‹ Le Christianisme et l'Empire romain de Néron a ThéodoseChapitre 133 sur 176 · Corp. inscr, lat, t. VI · texte numérisé non relu

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sion du même païen, était rare parmi ses coreligionnaires. L'opposition païenne commença de se désagréger quand les membres de Taristocratie romaine, qui en formaient le plus solide noyau, ne furent plus retenus par les immeubles et les revenus des hauts sacerdoces, jusqu'alors apanage presque héréditaire des familles patriciennes. Cessant d'être un des grands propriétaires de l'Empire, le clergé païen verra peu à peu s'éclaircir ses rangs. 11 ne pourra se résigner à vivre, comme vivaient alors les prêtres chrétiens, sans traitement de TÉtat.

C'était la force de l'Église d'avoir besoin de la liberté seule pour exister; c'était la faiblesse du paganisme de se sentir blessé à mort dès que sa situation de religion privilégiée était menacée. En fait, Gratien ne fit rien de plus que de la lui enlever. Il n'essaya pas de donner au christianisme une revanche complète en réalisant, en face de l'alliance brisée de l'ancien culte et de l'État, cette union intime de TÉglise et de l'État vers laquelle tendront les âges suivants. Non seulement il n'y a pas sous son règne un budget du culte chrétien, mais même des lois restrictives ne sont pas encore abrogées. Sur plusieurs points, les prêtres du Christ demeurent dans une position moins favorable que les ministres des dieux : le curiale ne peut entrer dans les ordres sacres sans faire abandon de ses biens : dans certaines circonstances les ecclésiastiques ne

peuvent recevoir des legs, même mobiliers. Gratien ne songea pas à faire disparaître ces inégalités : la séparation des cultes et de TÉlat, tel est, en attendant mieux, le seul résultat de sa politique religieuse. Mais s'il n'améliora point la situation matérielle de l'Église, ce que le désintéressement d'Ambroise ne lui demanda jamais, il donna à celui-ci une satisfaction meilleure par de nombreuses lois, qui témoignent de ses sentiments orthodoxes : soit qu'il efface, dans les provinces orientales, toute trace de la persécution de Valons * ; soit qu'il oblige les donatistes à restituer aux catholiques les églises dont ils s'étaient emparés ^; soit qu'il réprime sur tous les points de l'Empire la propagande de l'hérésie ' ; soit qu'il exempte des charges personnelles les divers ordres du clergé * ou modère l'impôt du chrysargire en faveur des clercs qui font le commerce * ; soit qu'il libère les filles chrétiennes de comédiens du lien héréditaire de leur profession •. Une loi de 383 est curieuse : elle punit les chrétiens qui se rendraient coupables d'apostasie^. Cette loi paraît en contradition avec le principe ailleurs proclamé par Gratien de la liberté des

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