De Rossi, Roma sotterraneat t. UI, xxxvn et
177 : comme le préfet cite ces deux empereurs, il est visible que ce n*est pas au rescrit de Trajan, mais à une ordonnance récente et tout à fait contemporaine qu'il fait allusion.
La mort de Marc-Aurèle et Tavènement de son indigne successeur ne changèrent rien à la situation des chrétiens. La procédure suivie contre eux demeura la même. On la retrouve en action dans un des plus précieux monuments qui nous soient restés de Tantiquité chrétienne, les Actes des martyrs de Scillium, en Afrique *. Le proconsul commence Tinterrogatoire par ces mots : « Vous pouvez obtenir grâce de l'empereur, si vous revenez à la sagesse et si vous sacrifiez aux dieux tout-puissants. » S'adressant ensuite à chaque accusé, il cherche à lui faire abandonner sa foi. Un détail, qui jusque-là ne nous était pas encore apparu, met en lumière le désir du magistrat de les amener à résipiscence. « Peut-être, dit-il, avez-vous besoin d'un délai pour délibérer? » Malgré le refus de celui des accusés qui parait, le plus souvent, parler au nom des autres, le proconsul insiste : « Acceptez un délai de trente jours pour réfléchir. » C'est seulement quand tous, rejetant la proposition, ont répété d'une seule voix : « Je suis chrétien, j'adorerai toujours le Seigneur
1. Ruinàrt, Acta martyrum sincera^ p. 77-81 ; Adbé, Étude sur un nouveau texte des Actes des martyrs SciHitainSy 1881 ; Analecta Bollandiana^ t. VIII, p. 6-8; Armitage Robinson, The Passion of S, Perpétua with an appendix on the scillitan martyrdom, 1891, p. 106-116.
mon Dieu, qui a fait le ëiel et la terre, la mer et tout ce qu'ils renferment, W qu'il se décide à prononcer la sentence. Celle-ci condamne en eux, comme l'avait fait Pline, V « obstination, » qui forme, en vérité, la substance du délijf. Le mot même est rappelé dans Farrét. « Attendii, y est-il dit, que Speratus, ^ Nartallus, Cittinus, ponata, Vestia, Secunda, ont déclaré vivre à la façon des chrétiens et, sur l'offre qui leur était faite de revenir à la manière de vivre des Romains, ont persisté dans leur obstination, . nous les condamîqns à périr par le glaive. »
Ces faits sont d^ 180, première année du règne de Commode. De 'nombreuses condamnations de chrétiens eurent lieu dans les années suivantes : en Asie, sous le cruel proconsulat d'Arrius AntoninusV et à Rome même. Le procès d'Apollonius est célèbre 2. La découverte de ses Actes authentiques ^ permet aujourd'hui de compléter les récits qu'en ont faits Eusèbe et saint Jérôme. Dénoncé