‹ Le Christianisme et l'Empire romain de Néron a ThéodoseChapitre 128 sur 176 · Théodoret, Hist, Eccl, IV, «1 ; V · texte numérisé non relu

Théodoret, Hist, Eccl, IV, «1 ; V

LE CHIUSTIANISHE ET L'EHPIRB ROMAIN. 249

le fils d'un grand homme, ni Théritier d'un pouvoir incontesté. De là quelque timidité mêlée à son audace. Quand il rencontre devant lui une volonté forte ou une grande renommée, il s'arrête tout à coup dans Texécution de ses desseins. En Egypte, c'est seulement après la mort d'Athanase qu'il commencera la persécution ^ En Gappadoce, la présence et le langage de Basile, cet homme supérieur en tout, évêque intrépide, homme du monde accompli, administrateur incomparable, qui savait à la fois se faire adorer de son peuple, résister aux magistrats et parler aux princes, le frappèrent d'admiration et de terreur, et préservèrent presque complètement la province^.

Mais là où ne se dressait devant lui aucun obstacle de cette nature, ni la vertu, ni le respect dû aux saints lieux, ni Fintérêt de la civilisation chrétienne n'étaient capables de suspendre sa fureur sectaire. On vit, par ses ordres ou par ceux de ses ministres, recommencer les scènes les plus affreuses des anciennes persécutions : églises envahies, évêques, prêtres, diacres exilés, envoyés aux mines, exposés aux bêtes, décapités, brûlés; vierges outragées ou massacrées, fidèles mis à mort, sans que les enfants eux-mêmes fussent

i. SociuTE, IV, 13; SozoMÈNE, IV, 12; saisit Épiphane, Haeres.f LXVni, 10; SAINT Basile, Ep, 61.

3. Saint Basile, Ep, 44, W, 89, 68; sai!It Grégoire de Ntsse, In Eunom.f I; saint Grégoire de Nazianze, Orat, XUU, 6S-54; Socrate, IV, 23; Théodoret, IV, 10; RmN, II, 0.

épargnés*. II serait lugubre autant que monotone de raconter les excès qui consternèrent ou ensanglantèrent tour à tour TÉgypte, la Syrie, TOsrhoène , toutes les provinces de Tempire d'Orient. Les nuances dogmatiques elles-mêmes finirent par s'effacer dans un effort aveugle pour courber toutes les consciences devant la volonté du tyran. « Que ne vous rangez-vous à la communion de Tempereur? » demande-t-on au clergé d'Édesse. « Est-il donc évéque en même temps qu'empereur? » répond un des prêtres *. Il n'est plus question de convaincre ou de persuader, mais d'écraser les Ames sous un même niveau. L'obéissance matérielle suffirait, sans l'adhésion intérieure. L'hérésie est en train de devenir ce que fut jadis le paganisme, une religion d'État.

En certains lieux, la masse ignorante et grossière du peuple païen paraît avoir servi ce dessein. Quand il s'agira de chasser d'Alexandrie le successeur régulier d'Athanase et de le remplacer par un hérétique, non seulement le sang chrétien sera versé à flots, mais il le sera par des mains païennes. Si Ton exile des évêques ou des prêtres, c'est dans une ville de Phénicie exclusivement peuplée

1. Saiitt Basile, Ep. 10, 71, 73, 185, 200, 2î0, 264, 273, 297, 298, 385, 895, 405; 8ài:<t Grégoire de Nazianze, OraU XX, XXIil, XXV, XXXII; SAINT ÉPipiiANE, Haeres., IJiVIlI, 10 ;Socrate, IV, 14,10,17, 18,21, 3'2; SOZOMÈNE, VI, 13, H, 18, 19, 20;TUÉODORET, IV, 16, 19, 21, 22, 23, 27; RiTiN, II, 5, 23; Orose, VII, 33.

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