Confessez-vous et recevez-vous les sept sacrements
de l'Eglise qui sont : le baptême, la confirmation, la pénitence, l'eucharistie, l'ordre, le mariage, l'extrême-onction; et que ces sacrements ne puissent être administrés par aucun simple chrétien, mais seulement par un catholique régulièrement ordonné, soit évêque ou prêtre, qui seul a l'autorité de les administrer, et qu'il ait reçu cette autorité de Christ par celui qui l'a ordonné ? »
4. « Confessez-vous et recevez-vous qu'il faille qu'un homme soit baptisé pour hériter la vie éternelle ; que tant qu'il n'est pas baptisé, il soit en dehors de l'Eglise, et qu'il ne puisse être sauvé lors même qu'il n'aurait jamais péché ; que jusqu'à ce qu'il ait confessé ses péchés avec toutes les circonstances particulières et une sincère repentance à un prêtre, et qu'il se soit soumis à la pénitence imposée par ce prêtre, il ne puisse recevoir le pardon de ses péchés, ni l'absolution, ni mériter la gloire éternelle ; que s'il s'est confessé mais qu'il meure avant d'avoir pu accomplir la pénitence, ou dans un état de péchés véniels involontaires, confessezvous que son âme puisse être purifiée et devenir digne de la gloire éternelle par les prières de l'Eglise, par le sacrifice non sanglant (de la messe) et par des aumônes spéciales? »
5. « Confessez-vous et recevez-vous que le mystère de la sainte Eucharistie soit le vrai corps et le vrai sang de Christ, et que quiconque n'y participe pas dans cette croyance soit dans la condamnation éternelle ? »
6. « Confessez-vous et recevez-vous que la sainte Vierge Marie ayant donné naissance à Christ-Dieu, soit la mère de Dieu, et que de même qu'au moment de la naissance du Sauveur, elle soit demeurée vierge; qu'elle soit toujours vierge et élevée en gloire au-dessus des Saints ; que la sainte Croix ayant été teinte du sang divin de Christ, et d'autres croix saintes et sacrées, qui sont Vimage de celle de Christ, soient dignes d'adoration. Et aussi que l'intercession des Saints soit acceptable à Dieu, que leurs reliques et leurs images bénites soient dignes d'honneur, et que Dieu accomplisse toujours des miracles par la sainte Croix et les saintes reliques? »
7. « Confessez- vous et recevez-vous que croire à l'Eglise signifie croire ce que l'Eglise universelle croit et le croire de la même manière ? »
« Est-ce ainsi que vous croyez à la sainte Eglise ; tenezvous à honneur et promettez-vous de garder et d'accomplir
les cérémonies extérieures de piété et do rites chrétiens, et tout ce qu'elle commande, comme venant des apôtres et ayant été transmis par les saints Pères qui leur avaient succédé? »
8. « Confessez- vous et recevez-vous qu'il y ait dans la sainte Eglise différents emplois et différents degrés qui élèvent successivement, tels que : lecteur, diacre, prêtre, évêque, catholicos ; que les catholicos et les patriarches de toutes les nations soient les vicaires de Christ pour gouverner la sainte Eglise et la maintenir dans l'ordre ; que si un de ces bergers était corrompu, l'église qu'il gouverne ne puisse par là errer en aucune manière, et qu'aucune tache ne puisse jaillir sur l'Eglise universelle? »
9. « Anathématisez-vous et évitez-vous cet homme et cette société qui prêchent que l'erreur s'est introduite dans la foi reçue unanimement par l'Eglise universelle ; qui disent que le Saint-Esprit le leur a enseigné, faisant ainsi passer les instigations erronées de leur esprit pour le Saint-Esprit de Dieu, et qui d'après cela appellent la mère de Dieu, mère de Christ, nient sa virginité perpétuelle, considèrent le culte offert à la Sainte-Croix, l'honneur rendu aux reliques des Saints, aux tableaux bénits, à l'intercession des Saints auprès de Dieu comme autant d'idolâtries; appellent la sainte Eglise de Christ une église idolâtre, rejettent ses pieuses cérémonies et tout ce qu'elle demande comme des superstitions et limitent la puissance infinie de Dieu en ne recevant pas les miracles qu'il opère? (Voyez § 6.) Anathématisez-vous ceux qui suivent de semblables erreurs, les rejetez-vous et vous éloignez-vous entièrement de ces impies blasphémateurs du Saint-Esprit, de ces ennemis do Dieu et de tous ses Saints? »
Ceux qui souscrivirent y mirent leurs noms de la manière suivante :
« Ces neuf articles de foi sont ceux de l'Eglise arménienne que tout arménien est obligé de recevoir.
» Je professe, reconnais et crois, avec la sainte Eglise, toutes les questions mentionnées ci-dessus qui doivent être crues, je rejette et anathématiso tout ce qui doit l'être, et je crois que la sainte Eglise catholique de Christ est le seul pilier et le seul fondement de la vérité, et que quiconque est hors de l'Eglise n'héritera pas le salut.
4 février 1846. » (O.S.)
Déclaration des raisons pour l'organisation d'Eglises
protestantes.
« Nous, chrétiens évangéliques de la nation arménien ne, croyant que les saintes Écritures seules N sont le vrai fondement et la règle parfaite de la foi chrétienne, avons rejeté ces traditions et ces cérémonies humaines qui sont opposées aux lois de la Bible, mais que notre Eglise nationale exige. De plus, sans avoir jamais eu l'intention de nous séparer de cette Eglise, nous nous sommes unis dans le but spécial de l'éclairer et de la réformer. Et puisque nous recevons en entier le symbole de Nicée, et que jusqu'à ce jour aucune profession de foi, renfermant particulièrement ces traditions humaines, n'avait été dictée ni imposée aux membres de l'Eglise arménienne comme obligatoire, nous pouvions être réputés membres réguliers de l'Eglise nationale, en recevant simplement l'ancien symbole (Nicée). Mais en 1846, l'évôque Matheos, patriarche des Arméniens , a inventé une nouvelle croyance, qui embrasse en particulier ces traditions humaines et il insiste pour que nous les acceptions et y souscrivions,
» Mais, préférant obéir a Dieu plutôt qu'aux hommes, nous ne les avons pas reçues ; c'est pourquoi il nous a rejetés de l'Eglise, anathématisés en particulier et en public, en nous nommant; et, autant qu'il était en son pouvoir, il nous a nui matériellement. Nous avons, en vérité, avant cela, souffert des persécutions diverses pour nos opinions religieuses; par exemple, il y a sept ans, plusieurs d'entre nous ont été exilés, et il y a environ deux ans que quelques-uns ont été bannis, d'autres mis en prison, à l'amende, et d'autres enfin ont reçu la bastonnade, etc., mais depuis que le patriarche actuel nous a rejetés de l'Eglise par l'excommunication, il nous a en outre infligé divers châtiments corporels. Ainsi, pendant plusieurs mois, toutes les boutiques des Arméniens évangéliques ont été fermées; quelques Arméniens ont été arrachés à leurs foyers, à leurs parents; d'autres à leurs femmes, à leurs maris; il était défendu aux boulan-
gers et aux porteurs d'eau de leur porter du pain et de l'eau,
et le patriarche a fait tous ses efforts pour nous obliger de recevoir et de signer sa nouvelle profession de foi.
» Quoique par l'intervention protectrice du puissant gouvernement ottoman, il ait été obligé de cesser cette sévère persécution, il a cependant jusqu'à ce jour, chaque sabbat, commandé aux arméniens de ne nous recevoir ni dans leurs maisons, ni dans leurs boutiques, et de ne pas même nous regarder. Et finalement, après toutes ces choses, il a publié une nouvelle bulle et l'a fait lire dans toutes les églises un jour de grande fête, et cette bulle d'excommunication et d'anathème doit être lue dans toutes les Eglises de l'empire ottoman chaque année à la mémo fête. Ainsi, il nous retranche et nous rejette pour toujours de l'Eglise nationale, par la puissante autorisation de cette bulle.
» Comme il est évident que nous ne pouvons demeurer en communion avec l'Eglise arménienne sans recevoir les traditions et les rites romains, ce qui nous est impossible puisqu'ils sont contraires aux saintes Ecritures, nous nous constituons de droit et justement en Eglise avec la confession de foi suivante, et nous suivons en cela, par la grâce et la miséricorde de Dieu, la doctrine de Notre-Seignenr Jésus- Christ, en obéissant à l'Evangile et étant par conséquent membres de la seule Eglise catholique et apostolique. »
Plan d'organisation pour l'Eglise des Arméniens cran-
(féli<mcs.
Le plan suivant a été trace d'après la demande formelle des frères arméniens, et nous comprenons parfaitement que nous ne faisons que suggérer et donner avis, et nous ne voudrions jamais dicter dans de semblables matières, ni réclamer sur elles la moindre autorité.
1. Les autorités de l'Eglise évangélique arménienne se composeront d'anciens ou èvéques (appelés aussi pasteurs), et de diacres qui seront choisis parmi les hommes, membres de l'Eglise et mis à part par la prière et l'imposition des mains.