‹ Le christianisme et l'empire (200-700)Chapitre 16 sur 110 · IV · texte numérisé non relu

IV

Ce fat lui qui montra la voie à ri\olisc, lors de l'affaire des Apostats. Les âmes faibles, tombées dans la persécution de Dèce, demandaient à grands cris pardon : leur crime était un cas de pénitence perpétuelle ; un peu partout, néanmoins, on inclinait à leur rendre la

biographie ôrritc par son diacre Pontius. Rliéleur riclie, mondain, il commence par défendre 1 idolâtrie ; mais il est converti par le prêtre Ca'cilianus vers 235. Son passage au Christianisme transforme radicalement sa vie, comme lui-même le remarque [ad. iJonaL, 4) ; il fait vœu de continence: il renonce à la richesse. aux lettres profanes : « dans son œuvre qui est si considérable. on ne relève pas une seule citation d'un auteur païen » [Monceaux : Hisl. m. Afr., II, 207). Élu évêque de Garthage en 249, il pardonne à tout un groupe de prêtres qui la vivement combattu. Lors de la crise de 250, il fuit aux environs : ce qu'on lui reproche avec vivacité jusqu'au temps de son martyre. Il gouverne son église par l'intermédiaire du prêtre Rogatianus. son confident, puis par une commission sj)éciale. Après quinze mois d'absence, il revient au i)rintemps 251. — Sur la question des apostats et du baptême des hérétiques, cf. infra, p. o5-i0; sur le martyre de Gyprien, cf. supra, p. 31.

La profondeur et l'ardeur de la foi qui anime Gyprien, voilà « le grand charme de sa figure. Il y a des penseurs plus originaux, des logiciens plus rigoureux, des polémistes plus habiles; mais jusqu'à S. Augustin on ne trouvera pas d'écrivain plus intimement pénétré de la pensée chrétienne... Sa foi est tout imprégnée d'amour et de tendresse, d'enthousiaste reconnaissance pour Dieu et de bonté compatissante pour les hommes. Tertullien (son maître), semble toujours irrité...; la religion de s. G... connaît les douceurs reposantes de l'amour divin... Cependant sa (charité) ne va jamais jusqu'à la faiblesse » : « ce qui frai)pe encore dans cette existence si pleine, c'est le grand empire de Ihomme sur lui-même. A force de volonté, il a maîtrisé ses passions... Homme d'action avant tout, il avait une vue claire des choses, beaucoup de suite dans les idées, de la décision et de la prudence, un sang-froid imperturbable. Avec cela, une loyauté à toute épreuve... Son énergie était faite de modération et de fermeté. Ordinairement très modéré, ami du juste milieu, il défendait ces idées modérées avec une singulière vigueur... Il était

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