‹ Le Christ dans ses mystèresChapitre 8 sur 134 · QU'IL TE CONDUISE JUSQU’A SON «ÊTRE» DE DIEU · texte numérisé non relu

QU'IL TE CONDUISE JUSQU’A SON «ÊTRE» DE DIEU

S. AUGUSTIN. Zn Joan. XXITI, 6.

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__ CONFÉRENCES PRÉLIMINAIRES

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IL. — COMMENT | :. NOUS NOUS ASSIMILONS LE FRUIT } DES MYSTÈRES DE JÉSUS

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SOMMAIRE. — I. Comment S. Paul a mis en relief le mystère du

Christ. — II. Combien Dieu désire que ce mystère soit connu. — III. Cette connaissance est le fondement véritable de notre piété et une source de joie. — IV. Triple:

raison pour laquelle les mystèrés de Jésus sont nôtres : le Christ les a vécus pour nous ; Jésus s’y montre notre exemplaire ; il nous y unit en qualité de membres de son Corps. — V. La vertu de ces mystères est toujours actuelle.

Quand on lit attentivement les Épîtres de S. Paul et qu'on cherche à ramener à l'unité la doctrine et l’œuvre du grand apôtre, on n’a point de peine à voir que tout se résume pour lui dans la connaissance pratique du mystère du Christ.

« En parcourant mes lignes, écrit-il aux Éphésiens, Vous pouvez reconnaître l'intelligence que j'ai du mystère du Christ... car c’est à moi, le moindre de tous les saints, qu'a été, accordée cette grâce d’en annoncer aux Gentils les richesses incompréhensibles et de mettre en lumière, aux yeux de tous, l’économie du mystère qui était caché en Dieu depuis l’origine des temps >».

C’est de, ce mystère, pourtant ineffable, que je compte, avec la grâce de Dieu, vous entretenir. Je vous montrerai tantôt à quel point il nous est intime : c’est le sujet même de ce premier entretien.

Mais avant d'aborder l'exposé de cette vérité Si Cäpitale et si bienfaisante, il nous sera utile de considérer, durant quelques instants, comment S. Paul en a parlé,

Dr Eph. TIT, M4:3-0;

puisqu'il en fut établi le héraut par le Christ en personne. Et de qui, mieux que de lui, pourrons-nous apprendre combien la connaissance de ce mystère est féconde et vitale pour nos âmes ?.

Comme vous le savez, c’est au lendemain même de sa conversion que S. Paul reçut la mission de faire con- … naître le nom de Jésus. À partir de ce moment, il n’eut rien de plus à cœur que de remplir ce mandat. S'il entreprend de nombreux voyages pleins de périls’; s’il prêche sans relâche dans les synagogues, à l’Aréopage, devant les juifs, les sages d'Athènes, les procurateurs romains ; Si jusque dans la prison, il écrit de longues lettres à ses fidèles ; s’il souffre mille persécutions *, — c’est afin de pouvoir « porter le nom du Christ devant les nations, les rois et les fils d'Israël »*°. ,

C’est surtout dans sa prédication aux nations païennes, dont il est établi l’apôtre, que nous saisissons sur le vif combien profondément S. Paul vit de ce mystère. Il se présente au monde païen pour le régénérer, le renouveler, le sauver. Et qu’apporte-t-il à cette société corrompue, dont il a lui-même décrit en termes effrayants la profonde dépravation‘? Apporte-t-il les avantages de la naissance ? la sagesse des philosophes? la science des doctes? la force des conquérants ?

L'Apôtre n’a rien de tout cela. Il déclare qu’il n’est qu'un avorton‘ ; il écrit aux Corinthiens que c’est « dans ja faiblesse, dans la crainte, en tremblant, qu’il s’est présenté chez eux »°; il rappelle aux Galates « qu’il était accablé d’infirmités quand il leur a prêché la première fois l'Évangile »'. — Aüinsi, il n'apporte ni la séduction de sa personne, ni le prestige de la science, ni l'autorité de la sagesse naturelle, ni l'éclat de l’éloquence,

1. II Cor. I, 5 sq. — 2. Ibid. XI, 26. — 3. Act. IX, 15. — 4. Rom. LU 24-32: 8: I1Cor, XV, 8. — 611 Corn il, 3 — 7 AGalUIVE trs.

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