LES MÊMES, MADELEINE, SALOMÉ ET LA MÈRE DE JACQUES
MADELEINE
Son martyre est fini ! C'est ici qu'il repose ! Aux horreurs d'ici bas son œil bleu s'est fermé, Sa bouche aux purs accents est divinement close ! C'est l'heure ; il faut qu'un flot de doux parfums arrose Le pauvre corps meurtri du Maître bien-aimé.
Plus on vous fit souffrir, plus ma douleur fut grande ! Puisque votre regard s'est éteint, clair flambeau, Il est un saint devoir que notre foi demande : La myrrhe funéraire est la suprême offrande De celle qui vous cherche au-delà du tombeau.
(Elle s'avance lentement.)
PREMIER SOLDAT^(j<? réveillant) Arrière ! !e sépulcre à tous reste fermé !
MADELEINE
Que craignez-vous de moi ? Je ne suis qu'une femme ; Que craignez- vous de Lui? Ce n'est qu'un corps sans âme, Et je viens seulement pour qu'il soit embaumé.
PREMIER SOLDAT
Vous ne remuerez pas la pierre de la tombe Et contre sa lourdeur se briseraient vos mains !
MADELEINE
Au seuil du bien-aimé notre force succombe ! Toujours d'autres douleurs sur de nouveaux chemins !
{Elle s'agenouille.) {Un silence.) — O prodige 1 — la pierre a roulé d'elle-même !
J'ai peur
DEUXIEME SOLDAT
MADELEINE
Je ne crains rien du pauvre mort que j'aime. {Elle entre dans le caveau.)
Une étrange clai té vient de blesser mes yeux !.... Un ange me sourit, paisible et radieux !.... Oui, le ciel m'écoutait, son messager me guide, Il montre le sépulcre, et le sépulcre est vide !.. Le linceul sur la terre est étendu, sanglant.
{Entrée de la Vierge. ) Qui donc nous a repris Jésus ? Mon cœur tremblant S'effraie. On est venu cette nuit ?