‹ Le christianisme et l'empire romain: de Néron à Théodose (volume 2)Chapitre 153 sur 164 · ZOSIME, IV, 53; S0CRATE,V · texte numérisé non relu

ZOSIME, IV, 53; S0CRATE,V

liberie des sacrifices et m^me de la divination*. Les edifices publics ou prives construits a Rome sur Templacement des temples supprimes furent demolish. On entraina des Chretiens a I'apostasie par Tappet des magistralures. Les paiens de Rome se preparerent a la lutte inevitable avec Theodose comme a une guerre sainle. La ville fut sillonn^e de processions, que suivait une partie de la noblesse. Les dieux nationaux, les diviniles etrang^res, furent successivement honores. Flavien se fit inilier au culte de Mithra, et ofTrit un taurobole^. Cette orgie paienne dura jusqu'en 394. La victoire de Theodose sur Eugene, dans laquelle perirent Flavien et Arbogast, y mit fin. Ce fut le coup decisif. L'aristocratie paienne venait de jouer etde perdre sa derniere partie. Theodose entra dans la ville eternelle, convoqua le senat, exliorta les senateurs a quitter le culte des dieux, et obtint de la majorite de I'assemblee un vote abolissant officiellement le paganisme k Rome^. Des lors les con-

i. Saist Ambroise, Ep, 57; Paulin, Vita Anibrosii, 20.

2. C'est ainsi que Seek entend le vers 38 du poeme anonyme dont il est question h la uole suivante {Symmachus, p. cxviii).

3. Voir RuFiN, Hist. Eccl., II, 33; et le poeme anonyme ddcouverl en 1867 par Leopold Delisle, Dibl. de I'Ecole des Chartes, 1867, p. 297; Revue arcMologique, t. XVIII, 1868, p. 451-459; Bull, di arch, crist., 1868, p. 49-75. — Depuis les lois de Theodose contre le culte pa'ien, celte dego6tante ceremonie avail cess^; on ne trouve plus d'inscriptions tauroboliques a Rome aprfes 390; Corp, inscr, lat., t. VI, 512.

4. Le voyage de Theodose a Rome, atteste par Zosime et Phi'dence, mais conteste par plusieurs erudits modernes, a cte mis hors de

versions se multiplierent dans rarislocratie * . Ceux que Tambition ou Tinteret retenaient seuls dans le paganisme n'eurent plus de motifs pour y rester. Mais aucune violence ne fut exercde contre personne. Les senateurs paiens garderent leurs sieges, leurs richesses, leurs honneurs. Theodose deplora publiquement la mort de Flavien. Les enfanls de Flavien et d'Arbogast demeurerent en possession de leurs biens'-^. II n*y eut ni confiscation, ni represailles, ni sang verse. L'amnistie demandee par saint Ambroise^ fut accordee sans reserves. Les dieux payerent seuls pour les liommes.

Cette victoire vraiment chretienne tormina la vie de Theodose. II mourut le 17 Janvier 395, apres avoir partage I'Empire entre ses deux fils, donnant r Orient a Arcadius, I'Occident a Honorius.

Les fils du grand empereur ne le rappellent ni par I'intelligence, ni par le caractere. Arcadius passe sa vie au milieu d'intrigues de cour, soumis a une femme imperieuse ou a d'indignes favoris. Abrite derriere les murs de Ravenne, Honorius assiste impassible a la prise de Rome par les Goths, et parait ressentir k peine les maux qui fondirent

doutc par la dccouverte d'uue inscription gravce sur le piedeslal de la statue de Nicoroaque Flavien, qui y fait clairement allusion ; voir De Rossi, Ann. delV insL dicorr, archeol.j 1849, p. 285-356; Bull. di arch, crista 1868, p. 70.

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