Gàllistrate, au Digeste^ XLYIII, xiz,2S
î. Saint Cyprîen* Ep. 77, 78, 79.
3. De Rossi, Roma sotterranéa, t. II, p. 258, 1S9, et 3* partie, p. 45-48.
4. De Rossi, Roma sotterraneay t. II, p. 7-10, 89; Inêer, christ, urbis Romcœ, t. II, p. i09, n» 62.
5. Acta SS,y octobre, t. X, p. 483, 487; Grégoire de Tours, Dtf gloria martyrum^ 1, 38; De Rossi, Inscr. christ* urbis Romae, t. U, p. 84, n« 30; 87, n» 31; 100, n»17; 103, u9 34; 121, n» 9; 135, n» 9.
pléter en l'aggravant. La peine relativement douce de l'exil n'avait probablement pas effrayé les évêques : même exilés, ils continuaient leur œuvre, comme Cyprien qui de Curube envoyait encouragements et secours aux forçats chrétiens, et plus encore Denys, profitant de son séjour forcé en Libye pour y prêcher l'Évangile '. Il fallait réduire au silence ces voix importunes. D'autre part, les mesures dirigées contre la communauté chrétienne risquaient d'être inefûcaces, tant que celle-ci conserverait de puissants protecteurs parmi les nobles, les chevaliers, les femmes riches ou de haut rang, et même les opulents et influents serviteurs du palais qu'on appelait les Césariens. On pouvait confisquer les cimetières possédés à titre corporatif par l'Église, fermer ses lieux d'assemblée : les amis qu'elle conservait dans l'aristocratie de naissance ou de fortune demeuraient, comme autrefois, maîtres de lui ouvrir l'asile de leurs domaines funéraires; de fait plusieurs cimetières furent accessibles, même après Tédit de 257, parce qu'ils étaient restés de droit privé. Valérien adressa au sénat un nouvel édit, accompagné d'un modèle de lettre destinée à être expédiée par la chancellerie impériale aux divers gouverneurs : il y était dit que tous les évêques, prêtres ou diacres, qui refuseraient d'abjurer seraient sur-le-champ mis à mort;
1. Saint Dents d'jxexàndrie, dans Ecsèbe, Hitt. EccL, Vil, 11.
que tous les nobles et chevaliers confessant le christianisme seraient déchus de leur dignité, dépouillés de leurs biens, et décapités; que les femmes de même rang seraient envoyées en exil; que les chrétiens de la maison de César verraient leur fortune confisquée, et, assimilés aux derniers des esclaves, seraient condamnés à travailler la terre *.
L'exécution ne se fît pas attendre : dès le 6 août 258, le pape Sixte II, surpris avec son clergé dans une chambre du cimetière de Prétextât, fut décapité sur le lieu même, assis dans la chaire épiscopale : plusieurs de ses diacres périrent avec lui *. En Espagne fut mis à mort Févêque Fructueux, avec ses deux diacres; à Carthage, Cyprien. Les paroles du propréteur de la Tarraconaise à Fructueux montrent l'intention de supprimer, d'amputer, pour ainsi dire, sèchement et sans phrases, les chefs de la société chrétienne. « Tu es évêque? — Je le suis. — Tu l'as été, » dit le gouverneur, en l'envoyant au supplice '. Plus exactement encore les termes de la sentence prononcée contre Cyprien traduisent la pensée impériale. Ce n'est pas seulement pour cause de christianisme, c'est-à-dire pour dissidence religieuse, c'estsurtout comme sacrilège.
i. Saint Cyprien, Ep, 80.