‹ Le Christianisme et l'Empire romain de Néron a ThéodoseChapitre 40 sur 176 · Làmpiude, Alex · texte numérisé non relu

Làmpiude, Alex

Dèce représente la revanche de Rome contre FOrient, des anciennes mœurs contre l'esprit nouveau, de la religion d'État contre la liberté religieuse. De cette revanche les chrétiens seront les premières victimes, et elle se résumera bientôt dans un immense effort pour les détruire.

§4. — li'édit de Dèce.

Le texte de Tédit rendu contre eux par Dèce n'a pas été conservé, mais des documents nombreux et sûrs, en montrant comment il fut exécuté, laissent deviner sa teneur. C'est, pour la première fois, un édit de proscription universelle, combiné de telle sorte que nul chrétien n'y puisse échapper. Le même coup de filet les enveloppera tous à la fois. Non seulement le principe est posé, mais chaque détail de la procédure est réglé. La part d'initiative laissée jusque-là aux magistrats, maîtres d'appliquer plus ou moins complètement la loi, selon les exigences de l'opinion locale ou même suivant leur tempérament personnel, n'existe plus : seule la volonté de l'empereur fait mouvoir les ressorts et imprime partout à l'engin, dans la même heure, un même mouvement. A jour fixe ^ sur tous les points de l'Empire, ceux dont la religion parais-

i. Saint Cyprien, De lapsis^ 2, 3.

sait douteuse sont mis en demeure de déclarer leur foi. Non seulement à Rome, à Carthage, à Alexandrie, à Éphèse, dans les grandes villes, dans les capitales des provinces ou les chefs-lieux des districts, mais jusque dans les bourgs et les moindres villages ^ l'épreuve a lieu.

Une commission locale, composée de magistrats et de notables, y préside ^. Les suspects sont tenus de se présenter au temple. A Tappel de son nom ^, chacun doit offrir une victime '*, ou au moins brûler de Tencens sur Tautel et faire une libation 5. Il lui faut prononcer ensuite une formule blasphématoire, dans laquelle est renié le Christ ^. Puis un repas, où du vin consacré aux idoles est servi avec la chair des victimes immolées, réunit dans une sorte de communion païenne ceux qui ont sacrifié *^. Un certificat de ces divers actes est délivré parla commission. La pièce se compose de deux parties. La première est une requête adressée aux « préposés aux sacrifices »

1. Saint Denys D'Alexandrie, dans Eusèbe, Bist. Eccl.^ VI, 4â, 1. Les papyrus publiés par Krebs (1893) et Wesselt (1891) sont des certificats de sacrifice, délivrés dans deux villages égyptiens. Voir Nuovo Bull, di archeologia cristiana^ 1895, p. 68-73 et pi. VIII ; cf. Theol, Literaiurzeitung, t. XIX (1894), p. 37 et 16i.

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