‹ Le Christianisme et l'Empire romain de Néron a ThéodoseChapitre 111 sur 176 · Ep. 3i · texte numérisé non relu

Ep. 3i

SOUS Constantin et Constance prodiguée aux évoques, sous Julien réservée aux philosophes. Tout au contraire, Athanase à peine rétabli sur le siège épiscopal d'Alexandrie, la colère de Julien éclate contre lui. Il lui conteste le droit de reprendre ses fonctions ecclésiastiques. Il s'indigne de ce que « ce misérable » ait osé, lui régnant, « baptiser quelques femmes grecques de distinction. » 11 écrit au peuple d'Alexandrie pour lui signifier le bannissement d' Athanase. Dans une seconde lettre, ou plutôt un édit destiné à être affiché, il reproche sévèrement un peuple son attachement persistant pour le rebelle, et déclare que celui-ci devra sortir non seulement de la ville, mais même de toute l'Egypte. Un rescrit au préfet d'Alexandrie menace le magistrat d'une forte amende si « cet Athanase, l'ennemi des dieux, » n'est pas, à bref délai, expulsé de la province. « C'est un très grand chagrin pour moi, ajoute-t-il, que ce mépris de tous les dieux *. » Ainsi le rappel des exilés ramène après quelques mois, comme conséquence inattendue, un nouvel exil d' Athanase, c'est-à-dire un acte formel de persécution.

On rapprochera avec intérêt de ses sévères missives au peuple ou au magistrat les remontrances beaucoup plus douces adressées aux villes où des

i. Ep. 6, ao, î»l.

fanatiques ODt massacré des chrétiens. Cela arriva d'abord à Alexandrie. L'évéque arien Georges, coupable d'avoir, sous Constance, dévasté des temples, avait été, avant le retour d'Athanase, supplicié par les païens. Julien leur reproche ce forfait sur un ton de douce remontrance. « Par bonheur pour vous, citoyens d'Alexandrie, c'est sous mon règne que vous avez commis ce crime, sous moi qui, par vénération envers le dieu (Sérapis) et envers mon oncle, mon homonyme *, qui commandait en Egypte et dans votre ville même, veux bien vous conserver une bienveillance fraternelle *. » On se rappelle l'amende énorme dont Julien frappa la ville de Césarée, à cause de la destruction d'un temple : ni les habitants de Gaza, ni ceux d'Héliopolis, ni ceux d'Aréthuse ne furent punis après avoir massacré des chrétiens, des femmes, un évoque, avec d'horribles raffinements de cruauté*. Les plaintes du préfet païen de Syrie, honteux et affligé des excès commis par le peuple d'Aréthuse, trouvèrent Julien impassible * ; pour avoir mis en prison quelques-uns des meurtriers, le gouverneur de Gaza

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