PREFACE DE L'AUTEUR
L'auteur du récit qu'on va lire a été lié avec la Mission établie au milieu des Arméniens de Turquie, depuis son origine. Il donne ici un simple exposé des faits, laissant au lecteur le soin de tirer ses conclusions. Il a pris toutefois plaisir à faire remarquer l'intervention de la Providence pour renverser les projets des méchants, pour tirer le bien du mal et susciter des libérateurs à son peuple abattu. On peut dire avec vérité : « La colère de l'homme a tourné à la gloire de Dieu. Il a garrotté le reste des hommes violents. »
Ce livre n'expose que les commencements d'une grande œuvre de réforme qui se poursuit encore dans l'Eglise arménienne. L'attention des chrétiens, surtout en Amérique, est dirigée, depuis des années, vers ce champ de travail, et leur intérêt a été si vivement excité par les rapides progrès qui s'y accomplissent, que la publication de ce volume n'a pas besoin d'autre justification. Puisset-il contribuer à manifester la sagesse, la puissance et la gloire du divin Chef de l'Eglise !
PRÉFACE DE i/AUTEUR.
Quelques mots d'introduction sont nécessaires pour faciliter l'intelligence de cet ouvrage. L'arménien parlé dans les premiers siècles de l'ère chrétienne, est aujourd'hui une langue morte. C'est celle des livres d'église et de la plus grande partie de la littérature. L'arménien moderne, divisé en deux dialectes, l'oriental et l'occidental, n'est que l'ancienne langue très-corrompue par le mélange de mots et d'idiomes turcs. C'est la langue parlée dans la famille, les relations sociales et les rapports religieux. La langue des affaires avec les Arméniens et les autres peuples environnants, c'est le turc. Dans quelques districts les Arméniens ont entièrement perdu l'usage de leur langue maternelle et ne parlent que turc. C'est pourquoi quelques-uns de nos livres sont imprimés en turco-arménien, c'est-à-dire le turc écrit avec les caractères arméniens. Un certain nombre de nos missionnaires prêchent aussi en turc.
Dans les noms propres contenus dans ce volume, les lettres doivent être prononcées comme en français, à l'exception de gh et kh, sons gutturaux que notre alphabet n'exprime pas.
Le mot rfer, placé devant un nom, désigne un prêtre ; le sens en est littéralement seigneur, et il équivaut au mot domine en usage chez les Hollandais. Un khan est un édifice ordinairement carré, ayant une cour ouverte au centre, et divisé en petites chambres qu'on loue aux marchands et aux voyageurs. Les bazars sont des lignes de boutiques ouvertes sur la façade, et couvertes d'un toit, où se vendent les marchandises.