SOZO^ENR, VII , i
3. SuLPicE Severe, Vita B. Martini; Dialogus de virtutibus B. Martini, — Cf. Bulliot et Thollier, la Mission et le culte de saint Martin. 6tude sur le paganisme rural, Paris, 1892.
4. Saint Jean Chrysostome, Ep. 231 ; TnEODORET, Hist. EccL, V, 9. 6. Code Just., I, XI, 7.
ici de legislation a resumer, puisque, a propremenl parler, il n'y a plus de legislateur. Mais Tancien culte n'est pas en etat de profiler de cette faiblesse du pouvoir imperial. Le moment est passe od, par des seductions a la fois raffinees et grossieres, il se fut facilement empare de I'^me naive des envahisseurs. A Theure od ceux-ci se partagerent les provinces occidentales , s'etablirent en Afrique, en Italic, en Espagne, en Gaule, en Bretagne, il ne possedait ni temples, ni prdtres, ni sacrifices, ni organisation d'aucune sorle. Des pai'ens se rencontraient encore, rares dans les villes, plus nombreux dans les campagnes : il n'y avait plus de paganisme. Rien ne s'opposait a ce que I'Eglise, restee seule debout au milieu de I'affaissement universel, n'attirM a elle les nouveaux maitres de TEurope, et ne couMt dans le moule Chretien la societe qui allait naitre du contact des Barbares avec les resles des institutions romaines.
En Orient, I'autorite imperiale durera de longs si^cles encore. On la voit poursuivre la lutte contre le paganisme : mais cette lutte s'eteint d'elle-meme, faute d'aliment. Dans une loi de 423, Theodose II s'occupe « des paiens qui existent encore, bien que nous pensions qu'il n'y en a plus*)). Dans une autre loi, de 435, il ordonne de
- \ 1. Code Theod., XVI, x, 22; cf. 23.
detruire ou de transformer en eglises « tous les sanctuaires, temples, edifices de I'idolAtrie, s'il en reste encore d'intacts*. » On troiive, pendant le cinquieme et m^me le sixieme si^cle, quelques lois dirigees en Orient contre les paiens ^ : mais, la aussi,* 11 n'y a plus de paganisme. S'il se survit a lui-m^me, c'est k I'etat de superstition populaire, pour quelques-uns, ou sous forme philosophique , pour un petit nombre. L'Empire ne reconnait d'autre religion que le christianisme, et la societe prise en masse, par les institutions, par les lois , par les mceurs, est chretienne.