‹ Le Christianisme et l'Empire romain de Néron a ThéodoseChapitre 100 sur 176 · jd.;cf. Ep · texte numérisé non relu

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être Tobjet d'un enseignement régulier. C'est ce que Julien cependant essaya de lui donner. Il se proposa d'établir des chaires de prédication, des écoles où des lecteurs et des docteurs en théologie païenne exposeraient le dogme et la morale. U songea aussi à faire réciter une sorte de prière commune, litanie aux chants alternés. Enfin, il eut la pensée d'instituer tout un système pénitentiel, avec des expiations proportionnées aux fautes de chacune Sauf pour la prédication, qui fut essayée *, on ne voit pas que ces réformes aient eu un commencement d'exécution. Hais elles complètent l'aveu involontaire arraché par la force des choses à Julien. Décidé à supprimer le christianisme, il se reconnaît incapable de le remplacer autrement qu'en le copiant.

U en fit ï'aveu plus ouvertement encore, et avec beaucoup d'amertume. Ce qui manquait le plus au paganisme, c'était la charité. Julien voyait les Juifs assister leurs pauvres, les chrétiens assister les pauvres de toutes les religions. U avait été le témoin ' de cette brillante floraison qui faisait, depuis le commencement du quatrième siècle, surgir de terre les hôpitaux et les hospices à côté des cathédrales. Rien de pareil chez les païens. En dehors de l'assistance officielle, les pauvres n'avaient rien à attendre des adorateurs des dieux. Ceux-ci ne possédaient ni

i. Saint Grégoire de Nazianze, Oratio IV, ill ; Sozoueme, Hist. EccU V, 16.

t. Voir la lettre de Libanius à Acace.

institutions de bienfaisance, ni personnel formé au soin des malades et des indigents. « Nous adorons Jupiter hospitalier, et nous sommes plus inhospitaliers que les Scythes, » écrit Julien à un pontife \ Sa mauvaise humeur à ce sujet se manifeste sous toutes les formes. « C'est Tindififérence de nos prêtres pour les malheureux qui a suggéré aux impies Galiléens la pensée de pratiquer la bienfaisance^... Il serait honteux, quand les Juifs n'ont pas un mendiant, quand les impies Galiléens nourrissent tout ensemble et les leurs et les nôtres, que les nôtres fussent dépourvus des secours que nous leur devons... Ne laissons pas à d'autres le zèle du bien : rougissons de notre indiflférence'. » Aussi exhortet-il ses prêtres non seulement à faire Faumône, à visiter les prisonniers, à secourir jusqu'aux ennemis ^, mais encore à fonder des institutions de bienfaisance publique. «Ëtablissez dans chaque ville de nombreux hôpitaux, écrit-il au grand prêtre de Galatie, afin que les étrangers y jouissent de notre humanité, et non seulement ceux de notre religion, mais tous ceux qui auront besoin de nous. J'ai pourvu aux fonds nécessaires^» Mais Julien aurait honte de laisser à la charge de l'Ëtat tous les frais des hospices païens, quand les chrétiens suffisent

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