CHAPITRE SUPPLÉMENTAIRE
Histoire des quatre dernières années. — Firman publié en faveur des chrétiens. — Cas de persécution. — Organisation et Progrès. — Ktude des saints Livres. — Zèle des chrétiens indigènes. — Nombre des Eglises et des Communions. — Effets probables de la guerre actuelle.
Quatre années se sont écoulées depuis que la première édition de cette histoire a été livrée au public. Pendant cet intervalle, il s'est passé plusieurs événements de la plus haute importance, qui doivent influer tôt ou tard sur l'œuvre de la réforme religieuse en Turquie.
La manière dont le culte protestant a été reconnu par les autorités civiles dans le pays, par suite de la lettre du visir, obtenue par lord Cowley, a déjà été racontée ; c'était, dans les circonstances actuelles, " un événement dont on ne pouvait exagérer l'importance. Mais des privilèges ainsi accordés, n'étant garantis que par une lettre du vizir, — document provisoire par sa nature, — pouvaient être retirés au moindre changement dans le ministère turc. La fragilité et l'incertitude de cet arrangement n'échappèrent pas au regard pénétrant de lord Stratford ; aussi à son retour à Constantinople, en 1850, il en-
tama immédiatement des négociations pour établir sur des bases plus solides la protection qu'on accordait en Turquie aux protestants. C'est pourquoi, au mois de novembre de la même année, il obtint un firman impérial de la main même du sultan, en faveur des protestants. Ce firman précieux assurait à leur organisation civile toute la stabilité dont jouissaient les plus anciennes communautés chrétiennes en Turquie. Il y était nettement déclaré que les protestants auraient, pour construire leurs temples, enterrer leurs morts, etc., les mêmes privilèges qui sont accordés aux autres Rayas. Un pacha turc, chef de la police métropolitaine, fut chargé par le sultan de prendre soin de leurs affaires ; et en même temps on leur demanda de nommer parmi eux un agent pour leur servir d'organe auprès du gouvernement.
A la réception de cette nouvelle charte, une députation de treize membres de la communauté protestante dû pays se rendit auprès Je lord Stratford, et lui exprima la reconnaissance des chrétiens évangéliques pour le zèle qu'il avait mis à leur procurer de tels privilèges.
Son Excellence en prit occasion de leur adresser un discours sur leurs devoirs et leur responsabilité à l'égard des autorités de l'empire. 11 leur dit qu'ils devaient remercier Dieu de ce qu'ils étaient les premiers dans ce pays qui eussent été délivrés des entraves de la superstition et eussent reçu le
pur Évangile de Christ. Il leur rappela en outre que les yeux de tous étaient fixés sur eux, qu'ils devaient s'efforcer d'être les meilleurs citoyens, d'être pleins de charité et de support pour ceux de leurs frères qui n'auraient pas leurs opinions religieuses, d'être en exemple à tous et de prendre toujours pour guide les saints préceptes de l'Évangile. Il leur parla ainsi pendant trois quarts d'heure, avec tant de force et d'affection que chacun était profondément ému. L'ambassadeur lui-même fut attendri jusqu'aux larmes, et leur exprima toute la satisfaction qu'il éprouvait en voyant l'intérêt avec lequel ils écoutaient ses conseils et ses avertissements. Cette scène, vraiment touchante, laissa des souvenirs durables chez tous les assistants.
La promulgation de ce firman donna au protestantisme une apparence de stabilité que plusieurs ne lui croyaient pas. Cependant, la persécution n'avait pas entièrement cessé. On aurait été tenté de croire que c'était une règle universelle que partout où l'Évangile s'introduisait, il devait s'en suivre une lutte, et que les premiers qui le recevaient, avaient plus ou moins à souffrir de leurs anciens coreligionnaires. A Diarbekir, par exemple, il y en eut qui furent jetés en prison pour une très-petite dette réelle ou prétendue ; d'autres furent privés de leurs emplois, de leurs maisons et de leurs boutiques, et obligés de vendre leurs vêtements pour acheter du pain ; d'autres encore furent battus dans les rues
par des musulmans aussi bien que par des chrétiens, simplement parce qu'ils étaient protestants. A Marsovan, et dans d'autres villes de l'intérieur, les impôts de ceux qui s'étaient joints à la communauté protestante furent plus que doublés, et s'ils ne pouvaient les payer, on les jetait en prison. Le paie- , ment immédiat de toute dette était exigé de la manière la plus rigoureuse. On voyait des hommes, n'ayant d'autre ressource que leur travail, errer sans pain et sans emploi, et ne pouvant trouver aucune pitié auprès de leur propriétaire ou de leur créancier qu'à la seule condition d'abandonner la foi protestante.
A Marash, eut lieu une persécution plus ouverte encore, et, pendant quelque temps, sanctionnée par les autorités locales. Une réunion protestante fut dissoute par quelques-uns des principaux membres de la communauté arménienne, qui s'introduisirent dans la salle de l'assemblée, frappèrent l'orateur avec des bâtons, crachèrent au visage d'un vénérable vieillard qui se trouvait là, traitèrent indignement beaucoup d'autres personnes , et finirent par faire venir des officiers de la police qui conduisirent en prison deux ou trois des principaux protestants, au milieu des huées et des railleries de la populace! Cette conduite des officiers turcs, si peu conséquente avec les déclarations du firman impérial, ne peut s'expliquer que parce que le firman n'avait jamais été promulgué officielle-
ment dans les provinces de l'empire. Dans tous ces cas, et dans beaucoup d'autres semblables, les autorités locales prêtèrent main forte aux persécuteurs, non à cause d'un intérêt personnel quelconque, mais parce qu'elles étaient influencées par les magnats arméniens; tôt ou tard cependant, les protestants recevaient des secours de la capitale et étaient presque toujours sûrs d'être mis en liberté, de sorte qu'il en résulta que peu à peu on s'habitua à les considérer comme formant une communauté distincte. C'est ainsi que dans plus de quarante endroits des communautés protestantes ont été organisées sous la juridiction de la mission arménienne, et nous avons les noms de près de quatre-vingt-huit villes et villages de l'empire ottoman, où l'on trouve des protestants en plus ou moins grand nombre, et dans la plupart desquels le culte protestant se célèbre régulièrement chaque dimanche.
Toutefois ces chiffres ne peuvent donner qu'une idée très-imparfaite des progrès réels et de l'étendue de l'œuvre. Nous avons les preuves, les plus satisfaisantes de l'influence exercée par l'Évangile sur les esprits d'Arméniens qui restent attachés à leur propre Église, mais qui sont plus ou moins disposés à abandonner leurs superstitions et leurs erreurs pour se joindre au peuple de Dieu. Et ce levain de vérité divine, qui a été jeté dans l'esprit public, agit dans ce moment avec plus d'activité que jamais. En dépit des bulles et des anathèmes des patriarches,
on voit les Arméniens de la vieille Église vivre en bonne intelligence avec les protestants, bien que la religion soit le sujet ordinaire de leurs conversations. Et ce qu'il y a de plus réjouissant, c'est que dans ces conversations on ne parle plus que rarement des doctrines sur lesquelles on discutait le plus autrefois, parce que la plupart des Arméniens les plus éclairés sont convaincus que les protestants sont dans la vérité. Ce beau résultat est dû principalement à la lecture de la Parole de Dieu dans la langue du pays. Avant que la Bible eût été traduite, elle était pour eux un livre fermé, et ils suivaient aveuglément les enseignements erronés de leur Église et de leurs prêtres. Maintenant que chacun peut lire lui-môme la pure Parole de Dieu, ils rejettent « le bois et la paille, » qu'ils aperçoivent dans l'édifice de leurs pères. Dans la ville de Killis, près d'Aintab, environ trente Arméniens se trouvaient un. dimanche réunis dans leur temple pour examiner ensemble les Écritures qu'ils venaient de recevoir pour la première fois dans leur propre langue. Après un long examen, ils appelèrent un de leurs prêtres, et lui demandèrent si la traduction de la Bible publiée par les missionnaires était fidèle. Le prêtre répondit qu'il n'y avait aucune différence entre cette version-là et la version ancienne dont on se servait dans leurs Églises. « Alors, répondirent-ils, les protestants ont raison. »
Rien n'est maintenant plus ordinaire que des dis-
eussions calmes et libres sur les grands sujets relatifs à la foi chrétienne. Quelquefois les Arméniens se réunissent entre eux dans ce seul but, et comme dans l'exemple précédemment cité, ils examinent l'Écriture, et la comparent avec elle-même dans un esprit sérieux, et évidemment dans le seul désir de connaître la vérité. Pendant quelque temps, à Aintab, les Arméniens tenaient eux-mêmes des réunions religieuses. Dans quatre pu cinq endroits différents, . ils lisaient les Écritures dans la langue du pays, ainsi que d'autres livres ou traités religieux , et quelquefois ces réunions étaient de plus de trois cents personnes. D'autres fois les Arméniens et les protestants se réunissaient ensemble, tantôt dans des maisons particulières, tantôt dans des cafés et autres lieux publics, pour se communiquer réciproquement leurs vues sur les vérités bibliques. Un •des missionnaires écrit à ce sujet : « Nous n'avons jamais entendu discuter avec plus de calme sur les vérités essentielles de lareligion. II y a trois ans, dans ces discussions, les Arméniens défendaient obstinément les rites et les cérémonies absurdes de leur
Eglise, et tonnaient contre les abus des protestants. A présent il n'est pas rare d'entendre dans les cafés des discussions très-sérieuses sur la valeur respective des différentes dénominations ; et toujours la décision est en faveur du protestantisme. »
Dans quelques cas, ces discussions avaient eu lieu en présence de l'évéque, qui, malgré lui, avait
été forcé d'inviter les protestants à discuter avec lui. Dans une de ces discussions, l'ecclésiastique avoua franchement qu'il était incapable de défendre les pratiques et les doctrines de son Église d'après la Bible. Ce qui ne fit que confirmer davantage dans l'esprit du peuple, que le protestantisme est la vérité.
Parmi les plus beaux traits caractéristiques do cette œuvre, on peut citer les travaux zélés, persévérants et dévoués des prédicateurs et des colporteurs indigènes. Il y a maintenant dans la mission arménienne sept prédicateurs natifs du pays, régulièrement ordonnés, et une trentaine de colporteurs, constamment occupés à distribuer la Parole de Dieu, ainsi que des livres religieux, et à s'entretenir de l'Évangile avec le peuple. Six de ces prédicateurs sont établis comme pasteurs sur des Églises, savoir deux àConstantinople, un à Rodosto, sur la merde Marmara, un à Brousse, un à Nicomédie et un à Adabazar. Le septième fut ordonné comme évangéliste et prêche aujourd'hui à une congrégation trèsintéressante et nouvellement organisée à Khanoos près d'Erzeroum.
Pendant l'année 1852 le révérend Hohannes Der Sahagyan fit en Arménie une grande tournée de prédication, qui dura au moins huit mois ; elle fut accompagnée] de beaucoup de dangers et de difficultés, mais elle eut d'heureux résultats. M. Sahagyan avait avec lui M. Simon, l'évangéliste dont
nous venons de parler, et qui est pasteur à Khanoos. Pendant cette tournée, M. Sahagyan écrivit: « Je n'ai pas encore visité un seul endroit où se trouvent des Arméniens, sans y avoir vu un réveil ou des gens préparés à recevoir la vérité. »
A son retour de Constantinople, à la fin de sa tournée, il dit que dans toute l'Arménie turque il avait trouvé un développement extraordinaire des sentiments évangéliques , et presque partout une grande soif de la vérité. Dans quelques endroits où il avait travaillé pendant quelques jours, quand il se disposa à partir, le peuple lui dit : « Vous êtes venu nous prêcher l'Évangile, et maintenant vous nous quittez. Si vous partez, qui est-ce qui nous parlera de la Parole de vie? Qui enseignera à nos enfants ? Qui deviendra notre berger spirituel ? »
Les pasteurs de Constantinople et celui de Nicomédie ont été plusieurs mois à Aintab et dans les environs, travaillant activement à répandre la vérité. Les pasteurs de Rodosto et de Brousse ne se sont pas dévoués avec moins de zèle et de fidélité à l'oeilvre du Seigneur.
Pour que les lecteurs de ce volume puissent se • convaincre que l'emploi de pasteur de l'Église arménienne n'est point une sinécure, nous joignons ici la liste des divers services religieux hebdomadaires du pasteur de Nicomédie, liste qui ne diffère pas essentiellement de c^Ile des pasteurs des autres Églises :
Le Dimanche, deux prédications et réunion de prières le soir.
Lundi, réunion générale de prières chaque semaine et une fois par mois réunion spéciale de prières pour le monde entier.
Mercredi, sermon pour les femmes de la congrégation .
Jeudi, réunion de prières pour les femmes, et explication publique le soir.
Vendredi, réunion du comité pour les affaires de l'Église.
Samedi, réunion de chant conduite par le pasteur.
Ajoutez à cela les visites pastorales, les mariages, les baptêmes, les enterrements et divers autres devoirs particuliers.
Les étudiants pieux du séminaire de Bebeck ont Phabitude d'aller deux à deux, pendant leurs vacances, aux environs de la capitale, pour vendre la Bible et d'autres livres, et pour instruire le peuple, et nous avons eu les preuves les plus satisfaisantes de l'utilité de ce colportage dans le pays. Dans plusieurs localités du Midi de l'Arménie, où il y a maintenant des communautés protestantes, l'œuvre fut commencée par des frères d'Aintab, nés dans le pays. D'abord ils furent souvent maltraités, quelquefois battus et lapidés par la populace ; la protection des autorités leur fut souvent refusée, et cependant leur patience et leur persévérance fini-
rent par triompher. Onze fois ces courageux soldats de la croix furent chassés de Marash avec ignominie, et cependant ils réussirent peu à peu et tranquillement à assurer aux protestants de cette localité le droit d'adorer Dieu d'après leur conscience. II s'y est établi dès lors une communauté protestante, et une Église y sera bientôt organisée.
Le nombre des Églises évangéliques arméniennes établies en Turquie jusqu'au commencement de l'année 1854 est de quinze, sans compter deux autres composées en partie d'Arméniens, et en partie de personnes d'autres races. Plusieurs autres seront bientôt organisées en d'autres lieux, où des mesures préliminaires ont été déjà prises. En outre, il y a cinq autres Églises, qui dépendent des missions du comité américain de l'empire turc, sans être cependant situées en Arménie.
Le nombre total des communiants de toutes les Églises dépendantes de la mission arménienne est à peu près de quatre cents, et celui des protestants nés dans le pays et enregistrés à la mission est de deux mille trois cents. On ne peut savoir exactement le nombre des protestants non enregistrés et qui se rattachent encore à la communauté arménienne ; mais nous avons lieu de croire qu'il est assez grand.
Les membres des Églises évangéliques en Turquie sont généralement pauvres ; plusieurs ne le sont devenus que par la persécution. La plupart cepen-
dant peuvent vivre de leur propre travail. Ils contribuent avec joie suivant leurs moyens à l'entretien de leurs pasteurs et de leurs écoles, et assistent aussi leurs pauvres. Le montant des sommes données pendant l'année 1853 par toutes ces Églises, s'élève à près de 1,000 dollars (5,000 francs).
La presse n'a jamais été plus activement ni plus utilement employée que pendant les trois ou quatre dernières années. Parmi les livres qui en sont sortis on peut citer des traductions de l'Origine et des progrès de la religion dans l'âme, par Doddridge; de la garde du cœur, par Flavel ; et une seconde édition du Pèlerinage du chrétien qui est toujours un des livres les plus intéressants et les plus utiles pour les Arméniens; enfin la Bible entière en un seul volume, dans un style pur, simple et élevé, en arménien moderne, don d'une valeur inestimable, que les Arméniens sauront mieux apprécier dans cinquante ans, qu'ils ne le font maintenant. Cette grande œuvre fut accomplie, après des années de travail, par le révérend E.Riggs D. D. (maintenant à Constante nople), aidé de savants distingués du pays. Les frais de cette publication furent faits par la Société biblique américaine.
Le nombre des exemplaires de livres et de traitéi religieux (y compris la Bible) imprimés sous la direction du comité de la mission depuis sa fondation, est de un million quarante-trois mille deux cent dix (1,043,210), contenant en tout cent vingt-et-un mil-
lions sept cent qua tre-vingt mille pages (121 ,780,000). La plus grande partie de ces ouvrages sont en grec et surtout en arménien.
Le séminaire d'enfants et de jeunes gens , et la pension de jeunes filles dont nous avons parlé dans cet ouvrage, ont tous deux éprouvé plus d'une fois l'influence spéciale de l'Esprit divin, agissant sur les cœurs des élèves, les convaincant de péché, et les amenant à la repentance et à la foi en Notre-Seigneur Jésus-Christ. H y a maintenant autant d'élèves dans ces écoles qu'il nous est possible d'en admettre; et cependant nous recevons tous les jours de nouvelles demandes d'admission, bien souvent de la part de familles arméniennes qui ne se rattachent pas aux protestants.
Tel est l'état du protestantisme en Turquie. Mais à présent, les éléments du monde politique sont agités par les puissances du Nord, et tout l'édifice civil et social de l'empire turc menace de s'ébranler et peut-être de s'écrouler. Quel sera le résultat de la lutte actuelle sur le réveil religieux qui s'opère en Turquie? Dieu a-t-il fondé des Églises chrétiennes dans ce pays, et les a-t-il soutenues jusqu'ici pour les abandonner ensuite entre les mains du spoliateur? Gela n'est pas probable. Des épreuves terribles sont peut-être réservées au peuple de Dieu dans ce pays. Des obstacles pourront obstruer un moment la voie de la vérité; le grand adversaire de Dieu et des hommes pourra triompher parfois ; plu-
sieurs cœurs seront navrés ; mais la fin n'est point encore arrivée, le bien sortira du mal, l'orgueil de l'homme sera humilié, et Dieu seul exalté.
Nous avons déjà tiré quelques avantages des exigences déraisonnables de la Russie. Le sultan a donné un spécial hatti-cherif (lîrman signé de sa propre main) à chacune des différentes classes de ses sujets chrétiens et juifs, pour leur garantir la protection de tous leurs droits. Dans cette distribution de lirmans, et par l'intervention généreuse de lord Stratford de Redcliffe, les protestants, nonseulement n'ont pas été oubliés, mais plutôt traités comme les membres des communautés plus anciennes. Et en réaHté c'était pour eux que cette mesure avait le plus d'importance. Le firman précédent n'avait point le sceau du sultan, était adressé à un pacha turc, et n'avait jamais été publié officiellement dans le pays. Le sultan ordonne de se conformer strictement à son édit, dans une phrase écrite de sa propre main en tête de ce document, ce qui le rend sacré et inviolable. 11 est adressé directement à Stepan Agha, représentant de la communauté protestante auprès de la Porte, et Fédit a été expédié par le gouvernement aux autorités locales de toutes les provinces. Presque en même temps, un firman spécial en faveur des protestants fut adressé aux pachas et aux gouverneurs de l'intérieur, sous la juridiction desquels il y avait des familles protestantes ; cet édit répétait les injonctions du premier
firman, et les confirmait par les ordres les plus positifs. Ces deux documents diffèrent en ceci : le premier accorde des droits généraux, tandis que le second spécifie la nature et rétendue de ces droits pour l'usage des divers gouverneurs de l'empire.
La main de Dieu est visible dans toutes ces choses, surtout s'il est vrai que la Russie n'a point pour but de libérer les Grecs de Turquie, mais de remettre tous les chrétiens dans l'esclavage, dont ils se sont peu à peu affranchis pendant les dernières années.
C'est pourquoi, tandis que les politiques de ce monde se demandent avec anxiété comment la « grande question d'Orient » sera résolue, le philanthrope chrétien se trouve plus que jamais encouragé à se confier en Dieu, à marcher en avant avec prudence, mais sans crainte. Cette œuvre est celle de Dieu, elle est donc impérissable. Les efforts des hommes ne sauraient la détruire. Dieu dirige . tous les événements de manière que son royaume s'affermit à proportion que ses ennemis sont plus nombreux.
« Ceux qui sont pour nous sont en plus grand » NOMBRE que ceux qui sont contre nous. »