‹ Le Christianisme et l'Empire romain de Néron a ThéodoseChapitre 153 sur 176 · ma,, XYI, V · texte numérisé non relu

ma,, XYI, V

3. Zosime VI. — Cf. TiuiiionT, BUU dei Einptrturê, t. v, p. OTi,

le.

lui-même en faveur des œuvres d'art, ordonne qu'on ôte des bains et de tous édifices publics les statues honorées autrefois par des sacrifices, dje peur qu'elles ne soient pour e peuple une occasion de pécher ^

Quand on regarde l'ensemble de cette législation, on se rend compte qu'à elle seule, si absolue qu'elle soit dans les termes, elle n'eût pas suffi à faire cesser le paganisme. Les empereurs, comme en témoigne la fréquente répétition des mêmes lois, n'étaient souvent obéis qu'à demi. Leurs ordres n'arrivaient pas toujours aux extrémités de leurs vastes États. L'ancien culte avait trop de partisans ouverts ou cachés, dans le monde des fonctionnaires, pour que tous les traits dirigés contre les dieux atteignissent leur but. La force d'inertie suffisait seule à amortir bien des coups. En beaucoup de lieux, sans doute, les lois proscrivant l'idolâtrie furent exécutées. « Jupiter, écrit saint Jérôme, pleure enfermé dans son temple de Gaza^. » Les écrits du temps, et même les inscriptions, montrent les païens cachant leurs idoles menacées de destruction '. Saint Augustin parle de statues, de temples, de bois sacrés

i. Code T/u'od., XYI, x,20.

s. Saint Jérôme, Ep. 107, ad Lactam.

». Saint Augustin, De consensu Evang., I, 27, 28; Prosper, De promiss, et praed, Dei, UI, 38; Orelli, Inscript., 3273, 3270, — Cf. De WiTTE, dans Ann, dell Inst. di corresp, archeoL, t. XL, 1868, p. 195- 211; Palo de Lessert, dans Revue archéologique, 1888, t. If, p. £06- 09; Edmond le Blant, Acad, des Inscr», 26 sept. 1890.

abattus par Tordre ou avec la permission des magistrats ^ Cependant il laisse voir que ces exécutions demeuraient souvent incomplètes. Lui-même conseille de ne point les pousser à bout. On doit renverser, dit-il, les idoles appartenant à des particuliers, quand ceux-ci, devenus chrétiens, en autorisent Tenlèvement; mais il faut s'abstenir de toucher à celles qui se trouvent sur les terres de maîtres demeurés païens ^. La rigueur de la loi fléchit ici devant les droits de la propriété privée, comme ailleurs elle s'arrête devant les vœux d'une population trop attachée à l'ancien culte, devant la valeur artistique des édifices ou des objets qui le représentent', ou même devant l'intérêt fiscal : on hésite à fermer un temple célèbre, de peur de voir les païens abandonner la ville, et celle-ci ne plus pouvoir payer l'impôt*.

Les païens se servaient habilement des désastres de l'Empire pour ramener aux dieux le sentiment public. Ils montraient dans les maux de la guerre et de l'invasion la main des immortels, irrités de voir Rome infidèle à l'antique religion sous laquelle sa puissance avait grandi, qui était devenue inséparable de ses destinées, et qui l'entraînait

1. Saitit AcGOSTiJi, Ep. 91. — Cf. Bull, di archeol, crUU, i863, p. 4 : caricature trouvée dans une catacombe et représentant un chrétien qui renverse une idole.

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