Zosime, IV
gion égyptienne; avec lui tombèrent les sanctuaires de Canope, naguère le rendez-vous de licencieux pèlerins ^ Probablement beaucoup d'autres temples d'Egypte, même en dehors d'Alexandrie ou de sa banlieue, furent enveloppés dans cette ruine ^.
Louant la politique religieuse de Théodose, saint Ambroise lui fait un mérite d'avoir aboli toutes les cérémonies païennes ^; Sozomène ajoute qu'il ne fut plus permis d'honorer les dieux, même en secret *. Une loi de 392 porta, en effet, ce dernier coup au paganisme. Elle renouvelle la défense de sacrifier dans les temples ; mais elle y joint celle d'offrir des libations, du feu et des fleurs aux génies, aux lares, aux pénates; elle déclare que tout champ, toute demeure où l'on aura brûlé de l'encens sera confisqué'^. Nombreux, au quatrième siècle, étaient les sanctuaires domestiques. L'idolâtrie s'y était réfugiée, comme dans un dernier retranchement. On élevait dans ses jardins des chapelles à la Fortune
1. SocRATE, V, 16, 47; Sozomène, VII, 15; Rufin, H, 20, 30. —La célèbre bibliothèque d'Alexandrie, conservée au Scrapcion, fut-elle détruite avec lui? Voir, en sens divers, Gorini, Défense de V Église, t. I, p. 64-102; CnASTEL, Revue historique, avril-juin 1876, p. 484-493; Alglave, Revue scientifique, 19 juin 187S; Lefort, Gazette hebdomadaire de médecine et de chirurgie, n« 26, 1875 ; Drapeyron, V Empereur Héraclius, p. 405-409.
2. Rufin, II, 28, dit que tous les temples égyptiens furent alors détruits.
- 3. Saint Ambroise, De obitu Theod,, 4.