‹ Le Christianisme et l'Empire romain de Néron a ThéodoseChapitre 64 sur 176 · Ibid,, 7, 8, il · texte numérisé non relu

Ibid,, 7, 8, il

soulageaient ses maux. Il eut Tétrange pensée de se tourner vers le Dieu des chrétiens, et de faire, pour ainsi dire, marché avec lui. De là un édit, dont Lactance a reproduit Foriginal latin et dont Eusèbe donne une traduction grecque ^ Galère commence par rappeler les infructueux efforts des empereurs pour rétablir Funité religieuse. Parmi les chrétiens, dit-il, les uns obéirent par crainte, d'autres furent châtiés, la plupart s'abslinrent d'honorer les dieux, tout en cessant de suivre leur propre culte. Galère se décide à permettre « que les chrétiens existent désormais, et rétablissent leurs assemblées, pourvu qu'ils ne fassent rien contre la discipline. » Des instructions, réglant les points de détail, seront envoyées aux magistrats. Galère, en terminant, demande aux chrétiens de prier leur Dieu pour son salut, pour celui de FÉtat, et pour eux-mêmes.

L'édit, qui porte en tète, avec le nom de Galère, ceux de Constantin et de Licinius, fut promulgué dans les États de ces trois empereurs : Lactance le lut, le 10 avril 311, sur les murs de Nicomédie. La promulgation n'eut lieu ni en Italie, où régnait Maxence, ni en Afrique, rentrée cette année même sous sa domination : mais dans ces pays les chrétiens n'étaient plus persécutés. Ce qui surprend davantage, redit ne fut point officiellement publié dans les

1. LACTA1IÇ9, De mort, pers., 34; Ecsèoe, Hùt. EccL, VIII, 17.

États de Maximin, c'est-à-dire en Cilicie, en Syrie et en Egypte. Maximin faisait cependant partie de la tétrarchie, et son nom eût dû figurer dans un document officiel signé de ses collègues. Par un motif que nous ignorons, il n'en fut pas ainsi. Maximin, cependant, ne pouvait se refuser à la politique nouvelle inaugurée par Galère malade et ratifiée par Constantin et Licinius. Il y adhéra d'assez mauvaise grâce. Il donna seulement à son préfet du prétoire l'ordre verbal de cesser la persécution et d'envoyer à cet eff'et des instructions aux gouverneurs des diverses provinces, chargés à leur tour de les communiquer aux magistrats des villes. Eusèbe nous a conservé la circulaire écrite par le préfet. Elle enjoint aux fonctionnaires publics de cesser les poursuites contre les chrétiens et de tolérer l'exercice de leur culte ; « car une très longue expérience a prouvé qu'il n'existe aucun moyen de les détourner de leur entêtement * . » Celte pièce ne contient rien qui ressemble aux expressions de l'édit, permettant aux chrétiens « d'exister » et « de tenir leurs assemblées, » c'est-à-dire leur accordant non seulement la tolérance individuelle, mais encore la reconnaissance légale en tant qu'Église ou corporation.

Cette différence ne fut pas d'abord aperçue : dans les États de Maximin comme dans ceux de Galère

Page 1