Fragm u'une lettre ;UE\TL£iy^ p
tienne, dans la dernière moitié du quatrième siècle, la patience dont elle avait fait preuve à d'autres époques. Les fidèles avaient vu le christianisme sur le trône , et déjà c'était beaucoup pour eux de supporter les dédains et les injures dont Julien se montrait prodigue. L'attitude que prirent les habitants d'Antioche vis-à-vis de l'empereur et de son entourage de sophistes ou d'hiérophantes montre combien il devenait dangereux de blesser le sentiment populaire là où il était dévoué au X et au K, c'est-à-dire au Christ et au souvenir des princes chrétiens Constantin et Constance ^ Aussi Julien, malgré sa haine du christianisme, n'essaya-t-il pas de le proscrire. Il se borna à l'attaquer par mille voies détournées. Mais en même temps il déclara ne vouloir user contre lui d'aucune contrainte. « J'en atteste les dieux, je ne veux ni massacrer les Galiléens, ni les molester contrairement à la justice, ni leur faire subir aucun mauvais traitement : je dis seulement qu'il faut leur préférer des hommes qui respectent les dieux , et cela en toute rencontre ^. » Rien n'empêche de croire à la sincérité de ces paroles. Elles ne sont pas d'un libéral , mais paraissent d'un homme résolu à observer au moins la tolérance matérielle. Julien probablement s'en crut capable. Mais la haine le possédait trop pour lui laisser le sang-froid nécessaire à cette politique.
d.JjLiEN, Misopogon; Hertlei?!, p. 460, 465.
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22r> LB CHRISTIANISME ET L'EMPIRE ROMAIN.
C'est ainsi que la plupart des mesures prises indirectement par Julien contre le christianisme ou les excitations adressées par lui aux passions païennes aboutirent à de vrais actes de persécution.
Quand on le vit , au commencement de son règne, rappeler tous les chrétiens exilés par Constance pour cause de religion , on put croire d'abord à un mouvement d'équité ^ Mais ses intentions apparurent promptement. Ammien Marcellin, en général bien renseigné sur elles , dit qu'il se proposait de rompre l'unanimité du peuple chrétien, et d'y réveiller les dissensions. Julien, ajoute Fhistorien, savait que les bêtes féroces ne sont pas plus cruelles pour l'homme que la plupart des chrétiens les uns pour les autres^ : parole injuste, même après les tristes exemples du règne de Constance, mais qui , par le ton, semble bien de Julien. On vit alors rentrer les chefs des partis les plus contraires , eunoméens opposés à la foi de Nicée, défenseurs intransigeants de cette foi, Aétius comme saint Athanase. Mais la partialité de l'empereur parut aussitôt. A l'hérétique Aétius il ouvrit les bras, l'appelant près de lui par une lettre affectueuse , l'autorisant à se servir de la poste impériale ^ : faveur
i.TuÊoDORET semble Fécho de cette opinion, quand il attribue la mesure prise par Julien au désir de capter la bienyeiilance de tous. HisL Eccl, III, «.