‹ Le Christ rejetéChapitre 13 sur 20 · HABITANTS DE JÉRUSALEM ET LEURS CHEFS , L' AYANT · texte numérisé non relu

HABITANTS DE JÉRUSALEM ET LEURS CHEFS , L' AYANT

IGNORÉ, et n ayant point entendu les paroles desprophètes, qui se lisent chaque jour de sabbat, ils les ont accomplies, en le condamnant . Et, quoiqu'ils ne trouvassent rien en lui qui fut digne de mort, ils demandèrent à Pilaf e qiiU le fit mourir ~. »

Puis, dans sa première Epître aux Corinthiens, le même apôtre ajoute encore :

a Nous prêchons la sagesse de Dieu que nul des princes de ce monde n'a connue. Car s'ils eussent CONNU LE Seigneur de gloire, ils ne l'auraient pas crucifié •'^. »

Enâa, Jésus lui-même, attaché à la croix, s'écrie dans une touchante prière :

1 Act., m, J3-19.

2 IbiiJ.. XIII, 2G-28.

3 1, Cor., II. 7-8.

« Mon Père, ]ja/'do)niez-îeur, car ils ne savent CE qu'ils font^ »

Ne semble-t-il \yàs, d'après ces textes, que le peuple juif, iionobslant tous les efforts de Jésus, ne l'a pas connu ? D'où il faudrait conclure que sa prédication aurait été vaine; ses contemporains et compatriotes ayant ignoré qu'il fiit le Messie.

M. Havet, de son côté, a ignoré cette difficulté, autrement sérieuse que toutes les objections qu'il amon celle dans quarante pages de la Revue des Deux Mondes. Il l'a ignorée, peut-être, parce que, dans ces sortes de questions, il lui manque, selon son propre aveu et la remarque impartiale de M. Edmond Schérer, les condiiions d'une ^arfaile compétence ^.

Pour nous, nous n'hésitons pas à la lui faire connaître loyalement.

i Luc, xxiii, 34.

* Voici, d'après le journal le Temps (27 décembi^e 1S79), l'appréciation de M. Schérer sur un jirécédent ouvrage de M. Edmond Havet, intitulé : le Judaïsme. « Cette [lartie de l'ouvrage traite du judaïsme, c'est-à-dire d'un sujet étranger aux études habituelles de Técrivain, (t pour lequel, tlans touî les cas, ainsi qu'il le reconnaît avec ingénuité. (7 lui manquait Us conditions d'une par faite compétence. M. Havet, ne sacliant ni l'héljreu ni l'allemand, ne pouvait ni étudier l'Ancien Testament dans le texte original, ni con?idter les travaux si nombreux et si importants qui ont èclairci l'histoire et la littérature religieuses des Israélites. Ainsi borne dans ses moyens d'investigation, M. Havet, a hasardé sur la date et l'origine des livres sacrés des Juifs, des opinions qui témoignent assurémejit d'une certaine force critique, mais en même temps d'une singulière inexpérience des problùmes auxquels il s'attaquait. J'avoue que j'ai de la peine à comprendre comment un esprit aussi avisé que M. Havet, comment un savant aussi familier avec la méthode des recherches érudites a pu s'aventurer en de pareilles régions, et surtout conunent, s'y étant aventuré, il a l)u arriver à de pareils résultais »

Nous ne redoutons pas, non plus, de la placer sous les yeux de nos lecteurs, estimant, avec eux, que, dans les questions sérieuses, il ne faut pas craindre d'aller jusqu'au fond.

Entrons donc résolument dans l'examen de cette difficulté.

Et d'abord, précisons-la bien.

En rapprochant les textes précités, elle peut se réduire à cette question : « Après tous ses efforts, Jésus a-t-il été, oui ou non, connu des Juifs, ses compatriotes et ses persécuteurs, pour être le Messie ? Et s'il en a été connu effectivement, comment les Apôtres ont • ils pu invoquer l'ignorance, en parlant de ceux qui l'avaient mis à mort? »

Pour répondre à cette question d'une manière complète et satisfaisante, il importedefaire une distinction: il faut distinguer, parmi les compatriotes de Jésus, témoins de ses miracles et auditeurs de ses discours, entre les hommes du peuple et les chefs du peuple, c'est à -dire entre la foule et le Sanhédrin.

Page 1