‹ Le Christ dans ses mystèresChapitre 33 sur 134 · Joan. XVII. — 2. Hebr. V · texte numérisé non relu

Joan. XVII. — 2. Hebr. V

tifiés par l’oblation que Jésus-Christ a faite une fois pour toutes de son propre corps »:.

Ainsi, vous le voyez : toute grâce, quelle qu’elle soit, découle pour nous de la croix ; il n’en est pas une qui ne soit payée de l’amour et du sang de Jésus ; le sacerdoce du Christ fait de lui notre Médiateur unique et toujours exaucé. C’est pourquoi l’'Apôtre s’écrie dans sa vivante conviction : « Dieu, nous donnant son Fils, ne nous a-t-il pas tout donné » ? Quomodo non etiam cum illo omnia nobis donavit?? « Nous voilà devenus riches, dit-il encore, si abondamment riches, que désormais aucune grâce ne nous manque » : ta ut NIHIL vobis desit in ULLA gratia* !

Oh ! quelle confiance absolue et inébranlable fait naître en nous cette révélation ! Dans le Christ Jésus nous trouvons tout, nous possédons tout, et, si nous le voulons, en lui rien ne nous manque : il est notre salut, la source de toute notre perfection et de toute notre sanctification.

Car si grand est notre pontife, si étendu son sacerdoce qu'à présent le Christ remplit son rôle de médiateur et continue pour notre sanctification son sacrifice. Comment cela ?

Au ciel d’abord.

C’est ici surtout que le mystère est ineffable. Le sacerdoce éternel du Christ Jésus contient des profondeurs cachées que S. Paul et S. Jean nous laissent entrevoir, lun dans l’Épître aux Hébreux, l’autre dans son Apocalypse “.

L’Apôtre a des expressions magnifiques pour exalter le sacerdoce éternel de Jésus. « Le Christ est assis à Ja droite de la majesté divine, au plus haut des cieux‘. Nous avons en Jésus, le Fils de Dieu, un pontife excellent qui a pénétré les cieux *. Jésus est entré pour nous dans le sanctuaire des cieux, comme précurseur, en qualité de pontife suprême. Parce qu’il vit et demeure éternellement, il possède un Sacerdoce qui n’a point de fin.

Le NHIEDT XSNTO: — 2. Rom, VISE SC PRE RATICE V, 6. NS LED ENGIN 2. —— 6: TIME Era ee 7. Ibid. VI, 20.

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toujours vivant pour intercéder pour nous, élevé qu'il est au-dessus de tous les cieux‘. Nous avons donc un pontife suprême qui s’est assis à la droite du trône de la majesté divine, comme ministre unique du vrai sanctuaire que la main de l’homme n’a pas construit »*. but

Toutes ces expressions remarquables nous montrent qu’au ciel le Christ Jésus demeure éternellement notre pontife et prolonge son oblation pour nous.

Sans doute, S. Paul n'oublie pas qu’il n’y a qu’un sacrifice, celui de la croix : UNA enim oblatione, consummavit

in sempiternum sanctificatos'. Il ne peut y en avoir

d'autre ; ce sacrifice est unique et définitif.

Mais, dit-il, de même que dans l'Ancien Testament, chaque année, le grand-prêtre, après avoir ofîtert le sacrifice dans le premier tabernacle du Temple, pénétrait seul avec le sang des victimes dans le second tabernacle, le Saint des Saints, et achevait par là, en se présentant devant le Seigneur, son œuvre de pontife, — ainsi, continue S. Paul, le Christ, après avoir offert son sacrifice sur la terre, est entré une fois pour toutes par son propre sang, non dans un tabernacle édifié de main d'homme, mais dans le sanctuaire de la divinité : Per proprium sanguinem introivit semel in sancta.…. * Par là il consomme dans la gloire son rôle divin de médiateur : Nunc autem semel in consummatione saeculorum, per hostiam suam apparuit *.

Que fait le Christ Jésus dans ce sanctuaire ? Quelle est son œuvre ?

Il ne peut plus mériter, cela est vrai; l’heure de mériter a cessé pour lui au moment où il rendait le dernier soupir sur la croix ; mais le temps de nous appliquer ses mérites demeure toujours.

Et cest ce que fait Notre-Seigneur. Il se tient désormais présent devant la face de son Père afin d’intercéder pour nous : Ut appareat NUNC vultui Dei pro nobis*. Là, « toujours vivant », semper vivens, car « la mort n’a

1. Hebr. VII, 24-26. — 2. Ibid. IX, 24 — 3. Ibid. X, 14 — 4. Ibid. IX 120 slbid.N26, 06: Ibid. IX, 24.

plus d’empire sur lui »’, il offre sans cesse à son Père pour nous son sacrifice déjà accompli, mais qui subsiste dans sa personne ; il montre à son Père ses cinq plaies dont il a voulu garder les cicatrices, ces plaies qui sont l’attestation solennelle et le gage plénier de son immolation sur la croix ; au nom de l’Église dont il est le chef, il unit à son oblation nos adorations, nos hommages, nos prières et nos supplications, nos actions de grâces. Sans cesse nous sommes présents à la pensée de notre pontife compatissant ; sans cesse il met en œuvre, pour notre sanctification, ses mérites, ses satisfactions, son sacrifice.

Ainsi il y a, au ciel, et il y aura jusqu’à la fin des temps, un sacrifice célébré pour nous par le Christ Jésus, d’une façon éminente, sublime, mais en perpétuelle continuité avec son immolation sur la croix : Per hostiam suam apparuit.

Comme nous comprenons qu'après en avoir entrevu les grandeurs et la puissance, S. Paul nous fasse entendre cette pressante exhortation : « Donc puisque nous avons en Jésus, le Fils de Dieu, un pontife excellent qui a pénétré dans les cieux, demeurons fermes dans la profession de notre foi ». Quelle foi? — La foi en Jésus-Christ médiateur suprême, la foi en la valeur infinie de son sacrifice et de ses mérites, la foi en l'étendue illimitée de Son divin crédit. « Approchons-nous donc, continue l’'Apôtre, approchons-nous avec assurance, Adeamus ergo cum fiducia, du trône de ja grâce, afin d'obtenir miséricorde et d’être secourus en temps opportun »°

Quelle grâce, en effet, pourrait nous refuser ce pontife qui sait compatir à nos faiblesses, à nos infirmités, à nos souffrances, puisque, POur nous ressembler, il les a toutes éprouvées ; ce pontife si puissant, puisqu’étant Fils de Dieu, il traite avec son Père d’égal à égal : VOLO Pater * . ce pontife qui veut nous être uni comme dans un corps la tête l’est aux membres ? Quelles grâces de pardon, de perfection, de sainteté ne peut pas espérer une âme qui cherche sincèrement à lui demeurer unie par la foi, la

DR ROM NT MO > MIT De IV, - +6, — 6 Moon, XVII, 24.

confiance et l'amour ? N’est-il pas « le Pontife des biens futurs »°? Ne possède-t-il pas « la puissance d'opérer infiniment au delà de tout ce que nous demandons et concevons » °°?

C’est pourquoi, dans tout son fuites l'Église, qui connaît son Époux mieux que personne, n’adresse aucune prière au Père céleste, ne lui demande aucune grâce, sans marquer sa demande du signe de la croix, sans se réclamer de Jésus-Christ, notre Sauveur et notre. Pontife : Per Dominum Nostrum Jesum Christum. Cette formule, dans l'Église, est de tous les jours, de toutes les heures. C’est la proclamation incessante de la médiation universelle du Christ ; mais c'est aussi la confession la plus explicite et la plus solennelle de sa divinité, car l’Église ajoute aussitôt : « Qui vit et règne avec vous, Ô Père, et votre commun Esprit, dans tous les siècles des siècles ».

En exposant, après S. Paul, l’œuvre du Christ: pontife dans le ciel, nous n’avons pas épuisé les merveilles du sacerdoce de Jésus.

Le ciel a son oblation, éminente, ineïfable, mais continuelle et toute glorieuse. Le Verbe incarné n’a pas voulu quitter la terre sans lui laisser également un sacrifice. C’est la sainte messe, qui rappelle et reproduit à la fois, d’une façon mystique, l’immolation du Golgotha. Le sacritice de la croix est l’unique sacrifice, comme je vous. lai dit; il suffit à tout; mais Notre-Seigneur a voulu qu'il se renouvelât pour en appliquer les fruits aux âmes. Je vous exposerai cette vérité plus en détail quand nous devrons contempler le mystère de l’Eucharistie. Je veux simplement vous dire ici comment notre pontife perpétue ici-bas son sacrifice.

Le Christ choisit certains hommes auxquels il done une participation réelle de son sacerdoce. Ce sont les

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