‹ Le Christ; drame sacré en cinq tableaux, avec une mélodie originale de Clément LippacherChapitre 1 sur 30 · LE CHRIST. LA VIERGE · texte numérisé non relu

LE CHRIST. LA VIERGE

C'est ici mon pays, arrêtons-nous ; tout dort. Qui nous attend ? Personne ; un silence de mort Enveloppe les champs, les jardins et la ville, L'azur est radieux et le vent immobile. Tout se tait sous le ciel éclatant de midi. Je revois avec vous la terre où j'ai grandi, Ma mère, et je revis les heures écoulées, Avec tout mon passé sous les yeux ! ô vallées Lointaines, ô maisons que j'aimais, vieilles cours Dont je retrouve encor les familiers détours. Terrasses en gradins, longues murailles blanches Où les figuiers connus font déborder leurs branches,

Doux parfums des rosiers mêlés à des lilas, Nazareth ! Ta beauté repose mon cœur las ! Je sens s'évanouir toute pensée amère Et mon amour pour vous redouble ici, ma mère ! Je tressaille partout devant chaque maison ; Mes souvenirs d'enfant bornent mon horizon !

LA VIERGE

Asseyons-nous, mon fils ; c'est l'heure accoutumée Où chacun fait la sieste en sa maison fermée Pour y fuir les ardeurs pénétrantes du ciel. Vos pieds sont-ils blessés ? Le chemin fut cruel Sous l'azur enflammé, dans la rocaille blanche !

Je suis heureux ! Ma tête avec douceur se penche Sur votre épaule, et moi, prophète triomphant, Je suis redevenu votre petit enfant.

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