‹ Le christianisme et l'empire romain: de Néron à Théodose (volume 2)Chapitre 88 sur 164 · Saint Gr^goire de Nazianze, Oratio YI · texte numérisé non relu

Saint Gr^goire de Nazianze, Oratio YI

176 LE CHRlSTfANlSME ET L'EMPIRE ROMAIN.

Probablement en Orient, son sejour prefere, ceuxci forment la majorite autour de lui ; mais a Rome les inscriptions montrent un grand nombre de nobles investis sous son r^gne de consulats ou de prefectures, tout en demeurant quindecemvirs , pontifes, augures, inities d'Hecate ou de Mithra ' . On doit done ecarter, ou n'entendre que de quelques fails particuliers, les expressions trop generales d'ecrivains Chretiens qui parlent de Constantin comme s'il avait declare la guerre aux temples et interdit les sacrifices^. II interdit les sacrifices secrets ou meles de divination, probablement aussi les sacrifices ofTerts par les magistrats au nom de I'Etat : mais il ne toucha pas a la liberte des cultes. II abusa quelquefois de son pouvoir pour enlever des edifices consacres aux dieux des statues et des objets d'art, afm d'en orner Constantinople, devenue en 329 la seconde capitale de I'Empire ^ : mais ces bl^mables caprices de SQuverain absolu ne sont pas de la persecution religieuse. S'il detruisit quelques temples en Egypte, en Phenicie, en Cilicie, c'est parce que ces sanctuaires degeneres abritaient des scenes de revol-

1. Corp\x% inscr. laL, t.yi, 1675,1690-1694; t. X, 5061. Cf. Tillemont, Hist, des Empereurs, t. IV, p. 183, 218.

2. EusEBE, De vita Const., H, 4S; IV, 23, 23; Socrate, I, 18; Sozo- MENE, I, 8; Thi^odoret, I, 1; 111,21; Grose, VII, 28; saint Jer6me, Chron.j olymp. 278.

3. EusfeBE, De laud. Const., 8; Socrate, Hist, EccL, I, 16, 17; SOZOHENE, II, 5 ; ZOSIME, II, 32.

tante immoralite * : il pouvait invoquer a I'appui de sa conduite I'exemple des gouvernements paiens 2, et ses droits comme ses devoirs de souverain pontife. Les autres temples abattus ou fermes a cette epoque le furent le plus souvent par I'initiative des villes elles-m^mes : onavaitvu, sous Diocletien, une cite de Phrygie tout entiere chretienne ^ : il n'est pas surprenant qu'il s'en soit rencontre de semblables en Orient au temps de Constantin K Celuici encourageait, mais d'une maniere indirecte, les mouvements de conversion en masse, qui se firent quelquefois sentir au sein de villes ou de bourgs : il leur accordait des denominations honorifiques, le titre de cite, le droit de s'appeler Constancie ou Constantino ^.

Constantin maintint done la tolerance religieuse durant les quatorze annees ou il r^gna seul. II se montra bienveillant pour les personnes, sans distinction de culte. Mais il ne prit point la peine de dissimuler sa preference pour la religion chretienne, non plus que son aversion croissante du paganisme. II observa I'edit de Milan dans la lettre, sinon toujours dans I'esprit. Ainsi se trouva-t-il conduit peu a peu a n'accorder au paganisme que

1. EusEOE, De vita Const,, III, 55, 57; Praep. evang., IV, i6; So- CRATE, Hist. Eccl.^ 1, 18; Sozomene, I, 8; V, 10.

2. TiTE-LiVE, Hist., XXXrX, 8-19; JosEPHE, Ant, jud., XVIII, 3.

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