sauveur s’entretient-il avec Moïse et Élie ? De sa passion prochaine.

Le Christ avait soif de donner à son Père la gloire que son sacrifice devait lui procurer : lota unum aut unus apex non praeteribit a lege, donec omnia fiant*. Il veut tout accomplir jusqu'à un iota, c’est-à-dire, jusqu’au dernier détail. Quand, à l’agonie, les angoisses et les douleurs s'accumulent dans son âme, il les sent si profondément : « O Père, dit-il, s’il est possible; éloignez de moi ce calice » ; pourtant il ne veut finalement qu’accomplir la volonté de son Père : « Néanmoins, que votre volonté se fasse, et non pas la mienne »‘. Enfin, sur le Calvaire, il consomme son immolation et peut dire, avant de rendre le dernier soupir, qu’il a réalisé dans la plénitude ie programme que son Père lui avait donné : Consummatum est’. Ce cri final de la victime divine sur la Croix répond à l’Ecce venio de l’Incarnation dans le sein de la Vierge.

POEUC XII, So 7. Matti. XVI 21234 Marc. VIIT, 31-38: — DNA EN, SES M M TO TDi XVI 130 cf. Marc. XIV, 036 ULuc. XXII, 42. — 5. Joan. XIX, 30.

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L’offrande que le Christ a faite de lui-même a été plénière, totale, continue, mais elle a compris différents actes.

L’adoration, d’abord.

Dans la sainte Trinité, le Fils est tout entier à son Père, lui rapportant, pour ainsi dire, tout ce qu'il est. Dès que le Verbe s’est fait chair, l'humanité qui lui est unie est entraînée dans ce courant ineffable qui porte le Fils vers son Père. Mais comme l'humanité est créée, inférieure à la divinité, ce mouvement, en elle, se traduit par l’adoration. -- Et cette adoration est intense, parfaite ; dès l'instant où elle a été unie au Verbe, l'humanité, en Jésus, s’est abîmée dans une profonde adoration, dans un anéantissement d'elle-même devant la majesté divine du Verbe éternel dont elle contemplait, par la vision béatifique, les infinies perfections.

Il y avait l’action de grâces.

- Il est certain que de toutes les grâces, de toutes les miséricordes que Dieu peut faire, la plus grande, la plus | éminente est celle qui a été donnée à l’humanité de Jésus : « Dieu l’a choisie, l’a prédestinée entre toutes, | prae consortibus tuis, pour être l’humanité de son Fils ; pour Vlunir, dans une union incompréhensible, à son Verbe ; c’est une grâce unique, qui dépasse tout ce que l'esprit humain peut rêver en fait de communication de la divinité à la créature.

Aussi l’âme de Jésus rassasiée, par cette union, des délices de la divinité elle-même, débordait-elle d'actions de grâces. Si parfois nous-mêmes nous ne savons comment exprimer à notre Père céleste l'abondance de notre gratitude, quelle n’a pas dû être la reconnaissance de l'âme de Jésus pour la grâce ineffable qui lui était faite, pour tous les privilèges incomparables qui devaient découler de son union au Verbe, non seulement à titre personnel mais comme chef du corps mystique ?

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L’expiation s'y rencontre également.

La race à laquelle le Verbe emprunte une humanité pour se l’unir, est une race pécheresse, déchue ; le Verbe a épousé un corps de péché, in similitudinem carnis peccati”. s

Certes, le péché ne l’a jamais touché personnellement : Tentatum autem per omnia pro similitudine, absque peccato*. Il est, lui, le Christ, c’est-à-dire le Pontife par excellence, le Pontife, dit S. Paul, « tel qu’il nous le fallait pour que son offrande fût agréable à Dieu : saint, innocent, sans tache, séparé des pécheurs et élevé audessus des cieux »*. Mais son Père l’a chargé des péchés de tous les hommes : Posuit in eo iniquitatem omnium nostrum “ ; Jésus est devenu, selon l’énergique expression de l’Apôtre, « péché pour nous »°; et pour ce motif, l’offrande qu’il a faite de lui-même à son Père au moment de VIncarnation, comportait la pauvreté de la crèche, les abaissements de la vie cachée, les fatigués et les luttes de la vie publique, les terreurs de l’agonie, les ignominies

-de la Passion et les tourments d’une mort sanglante :

Semetipsum exinanivit formam servi accipiens.… humiliavit semetipsum, factus obediens usque ad mortem, mortem autem crucis®. « Quoiqu'il fût Dieu, le Christ n'a pas voulu retenir avidement son égalité avec Dieu ; mais il

s’est humilié lui-même en prenant, par l’Incarnation, la

condition d’une nature créée, en devenant semblable aux hommes ; et en se montrant sous laspect d’un homme, il s’est humilié encore en se faisant obéissant jusqu’à la mort de la croix ».

Cette mort sur le Calvaire était une expiation d’une valeur infinie parce que le Christ était Dieu, mais aussi parce que ses abaissements atteignaient la limite de l’humiliation. Le Christ mourant sur la croix a accepté de devenir pour nous comme un rebut, un maudit : Opprobrium hominum et abjectio plebis'"; et cet abaisse-

Ron AVI Na He br IV eus oct. TI Pres: Ibid. VII, Poe Vi Oler III 16. 5 LT Cor, 22, 6. Philipp. II, 7-8 — 7eiPs. XXI, 7

ment inouï, dans lequel il devait descendre pour expier le péché, l’âme de Jésus l’a voulu dès son entrée ici-bas, avec tout ce qu’il entraînait d’humiliations, d’ignominies et de souffrances.

Enfin, nous trouvons dans cette offrande l’impétration, c’est-à-dire la supplication. |

L’Évangile ne nous dit rien de la prière du Christ pour nous dans son Incarnation, ni même durant sa vié publique, bien qu’il nous dise que Jésus « passait la nuit en prière », Erat pernoctans in oratione Dei’. Mais S. Jean nous a conservé le texte de la prière que fit Jésus pour ses disciples et pour nous, à la dernière Cène, au moment d’inaugurer sa Passion et d'achever son sacrifice : c’est la prière sacerdotale de Jésus. L’Évangile ne contient pas de page plus belle que celle-là. Et pouvons-nous douter que cette prière n’ait été le résumé et l'écho final de toutes celles que le Christ avait adressées à son Père durant sa vie entière ?

« Père, l'heure est venue ; &lorifiez votre Fils, afin que votre Fils vous glôrifie, puisque vous lui avez donné autorité sur tout homme, afin qu’à tous ceux que vous lui avez donnés, il communique la vie éternelle. J’ai manifesté votre nom aux hommes que vous m'avez confiés … Ils savent maintenant que tout ce que vous m'avez donné vient de vous... C’est Pour eux que je prie... parce qu’ils Sont à vous. Père saint, gardez-les en votre nom afin qu’ils ne fassent qu’un comme nous... Je fais cette prière pendant que je suis dans le monde afin qu'ils aient en eux la plénitude de ma joie... Je ne vous demande pas de les Ôter du monde, mais de les garder du mal... Je vais m’offrir en sacrifice pour eux afin qu’ils soient véritablement sanctifiés.. Je ne prie pas seulement pour eux, mais encore pour ceux qui, par leur parole, croiront en moi, Pour que tous ils soient un, Comme vous, mon Père, vous êtes en moi et moi en vous... Père, ceux que vous m'avez donnés, je veux que là où je suis, ils soient avec moi,

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