EPUISEMENT DE LA VIE CHRETIENNE
propre science, voici les évêques qui recommandent
de s'en tenir aux Pères d'autrefois : la littérature des (( chaînes :» reçoit la consécration ofticielle K
Les quelques hommes qui cultivent encore la science sacrée la laissent bien déchoir ; et ils tournent leurs regards vers Rome. L'abbé du Mont Sinaï, Anastase, combat toutes les variétés du Monophysisme. L'abbé de Chrysopolis, Maxime, celui-là même qui a confessé la foi orthodoxe au temps de la querelle monothélite et qui a décidé le pape Martin à réunir le concile de Latran, est le plus puissant penseur de cette époque. Saint Jean Damascène enfin, qui résume dans une « Somme » assez médiocre toute la science grecque ne prend pas moins nettement parti pour Rome contre Byzance : le concile iconoclaste de 7o4 le frappe d'un quadruple anathème-. Les véritables, les seuls héri-
mann : Thésaurus seu liber rnaf/nus, vulgo liber Ada772i appellatus, 1867, Leipzig; Euting ; Qolasta oder Gesânge und Lehren... als mandaischen Text, 1867. Stuttgard ; SioufJï : Eludes sur la religion des Soubbas... 1880. Paris : Brandt : Die mandaische Religion.., 1889, Leipzig: et Kessler, dans Herzog-Hauck %X1I, 153. 11 est probable que les Borborides et les Pauliciens se rattachent à ce réveil religieux de lOrient dualiste, qui combine à nouveau rophilisme, le judaïsme, le parsisme. L'Islam riposte à la fois au Christianisme et au dualisme.
Noter qu"il y a encore des Païens au vu» siècle : plusieurs se raillent du pape Martin à son passage à G. P. — Et les Montanistes tiennent toujours, malgré les efïorts de Léon IIL
^ Au concile de 69i.
- Voir les nombreux textes réunis par Pargoire, p, 189 et 289, et qui attestent la survivance en Orient, à cette époque, du prestige de la papauté romaine (So[)hrûne de Jérusalem, Sergius de Chypre, Maxime de Chrysopolis, Théodose et Théodore de
tiers de la pensée chrétienne déclinanle semblent n'avoir d'espoir qu'en Rome. Le coup d'état d'Irène — la première femme qui, depuis Auguste, ait la
Gangres, Théodore de Sloudion, Nicéphore et même les évoques du concile de 681, Constantin IV, Justinicn II qui, en 711, accueille magniliquemont à C. P. le pape Constantin I.)
D'aprôs la vie qu'écrivit au x» siècle Jean de Jérusalem. P. G., 94,429, Jean de Damas naquit à Damas d'une famille cbrétienne influente, vers Tan 700 : il fut instruit i)ar un moine prisonnier, Cùme de Sicile. Il prit part à la controverse des images, se retira avant 735 au monastère deSabas (Palestine) où Jean V. patriarche de Jérusalem, l'ordonna i)rélre. Il était mort avant 754. — Il a écrit un Petit traité de la docirine orthodoxe pour l'évêque Klie, un Traité sur la Trinité par demandes et réponses, un Traité sur le Trisagion, une Intj^oduction élémentaire à la Dogmatique, et enfin la Source de la science [en 3 parties : 1. Introduction dialectique sur la logique et l'ontologie, d'après Aristote; 2. Histoire des hérésies, d'après Epiphane; 3. Exposition exacte delà foi orthodoxe en quatre livres : a) Dieu ; b) la création en général ; c) l'incarnation : d) le culte, les sacrements, l'eschatologie]. En outre, Jean a polémiqué contre les sorciers, les Manichéens, les jacobites, les iconoclastes ; il a rédigé un commentaire de 8. Paul, d'après Chrysostome et Cyrille, et divers édits ascétiques. On sait mal la part qu'il a prise aux l'arallèles Sacrés, P. G., 95, 1039 et 96, 4i2. — La doctrine de Jean n'a pas grande originalité : son importance tient à ce qu'il nous livre un répertoire copieux, et facile à consulter, de la théologie byzantine; elle lient encore à ce que, continuant avec des intentions orthodoxes l'effort d'.l'Mios, de Philopon et de Nemesius. il a appliqué la méthode aristotélicienne ii la théologie et préparé i)ar là la christianisation de l'aristotélisme. [Sa théorie trinifaire sinspire de Ilasile (notion de Ihypostase) et d'Athanase (Dieu n'a pas de qualités : or, il ne pQutélre sans Parole-Logos, ni Haison-Esprit). Sa chrislologic frise le docétisme ou le monophysisme. Comme il arrive chez les Grecs, il n'a pas de théorie précise sur l'Eglise.] —Voir P. G , 94-96; Krumhacher, 68, 674; K. Dyobouniotès : 'I&javvr^c ô Aai^aT/r^vôç, 1903, Athènes; Ermoni : S^ Jean Damascène, 190i, Paris; Langen : Jo/iannes von Damascus, 1879, Gotha ; J. IL Lupton : St. John of Damascus, 1884. London ; Diekamp, dans la Honi. Quart., idO^i, 371.
sacrilège audace de s'arroger formellement la dignité d'empereur — invite les papes à réfléchir sur les transformations du monde. Les progrès des Arabes contribuent encore à éclairer leur pensée et à fixer leur attitude : saint Jean est né à Damas, et son père occupait d'importantes fonctions à la cour des Khalifes ; la vie clirctienne est noyée sous le flot montant de l'Islam, dans les pays où elle n"est pas paralysée par la volonté capricieuse de l'empereur. En Orient, pour de longs siècles, le développement chrétien est arrêté.
Avertissement.