Hebr., VII
jadis à nos pères, par la bouche des prophètes; en dernier lieu II chargea de nous parler en son nom son propre Fils, Celui à qui tout doit revenir, et par qui toutes choses ont été créées, le resplendissement de la gloire du Père, Tempreinte de sa substance. Celui qui, par la puissance de sa parole, maintient le monde dans Téquilibre et qui, après avoir lavé nos souillures, est placé au-dessus des Anges, vrai Fils de Dieu, à la droite de la Majesté suprême ^
Or, observe Tapôtre saint Paul, si déjà, sous la loi ancienne, la parole d'envoyés célestes, qui n'étaient que des créatures, était sacrée, au point que toute transgression des ordres de Dieu était légitimement châtiée, comment pourrions-nous nous flatter, nous, d'échapper aux coups de la justice, si nous avions le malheur de négliger le salut que le Seigneur lui-même nous a apporté, que les apôtres nous ont transmis en le confirmant par des miracles et par les dons du Saint- Esprit.
Sacrée et digne de tous nos respects est donc la parole de Dieu consignée dans les livres inspirés des deux Testaments; sacré l'enseignement oral des apôtres confié à l'Eglise ; sacrée, enfin, Texposition authentique, faite par les successeurs des apôtres, du dépôt de la Tradition et des saintes Ecritures.
Mais tous ces documents vénérables sont lettre morte si la communication intérieure de FEsprit Saint à Tâme fidèle ne les anime du souffle de la vie surnaturelle, comme jadis, sous Taction du Très-Haut, la parole d'Ezéchiel rassembla, dans
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la plaine, des ossements desséchés et leur insuffla la force d'un organisme vivant*.
Là gît le secret de la vie intérieure.
Les paroles de Dieu sont esprit et vie, « verba autem mea spiritus et vita sunt » ^
Sans l'action première de la grâce de Dieu, nous ne pouvons rien dans l'ordre du salut '. Nous ne sommes pas capables d'avoir, de nous-mêmes, une pensée qui soit seJu taire *. La sève ne descend pas des branches vers la racine : elle monte du cep et de là se répand dans toutes les ramifications de la vigne. « Demeurez en moi, dit le Sauveur Jésus, « et je demeurerai en vous. Le sarment qui ne c( tient pas au cep est impuissant à produire, de a lui-même, du fruit ; de même, si vous n'êtes pas « rattachés à moi, vous êtes inféconds. Je suis le « cep de vigne et vous êtes les pampres. Celui qui « réside eu moi et en qui je réside produit une « récolte abondante. Mais si quelqu'un se détache « de moi, on le rejettera, comme on rejette un sar- « ment, il se desséchera, puis on le mettra au feu « et il y brûlera ^ »
Cette vie dont Notre- Seigneur Jésus-Christ se déclare le principe, est la vie surnaturelle ou chrétienne.
Au-dessus de ce monde corporel que nos yeux voient, que nos mains palpent, il y a un monde