‹ Le Christianisme et l'Empire romain de Néron a ThéodoseChapitre 127 sur 176 · ÂMMIBIf ItARCBiLlK, XXX · texte numérisé non relu

ÂMMIBIf ItARCBiLlK, XXX

S 2. — Valens. (364-378).

Une seule fois Valentinien parut prendre nettement parti dans une question dogmatique. C'est quand il accepta de transmettre aux Églises orientales les décisions d'un concile d'Illyrie, qui venafr de proclamer avec une grande énergie la foi de Nicée. En communiquant aux catholiques persécutés de rOrient la profession de foi des évoques illyriens, il y joignit une exhortation à refuser aux exigences de César ce qui est du domaine dé Dieu, c'est-à-dire à demeurer les fermes champions des doctrines orthodoxes contre les entreprises de Tarianisme aidé du pouvoir civiP. Mais sa mort, qui survint presque aussitôt, ne permit pas de voir jusqu'où Valentinien se serait avancé dans cette voie, et laissa pour quelques années encore le champ libre en Orient à la politique toute contraire de son frère Valens.

Valens rappelle Constance, mais par un côté seulement. Constance s'était déclaré l'ennemi des païens et des catholiques : sous son règne, les lois proscrivant l'idolâtrie avaient alterné avec les actes

4. Théc^doret, Hist. EccLt IV, 8-9. — Souiller, Gesch. des rôm. Kaiser reéhs, t. II, p. 364, ne me paraît pas avoir raison en contestant l'authenticité de la lettre de Valentinien. Le commentaire que donne de celte lettre II. de Broglie, V Église et V Empire romain au quatrième siècle^ t. V, p. 28, me parait aussi en fausser le sens.

de persécution dirigés contre les sectateurs de la foi de Nicée. Valens ne s'attaqua pas au paganisme. Si les païens eurent à souffrir de lui en Orient, ce fut par Teffet de ses défiances politiques, éveillées contre tous ceux qu'il soupçonnait de demander à la magie le nom de son successeur :

comme les arts magiques étaient professés par les païens, c'est surtout contre eux qu'à cette occasion se déployèrent ses rigueurs : plusieurs des anciens amis de Julien en furent victimes*. Mais on ne cite pas de loi de Valens dirigée contre l'idolâtrie. Loin de la proscrire, il lui laissa une entière liberté *, et s'appuya même sur les partisans des anciens dieux dans sa lutte contre les chrétiens orthodoxes.

Baptisé par un évèque arien, non à la fin de sa vie, comme Constance, mais au commencement même de son règne, Valens avait, dit-on, fait le serment de convertir à Tarianisme tous ses sujets chrétiens. Son premier acte fut de chasser de leurs sièges les évêques naguère bannis par Constance et rentrés sous Julien. C'était marquer nettement l'intention de reprendre les choses au point où Constance les avait laissées. Mais Valens, élevé au trône par le hasard, n'avait de commun avec Constance que les mauvais instincts. Il n'était ni

1. AuHiEN Marcellin, XXIX, i ; ZosiVE, IV, 15; Eunape, Vitae soph., Max.;PaiLOSTORGE, VIII 15.

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