Ulpien, au Digeste, XLVlII,iv
le discours du proconsul à Cyprien. « Tu as longtemps vécu en sacrilège, lui dit le magistrat, tu as réuni autour de toi beaucoup de complices de ta coupable conspiration, tu t'es fait Tennemi des dieux de Rome et de ses lois saintes, nos pieux et très sacrés empereurs Valérien et Gallien, et Valérien,très noble César \ n'ont 'pu te ramener à la pratique de leur culte. C'est pourquoi, fauteur de grands crimes, porte-étendard de la rébellion, tu serviras d'exemple à ceux que tu as associés à ta scélératesse. » Ces considérants appelaient le dispositif, que le proconsul lut sur une tablette : « Nous ordonnons que Thascius Cyprien soit mis à mort par le glaive *. »
La persécution de Valérien offre ainsi, à certains égards, un caractère nouveau, et témoigne de préoccupations dont les documents relatifs aux persécutions précédentes ne portaient point de trace. Un autre caractère encore s'y découvre. Pour la première fois, la question d'argent joue un rôle dans les rigueurs exercées contre les chrétiens. Sous Dèce, on confisquait les biens des fidèles condamnés à la peine capitale ou au bannissement, mais la confiscation, même quand elle aggravait pour eux le droit commun ^, n'était qu'un accessoire, et ne
i. Valérien s'était associé en 353 son fils Gallien, avec le titre d*Augu8te, et avait en 9S& fait César son petit-fils Valérien.