L EGLI>E ASSERVIE
croyance de la communion des saints : ses décrets nient formellement le pouvoir intercesseur de la Viero-e et des apôtres, des confesseurs et des martyrs ^ — Mal- Martin I ; comme le pape Sergius II refuse d'approuver les canons de 691, l'empereur veut le faire enlever, pareillement].
Et ce patriarcat avili (malgré les vertus de quelques-uns de ses titulaires : Germain, 71b-729, Nicéphore, 806-813' de plus en plus est le seul maître : vers 630, il est à la tête de 33 métropoles, 34 archevêchés autocéphales et 336 diocèses ; vers 732, il s'accroît encore des huit provinces de llllyricum enfin soustraites à Rome ; vers la fin du viii« siècle, l'Eglise byzantine compte environ 600 diocèses. L^^n 666, le l^'' mars, un décret impérial déclare que les archevêques de Ravenne ^Maurus de Ravenne vient d'excommunier le pape Vitalien) seront désormais exempts de la juridiction de Rome]. Le concile de 691 déclare que « le siège de C. P. jouira des mêmes privilèges que celui de l'ancienne Rome et... aura la même importance... »
La maîtrise de G. P. sur l'Orient est encore affermie par Taffaiblissement qu'entraîne pour l'Eglise dyophysite de Perse, malgré la science théologique de Babai dlzla, la diffusion du monophysisme en Perse [Maruta devient grand métropolitain] : en 630, le catholicos Iso "Yahb a accepté les formules que voulaient lui imposer les évèques d'Héraclius [il est vrai qu'Héraclius, après une guerre mémorable [604-62S], venait d'écraser les Perses]. — Plus encore que l'Eglise dyophysite de Perse, l'Eglise monophysite d'Arménie entre dans l'orbite de G. P. : le catholicos de Tvin proclame son union à l'Eglise byzantine de 629 à 645, vers 632, vers 690 ; il est vrai que c'est surtout le péril arabe qui rapproche l'Arménie de l'empire, et que l'opposition monophysite est toujours restée très vivace en Arménie lavec Jean Maïragometsi, Nersès III et le concile de Tvin, 643 ; vains efforts de Gero main de G. P.). Au concile de 692, du reste, G. P. a condamné les usages de l'Arménie aussi bien que les usages de Rome. De plus en plus, l'Eglise byzantine se « décatholicise » et se .. nationalise ».
* Constantin semble avoir composé 13 Sej'mons et un traité de théologie (Mammon) que réfutera lévèque Nicéphore. — [Maître du dogme, l'empereur se place naturellement au-dessus de la morale :' en janvier 793, Gonstantin VI renverra officiellement Marie, sa femme, dans un couvent et épousera rituellement, en
gré le passé, Rome a peine à reconnaître le fait patent : Dieu a-t-il donc décidé de retirer la vie des pays où il Ta fait germer ?
De fait, on croit constater un peu partout un curieux fléchissement de la vie chrétienne. Sans doute, la foi traditionnelle a encore ses saints et ses martyrs ; Jean Glimaque et Théodore Studite rivalisent de piété avec les saints d'autrefois ^ Mais beaucoup de moines ne se sont décidés qu'au soir de la vie à franchir le seuil du couvent; beaucoup n'y cherchent qu'un abri contre le fisc et contre la guerre'-. Les peuples barbares, pour
septembre, la cubiculaire Théodote. Le patriarche Taraise se tient coi.]
* Jean Glimaque, higoumène du mont Sinaï de 035 à 655 environ, a joui d'une popularité immense dans tout l'Orient, surtout dans les milieux monastiques. C'est un mystique et un ascète : voir ses deux ouvrages, l'Echelle, le Pasteur. Cf. Nau, dans la Byz. Zeit., 1902, 35 ; Krumbacher, 143 et P. G.. 88.
Théodore, 759-826, abbé du couvent de Stoudion depuis 798 éclipse sa gloire, comme il a éclipsé celle de son frère Joseph (v 832) et de son oncle Platon (fSl^)- H combat les iconoclastes et les caprices conjugaux de Constantin VI : il concourt à la révision des livres liturgiques (surtout du Triodon) : mais il est avant tout, comme Jean, un ascète et un mystique : voir ses lettres (mille environ), la Grande et la Petite Catéchèse, ses Canons pénitentiels. Cf. P. G., 99 ; Mai et Cozza Luzzi : Xova Bibliotheca Patrum, VIII et IX ; Auvray : Parva Catechesis, 1891, Paris; Schneider: Der hl. Theodor von Sfudion, 1900, Munster; Marin : Saint Théodore, Paris, 1906.
J'ajoute un mot sur les chrétiens martyrisés par les Arabes [les 60 soldats de Gaza, 63S] ou les iconoclastes [voir supra] ; sur les homologètes qui défendent les images [Nicéphore...] ; sur les autres saints tels que Jean de Gothie, Etienne le Thaumaturge (du viii" siècle).
* Le nombre des anachorètes a beaucoup diminué, l'Islam étant le maître des pays chauds ; et, de même, l'habitude des
l'entrée en scène des slaves 341
la plupart slaves de race, idolâtres toujours, qui s'établissent dans la péninsule balkanique, n'attirent pas souvent le zèle missionnaire de Byzance ^ Des super-
travaux agricoles. — De riches laïques fondent des monastères, s'en établissent directeurs et se dispensent du noviciat. Pour plus de détails, voir Pargoire, 210 et 307.
* C'est au ive siècle qu'un peuple slave, les Carpes, a pour la première fois franchi le Danube ; vers lan 500, les Antes et les Slovènes quittent la Transylvanie pour les suivre ; au cours du vie et surtout du vu» siècle, d'autres peuples slaves, les Croates et les Serbes unis aux Avares (finnois?), s'avancent à leur tour et inondent le pays des Balkans [noter que Justinien et Justin sont des Slaves d'Ùskub] : ils assiègent G. P. en 626, et Salonique à quatre reprises au vii« siècle ; dès lors les Byzantins appellent ces p-dysSclavinia. L'unité qui manque à ces peuples slaves leur est apportée, imposée par les Bulgares (peuple finnois d'origine) : une de leurs cinq tribus, commandée par Isperich, fonde un royaume, vers 670-680, entre les Balkans et le Danube. Et le jeune royaume, au cours du vin« siècle, accomplit une œuvre double: il bat les armées byzantines (705, 708, 711, 792, 811, 813), il opère la fusion des Slaves et des Bulgares. — Quelle était la primitive religion de ces peuples ? D'après Procope, Go/A.. Ilf, 14, ils adorent le tonnerre (Perunu). les fleuves, les sources ; leurs sacrifices visent à connaître la volonté de ces dieux ; ils ne croient pas au destin ; ils semblent accorder une particulière importance aux lilas (fées des bois, des champs et des eaux), tantôt bienfaisantes, tantôt mauvaises, aux génies qui apportent à l'homme la maladie, aux vampires (âmes des morts qui sucent le sang). De là, le développement d'une magie préservatrice. Voir Léger: La Mythologie slave, 1901 ; Krauss : Volksglaube und religiôser Drauch. der Sildslaven, 1890 et iSagen und Marchen der Sudslaven, 1883-S4, 2 vol.
Heraclius a d'abord prié le pape de s'occuper de l'évangélisation des Slaves: d'où la mission de 641, dont le succès auprès des Serbes fut vif, mais passager. Rome cessa de s'intéresser à cette œuvre, et Constantinople ne l'y suppléa guère ; le patriarche créa seulement un périodeute pour inspecter les Slaves qui se convertissaient (le plus souvent, après avoir servi comme mercenaires dans les armées impériales). Ces conversions restèrent toujours isolées ; les Bulgares demeurèrent un peuple païen et
slilions de toute sorte déjDarcnt la foi antique : et la contagion de l'immoralité entraîne bientôt jusqu'aux clercs ^ Le Manichéisme se développe tout d'un coup dune étrange façon -. Comme s'ils se déliaient de leur
farouche : en 818, le roi Omorlag martyrisait lévèque d'Andrinople, trois autres évêques et 374 chrétiens [c'est seulement en 864-865 que le roi Boris se convertira]. Voir Vailhc : article Bulgarie, dans Vacant-Mangenot.
* Sur les mœurs du clergé, voir le concile de 691 [Ralli et Potli, op. laïuL, II, 483. 503, 533]. Sur les progrès de l'immoralité, de la sorcellerie, de la cruauté, voir Pargoire, p. 218-:219 : en 717. les défenseurs de Pergame ouvrent le ventre d'une femme qui va être mère, « arrachent le fruit de ses entrailles, le font bouillir dans uuc chaudière et viennent plonger là leur brassart droit ». Etienne, ministre de Justinicn II, fait fouetter à nu la mère de l'empereur ; à la chute de son maître, qui perdra le nez sous le fer du bourreau, il sera brûlé vif. En revanche, un Nonnos croit bien faire, en récitant à la fde 300 Kyrie; la mode des prostrations répétées, des signes de croix, des baisers aux icônes s'exaspère, en même temps, du reste, que se renouvelle la popularité de certaines fêtes païennes [les brumalia, fin novembre; les maioumas, début de mai]. — Pargoire. 216-224.
* En 691, les évoques visent spécialement les Manichéens, Valentiniens et Marcionites. Une nouvelle Eglise marcionito- Uianichéenne est organisée vers 6o0, sur les frontières de l'Arénie. à Kibossa, par un certain Constantin (qui a peut-être subi l'influence des Borborides arméniens) : Siméon, Paul, Genesius la consolident et retendent : en 720, les Paiiliciens sont très nombreux en .\rinénie, Mésopotamie, Syrie. Léon l'isaurien, Constantin V les tolèrent, i)uis les favorisent afin de pouvoir s'appuyer sur eux contre les Bulgares. Voir Cctnybeare : The Ke;/ of b'ulh, 1898, Oxford ; Karapet Ter-Mkrttschian : Die Vaidihianer im byzanl. Kaisevreich, 1893, Leipzig. — Le réveil de l'Orient, dont l'apparition du Manichéisme est l'expression religieuse la plus claire, a suscité d'autres restaurations religieuses encore: de là le Kantcisme, organise' par Batldi au F* siècle, le Mandéisme organisé au VP par Ado en Adiabène et Mésène. Voir Théodore Bar Khouni : Le livre des Scholies. livre XI [Pognon : Inscriptions uiandaites des coupes de Khouabir. 1898-9'.»] : Isoler-