Ibid
3. Aeta S. Acaeii, 1, dani ActaSS.^ mai, 1 1, p. 70S; Aeta S. Adria ni, 1, dans Scrids, Vitae SS., tix, p. 88; saint Grégoire de Nysse De magno martyre Theodoro, 3 (dans Rduiàrt, p. 83i).
4. Evs&BB. HisL BccLt VIII, 10; Lactânci, De tnort. per$., M.
à la brutalité des gouverneurs et des soldats*. La tétrarchîe, cependant, se désagrégeait de nouveau. Après Tabdication de Dioclétien, Constantin était demeuré à la cour de Galère, traité à la fois en prince et en otage. Constance Chlore, à la veille de partir pour la Bretagne, et sentant sa santé décliner, le réclama. Galère dut l'autoriser à partir : Constantin, qui craignait d'être rappelé ou poursuivi, donna à son départ les allures d'une fuite, emmenant ou mutilant, dit-on, les chevaux de tous les relais afin qu'on ne pût le rejoindre. Il arriva en Gaule au moment où son père allait s'embarquer, le suivit en Bretagne, et peu de temps après recueillit son dernier soupir. De son mariage avec la belle-fille de Maximien Hercule, Constance laissait six enfants en bas âge : seul Constantin, issu d'un premier lit, était en état de lui succéder. Acclamé par les légions, celui-ci se hâta de notifier son avènement aux empereurs. Cette élection improvisée dérangeait vraisemblablement les plans de Galère, qui néanmoins accepta le fait accompli. Mais Constantin dut se contenter du titre de César, au lieu de celui d'Auguste que lui avaient conféré ses troupes. Il devint souverain des États où avait régné son père, c'est-à-dire des trois grandes contrées occidentales de l'Empire. Cet
i, Ecs&BE, De mari. Pal, 5; Hist, EccL^ Vllf, i% 14; Lactamci, De mort, pers,, 38; saikt Ambuoise, De virginibus, U(, l\Ep, 37; siiNT Jean Corysostome, Homil, XL, LL
exemple réveilla Tambîtion d'un autre prince disgracié. Maxence, fils de Maximien Hercule, vivait en simple particulier aux environs de Rome. Il profita de l'impopularité de Sévère, détesté des Romains à cause de son mépris des privilèges de la ville éternelle. Le â8 octobre 306, Maxence fut proclamé empereur par le peuple uni aux prétoriens. A cette nouvelle, le vieil Hercule, qui avait jadis abdiqué à contre cœur, se hâta de quitter sa retraite et de reprendre le titre d'Auguste. H y eut donc dans le monde romain six empereurs en présence : Maximien Hercule et Maxence à Rome, Sévère en Italie, Constantin en Gaule, Galère et Maximin en Orient. L'œuvre de Dioclétien était rompue.
Les années suivantes achevèrent de la mettre en débris. En 307, Sévère, puis Galère, tentent de reprendre ritalie : Sévère périt dans l'entreprise. En 308, Galère, Maximin, Constance, et un nouveau collègue, Licinius, portent tous les quatre le titre d'Augustes; mais Maxence tient Rome, Hercule, qui s'est séparé de lui, parcourt la Gaule en conspirateur, et le tyran Alexandre est maître de l'Afrique. En 310, Hercule se tue : malade, presque désespéré, Dioclétien de sa retraite de Salone voit le peuple abattre ses statues en même temps que celles de cet ancien compagnon de sa fortune. Mais tous ces événements ont surtout agité les provinces occidentales. L'Orient n'a pas cessé d'être gouverné
par Maximin et Galère. Aussi la situation des chrétiens nVt-elle guère changé. Elle est restée paisible en Occident, et s'y est même améliorée, puisque Maxence, frappé du grand nombre des gens du peuple qui à Rome professent le christianisme, fait montre de sentiments presque chrétiens*. L'Église profite des circonstances pour se réorganiser : à défaut des anciens cimetières, encore sous la main du fisc, on en ouvre de nouveaux, en même temps que se reforment les paroisses « à cause du grand nombre des païens qui se préparent au baptême ^. » Si deux papes, Marcel, puis Eusèbe, furent successivement exilés par Maxence, ce fut à la suite de troubles excités sur une question de discipline par des dissidents, et terminés par une intervention maladroite du pouvoir civil ^ : mais il n'y eut rien dans ce fait qui ressemblât à un acte de persécution.
Seules de toutes les provinces d'Occident la Mésie et la Pannonie, qui formaient le médiocre apanage de Licinius, virent encore des martyrs : le plus célèbre est l'évêque de Siscia, Quirinus, dont la mort paraît avoir eu lieu en 309*. Licinius, créa-
i, EosÈBE, HisL Eccl,yU\, 14.
a. Liber Pontiftcalis, Marcelltrs; éd. Dccdesne, t. I, p. 104.
3. De Rossi, Roma sotterranea, t. Il, p. «1-208; Inscr, christ, urbis Romae, t. II, p. 60, GS, 102, 104, 138.
4. Passio S. Quirini, dans Rcinart, p. 155; Prudence, Péri Stephanôn, VII. — De Rossi, Roma sotterranea, t. II, p.. 180-181 cl pi, V, VU; Buîl.di arch. crist., 1894, p. 53, 147-150,
ture de Galère, suivait alors sa politique hostile aux chrétiens. Celle-ci continuait à désoler l'Orient : malheureusement, dans cette partie de TEmpire, les dissensions intérieures des Églises, qu'Eusèbe indique d'un mot*, favorisaient les desseins de leurs ennemis. Comme Thistorien résidait dans les États de Maximin, c'est surtout pour la Syrie et TÉgypte qu'il abonde en détails. M la science, ni Fâge, n'étaient respectés des persécuteurs. A côté de jeunes gens, de jeunes filles, impitoyablement torturés et mis à mort, on voit un docteur comme Pamphyle, fondateur de la bibliothèque chrétienne de Césarée, compilateur d'éditions critiques de la Bible, envoyé au supplice^. En Egypte se termine par une condamnation capitale le procès depuis longtemps commencé de l'évêque Philéas, apparenté aux premières familles de la province, et d'un haut fonctionnaire d'Alexandrie, Philorome^. On continue à condamner des chrétiennes à la prostitution *. En 308 paraît dans les États de Maximin un nouvel édit (le sixième depuis 303) ordon* nant de contraindre par l'appel nominal les habitants à sacrifier, et, afin que nul n'échappe, d'arroser d'eau lustrale les denrées mises en vente et de forcer les baigneurs à brûler de l'encens aux