‹ Le Christ dans ses mystèresChapitre 80 sur 134 · Joan. XIX, 17. — 2. Isa. LIL) 42 3. Joan! XVIII, ra · texte numérisé non relu

Joan. XIX, 17. — 2. Isa. LIL) 42 3. Joan! XVIII, ra

S. Paul appelle « ennemis de la croix de Jésus »’. Prenons plutôt notre croix, celle que Dieu nous impose ; dans l’acceptation généreuse de cette croix, nous trouverons la paix : rien ne pacifie tant l’âme qui souffre, que cet abandon entier au bon plaisir de Dieu.

Mon Jésus, j'accepte toutes les croix, toutes les contradictions, toutes les adversités que le, Père m'a destinées ; que l’onction de votre grâce me donne la force de porter ces croix avec le même abandon que vous nous avez montré en recevant la vôtre pour nous. « Que je ne cherche ma gloire qu’en la participation à vos souffrances »°!

Il, — JÉSUS TOMBE UNE PREMIÈRE FOIS.

« Il sera un homme de douleurs et il connaîtra la faiblesse »: Vir dolorum, sciens infirmitatem”. — Cette prophétie d’Isaïe s’accomplit à la lettre. Jésus, épuisé par les souffrances de l’âme et du corps, succombe sous le poids de la croix : la toute-puissance tombe de faiblesse. Cette faiblesse de Jésus honore sa puissance divine. Par elle, il expie nos péchés, il répare les révoltes de notre orgueil et « relève le monde impuissant à se sauver » : Deus qui in Filii tui humilitate jacentem mundum erexisti*... De plus, il nous méritait à ce moment la grâce de nous humilier de nos fautes, de reconnaître nos chutes, de les avouer sincèrement ; il nous méritait la grâce de la force qui soutient notre faiblesse.

Avec le Christ prosterné devant son Père, détestons les élèvements de notre vanité et de notre ambition ; reconnaissons l’étendue de notre faiblesse. Autant Dieu accable les superbes, autant l’humble aveu de notre infirmité attire sa miséricorde : Quomodo miseretur pater filiorum... quoniam ipse cognovit figmentum nostrum‘. Crions miséricorde à Dieu dans les moments où nous sentons que nous sommes faibles en face de la croix, de

DH POIIPD. LIL MI8 2 GANT ra Net CE Isa ALTII Us, 1 — 4. Oraison du II® Dim. après Pâques. — 5. Ps. CII, 13-14.

la tentation, de l’accomplissement de la volonté divine : Miserere mei, Domine, quoniam infirmus sum . C’est en proclamant alors humblement notre infirmité qu’éclatera en nous le triomphe de la grâce qui, seule, peut nous sauver : Virtus in infirmitate perficitur ?.

O Christ Jésus, prosterné sous votre croix, je vous adore. « Force de Dieu »°, vous vous montrez accablé de faiblesse pour nous apprendre l’humilité et confondre nos orgueils. « O pontife, plein de sainteté, qui avez passé par nos épreuves afin de nous ressembler et de pouvoir compatir à nos infirmités »*, ne m’abandonnez pas à moi-même, car je ne suis que faiblesse ; « que votre force demeure en moi », afin que je ne succombe pas au mal : Ut inhabitet in me virtus Christi®.

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