‹ Le christianisme et l'empire (200-700)Chapitre 13 sur 110 · GUERRE A MORT : VALERIEN · texte numérisé non relu

GUERRE A MORT : VALERIEN

lerie impériale ne désarmait pas. Mac rien montra à Valérien, dans les chrétiens, des ennemis intérieurs de Rome qui conspiraient avec les Barbares, ennemis du dehors ; c'était l'heure où les Francs et les Berbères, les Perses et les Goths violaient à lenvi la frontière. Valérien laissa faire ; et Macrien tenta d'effacer la défaite de Dèce^

C était dans les cimetières qiK^ les chrétiens dispersés par lorage setaient rassemblés peu à peu; c'avait été leur centre de ralliement et leur point d'appui. On résolut donc de mettre la main sur les cimetières, tout en dispersant les évêques comme par le passé. « Les « empereurs, ditàCvprien le proconsul d'Afrique, ont « défendu de tenir des réunions et d'entrer dans les « cimetières. Celui qui n'observera pas ce précepte « salutaire encourra la peine capitale. )> « La même déclaration est faite à Denys par le préfet d'Egypte. La peine capitale a deux degrés, la mort et les travaux

' C'est le nom d'un ministre de Valérien, « païen fanatique, adonné à la magie » en qui Denys d'Alexandrie montre Fauteur véritable de la persécution. Le premier édiî parut au mois d'août :257 : il ne vise que le haut clergé, prétend Duchesne, I, 377. et permet le culte privé du Dieu chrétien : « c'était le syncrétisme religieux étendu là celui-cii et imposé par l'autorité publique. En cas de refus, le magistrat devait prononcer une sentence d'exil. >i On peut reconstituer le texte perdu de l'édit en comparant le premier interrogatoire de S. Cyprien avec celui de S. Denys d'Alexandrie [Eusèbe, Vil. Jl]. Voir Duchesne, I. 377, note 1.

Le second édit date de juillet 2.58 : Valérien l'expédie d'Orient où il combat les Goths et les Perses [Schiller. L 817 : Tillemont. III. 408]. S. Cyprien en donne l'analyse dans son avant-dernière lettre (80^i.

Voir Healy : The Valerian persécution..., London, 19Û5.

30 l'église impériale : LA VIE CHRÉTIENNE

forcés. Beaucoup rrecclésiastiqucs et de laïques sont, en Afrique, condamnés aux mines pour réunions illicites. LKtat s'est saisi des lieux du culte, il en surveille rentrée. Si l'on y pénètre encore, c'est à la dérobée, par des passag-es secrets, au risque d'être arrêté, comme l'acolyte Tarcisius près de la catacombe de Calliste, ou enterré vivant, comme les martyrs de l.a voie Salaria » * .

Si bien combiné que fût l'édit de :2o7, il ne produisit pourtant pas l'effet qu'on en attendait. Les évèques exilés continuèrent daflministrer leurs églises, Cyprion de Curube et Denys de Képhro ; les fidèles, chassés des cimetières, trouvaient asile dans les domaines funéraires de leurs frères puissants ou riches : ceux-ci étaient restés de droit privé. Les persécuteurs, furieux de leur impuissance, laissèrent éclater leur rage : ils mirent les chrétiens hors la loi comme rebelles et ennemis de lempire. Tel est. en effet, le vrai caractère du second édit lancé par Valérien en 258, tandis qu'il était en Orient. Evèques, prêtres, diacres, devaient être exécutés sur-le-champ ; les sénateurs et chevaliers dégradés, privés de leurs biens ; s'ils persistaient, décapités ; les matrones étaient exilées, leurs biens confisqués ; les Césan'ens, c'est-à-dire le personnel innombrable, et répandu un peu partout, des employés de la maison impériale, devaient être dépouillés de leurs biens, enchaînés et exilés dans les domaines du

' AIlHrd. 102-103.

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