Ibid
termes formels, reconnaissant Texercice officiel de rharuspicine aussi nettement qu'elles en punissent les manœuvres secrètes. On peut les rapprocher d'ordonnances semblables rendues par des princes païens. Si elles portent au paganisme un coup indirect, c'est en lui interdisant de conspirer dans Tombre et le mystère, en l'obligeant à vivre au grand jour, et à communiquer même ses oracles au souverain ; mais, telles qu'elles sont, elles frappent seulement des abus, ne donnent aux partisans de l'ancien culte aucune cause légitime de plainte, et paraissent émaner du pontife non moins que de l'empereur.
D'autres mesures de Constantin, à la même époque, rentrent aussi exactement dans l'esprit de redit <ie Milan, car elles ont pour objet de mettre les chrétiens sur un pied d'égalité avec les païens, conformément à cet édit, qui reconnaissait les mêmes droits aux divers cultes entre lesquels se partageaient les sujets de l'Empire. Tels sont les lois ou rescrits de 313, 319, 320,. déclarant les prêtres catholiques exempts de toutes les charges municipales^ ; exemption équitable, puisque les prêtres païens en jouissaient déjà ^, malheureusement à peu près détruite, au détriment des chrétiens, par
i, EvsÈBEj Hist, EccL, X; Code Théod.tWh "♦ 1, 1, 7.
2. CicÉROR, Acad,t n, 38, lil; Tite-Live, IV, 54; Plutarque, Numa^ 1*; Denys d'Halicarnasse, IV, 62,74; Aulu-Gelle, X, 18; Corp. inscr, lat.^ t. IX, 4206-4208; Lex colonise Genetivae^ 66, dans Ephem epigr,t t III, p. 101.
une autre loi de 320 enjoignant de n'admettre aux ordres sacrés que « les gens de petite fortune, » de peur que l'entrée d'un trop grand nombre de riches dans le clergé ne dépeuple et n'appauvrisse les curies*. La permission, donnée en 321, de tester en faveur des églises catholiques * les égale seulement, à ce point de vue, aux temples, autorisés de tout temps à recevoir des dons et des legs ^. Quand des basiliques chrétiennes s'élèvent, aux frais du trésor impérial, à Rome, en Italie, en Afrique, en Asie, quand leur dédicace est célébrée avec éclat, et que des revenus en terre leur sont assignés \ Constantin ne fait autre chose que donner au culte catholique une splendeur équivalente à celle dont jouissait le culte païen : Zozime est injuste en lui reprochant d'avoir épuisé par des constructions inutiles les finances de l'État '. La loi de 321 qui ordonne aux juges, aux corporations et aux particuliers de chômer le dimanche * n'est pas, ellemême, une faveur spéciale aux chrétiens; elle place seulement leurs jours fériés au même rang que les feriae païennes, pendant lesquelles devait cesser tout travail qui n'était pas indispensable '^. Quant