LES CHRETIENS HORS LA LOI
fisc. Le 6 août '2dS, le pape Sixte H, surpris avec soq clergé dans une chambre du cimetière de Prétextât, fut décapité sur sa chaire épiscopale avec quatre de ses diacres ; deux autres, Felicissimus et Agapitus, le suivirent de près; enfin, le dernier survivant, le chef du collège diaconal, le diacre Laurent, fut mis à mort le 10 août. A Carthage, Cyprien comparut une seconde fois devant le proconsul qui, sur son refus de sacrifier, lui fit trancher la tète. Jacques et Marien furent martyrisés en Xumidie. Lucius et Montanus dans le Proconsulaire. En Espagne, l'évéque de Tarragone, Fructuosus et ses deux diacres Augurius et Eulogius furent bridés vifs, Tannée suivante, en vertu du même édit. « Tu es évéque '? » lui demandait le gouverneur. — a .Je le suis. » — « Tu l'as été », répondit le fonctionnaire impérial, en envoyant le chrétien au supplice. Denvs dWlexandrie fut tiré de son exil, mais, bien qu'il eût beaucoup à souffrir, il ne fut pas exécuté ; le clergé de Césarée de Palestine échappa de même à la mort ^ En
' Lire les actes de saint Cyprien. martyrisé le 14 septembre 2'6S dans Riiinart. lSo9, :261, ou dans Gebhardt. op. laitd., p. 1:24 : trad. fr. dans Lcclercq. II, 103. Voir Allard. II, 56, 112 et iMonceaux : Revue arch., 1900.
Lire les actes des saints Jacques et Marien, martyrisés en Numidie, le 6 mai 259 dans Gebhardt, op. laud., 134; trad. fr., Leclercq : op. laud., H. 122.
Lire les actes des saints Montanus et Lucius. martyrisés le 2i février 250 ■?) à Carthage, dans Gebhardt : op. laud., p. 146; trad. fr., Leclercq. II, 133.
Lire les actes de S. Fructueux, évéque de Tarragone. martyrisé le 21 janvier 259 ?i dans Ruinart. 1859. 2G4 : trad. fr. dans Leclerq. II, 117.
Orient, les Romains avaient beaucoup à faire avec les Perses S et ils craignaient d'exaspérer les chrétiens : Antioche prise voyait les adorateurs du feu venger sur la religion helléno-romaineles injures du Christ ; bientôt après, Valérien, trahi par Macrien, était battu par Sapor; Tarse, Gésarée de Cappadoce avaient le sort d'Antioche. Devenu seul empereur, Gallien ht donc la paix avec les chrétiens : « un édit général rendit aux évéques et à leur clergé — aux magistrats du Verbe, selon son expression — la liberté de leur ministère ; des rescrits réglaient les mesures d'exécution. Les chefs des églises et leurs ministres, supprimés par Valérien, reçoivent ainsi de son fils une sorte dinvestiture et comme un titre officiel ; les diverses catégories de propriétés ecclésiastiques sont restituées aux représentants de l'Kglise ». Après soixante années de lutte, c'est Tétat romain qui savoue vaincu -.
* En 259, Valérien bat les Perses pr^s d'Eclesse : mais il est battu et pris en i>GO. Au même moment, 206-268-, les Francs ravagent la Gaule et l'Espagne ; les Aiamans ravagent la Rhétie et les pays danubiens, puis Tltalie, 236-260; les Golhs reprennent pied en Asie Mineure, 258 : les légions de Pannonie et de Gaule se révoltent, 258; les Berbères s'insurgent également, etc.. Il n'était pas possible que lempire continuât la lutte.
- Salonine, la femme de Gallien, a contribué, peut-être, à le rapprocher des chrétiens. Gallien est le fils de Valérien, chargé par son père — qui s'est réservé l'Orient — de la défense de l'Occident contre les Barbares : associé à l'empire dés le mois d'août 253, il mourra assassiné le 4 mars 268. Malgré ses efforts, l'unité romaine se démembre au milieu des invasions étrangères et des révoltes militaires. — Claude II, 268-270, et Aurélien. 270-275. rétablissent un moment l'ordre et l'unité. Mais les iavasions et