‹ Le Christ dans ses mystèresChapitre 96 sur 134 · Col. III, 1-2. — 2. Rom. VI, 9-11. — 3. Joan. XX · texte numérisé non relu

Col. III, 1-2. — 2. Rom. VI, 9-11. — 3. Joan. XX

de Pazzi qu'un jour de Pâques, étant à table au réfectoire, elle avait un air si content et si joyeux qu’une novice qui la servait ne put s'empêcher de lui en demander la cause. « C’est la beauté de mon Jésus, répondit-elle, qui me rend si joyeuse ; je le vois présentement dans le cœur de toutes mes sœurs. — Sous quelle forme ? reprit la novice. — Je le vois en toutes, répondit la sainte, ressuscité et glorieux comme l’Église nous le représente aujourd'hui » *,

C’est surtout par la communion sacramentelle que nous nous assimilerons à présent les fruits de ce mystère.

Que recevons-nous, en effet, dans l’Eucharistie ? Le Christ, le corps et le sang du Christ. Mais remarquez que si la communion suppose l’immolation du calvaire et celle de l’autel, qui la reproduit, c’est cependant à la chair glorifiée du Sauveur que nous communions. Nous recevons le Christ tel qu’il est maintenant, c’est-à-dire glorifié au plus haut des cieux et possédant, dans la plénitude de son épanouissement, la gloire de sa résurrection.

Celui que nous recevons ainsi réellement est la source même de toute sainteté, il ne peut manquer de nous donner part à la grâce de sa résurrection « sainte » C'ICÉ comme en toutes choses, c’est de sa plénitude que nous devons tous recevoir.

De nos jours encore, le Christ, toujours vivant, redit à chaque âme les paroles qu’il prononçait devant ses disciples au moment où il allait, à l’époque pascale, instituer son sacrement d'amour : « c’est d’un désir intense que j'ai désiré célébrer cette Pâque avec vous » * Le Christ Jésus désire réaliser en nous le mystère de sa résurrection: il vit au-dessus de tout ce qui est terrestre, entièrement livré à son Père : il veut, pour notre joie, nous entraîner avec lui dans ce courant divin. Si, après l'avoir reçu dans la communion, nous lui laissons toute puissance d’agir, il donnera à notre vie, par les inspirations de son Esprit,

1. Vie par le P. Cepari. Trad. française, ch. XVIII. Lyon, Perisse. — 2. Luc. XXII, 15.

cette orientation stable vers le Père, à laquelle se ramène la sainteté. En sorte que toutes nos pensées, toutes nos aspirations, toute notre activité se rapportent à la gloire de notre Père des cieux.

« C'est vous, Ô divin ressuscité, qui venez en moi ;

vous qui après avoir expié le péché par, vos souffrances, avez vaincu la mort par votre triomphe, qui, désormais glorieux, ne vivez plus que pour votre Père. Venez en moi « pour réduire à néant l’œuvre du diable » ; pour opérer la destruction du péché et de mes infidélités ; venez en moi augmenter le détachement de tout ce qui n'est pas vous ; venez me rendre participant de cette surabondance de vie parfaite qui déborde à présent de votre sainte humanité ; je chanterai alors, avec vous, un cantique d'action de grâces à votre Père qui vous a, comme notre chef et notre tête, couronné en ce jour de gloire et d'honneur ».

Ces aspirations sont celles mêmes de l’Église, dans une des oraisons où elle résume, après la communion, les grâces qu’elle sollicite de Dieu pour ses enfants. « Daignez nous délivrer, Seigneur, de tous les restes du vieil homme, et faites que la participation de votre auguste sacrement nous confère un être nouveau » ‘.

Et cette grâce, l’Église veut qu’elle demeure en nous, alors même que la communion sera passée, que les solennités pascales auront pris fin: « Faites, s’il vous plaît, Dieu tout-puissant, que la vertu du mystère pascal demeure constamment dans nos âmes »°. C’est une grâce permañente qui nous donne, selon l’expression de S. Paul, « la puissance de nous renouveler sans cesse », d'augmenter en nous la vie du Christ, en nous rapprochant de plus en plus des traits glorieux de notre divin modèle.

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