‹ Le Christianisme et l'Empire romain de Néron a ThéodoseChapitre 88 sur 176 · I. SOCRÀTI, I, 31 ; SOZOMiNB, lî · texte numérisé non relu

I. SOCRÀTI, I, 31 ; SOZOMiNB, lî

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enfin au sein de cette Église par lui servie et tyran nisée tour à tour, mais toujours passionnément aimée. Un s^ns catholique très remarquable, et qui en une certaine mesure compensait ou corrigeait ses erreurs, lui faisait haïr dans TÉglise jusqu'à Tombre d'une division. L'unité, tel lui semblait en être le caractère divin. S'il oublia plus d'une fois la tolérance religieuse, ce fut à l'occasion de chrétiens jugés rebelles à cette unité. Respectant l'existence du culte païen, qu'il injurie parfois, qu'il gène même dans certains de ses actes, mais dont il garantit au moins les libertés essentielles, il réserve ses rigueurs aux hérétiques ou à ceux qu'il estime tels. Il les poursuit moins encore pour exécuter à leur égard les décisions des conciles que pour se contenter soi-même et remplir la mission dont il se croit investi. Delà, en plus de nombreuses mesures de détail, une loi générale de 331, interdisant les sectes de toute dénomination, proscrivant leurs livres, bannissant leurs chefs, confisquant leurs églises et défendant leurs assemblées *. Comment, cependant, Constantin put-il concilier une telle législation avec la liberté des cultes promise solennellement à plusieurs reprises? Il n'en coûterait pas de reconnaître une contradiction ou un manque de parole chez un prince capricieux et absolu, qui, dans les dernières années de son règne, ne souffrait plus guère de frein

i. EusÈBE, De vita Con3^, III, 61, 65; Sozomène, HisU EccL, 11^

à sa volonté. Cependant l'explication, croyonsnous, est plus simple. Quand on examine de près les actes et les paroles de Constantin, on reconnaît que la liberté religieuse devait seulement appartenir, dans sa pensée, au paganisme d'une part, à l'Église catholique de l'autre. Pesés un à un, les termes des édits de 313 et de 323 laissent peu de doute à ce sujet. Ce que Constantin avait voulu établir, ce n'était pas la liberté religieuse telle que l'entendent les modernes, c'était une sorte de modus vîvendi entre deux puissances longtemps en guerre, le paganisme pris dans son ensemble et l'Église catholique, à ses yeux seule forme légitime du christianisme. Les diverses dénominations hérétiques restaient en dehors des promesses, ne pouvaient invoquer la tolérance officielle, et dépendaient du bon plaisir impérial. Constantin s'était interdit de fermer un temple, mais se croyait tout droit de confisquer ou de détruire, sans manquer à ses engagements, une chapelle de valentiniens, de marcionites, de cataphryges ou même de novatiens.

§ 3. — Constant et Constance (337-361).

Que deviendra la politique religieuse inaugurée par Constantin? et comment les relations entre le paganisme et le christianisme se poursuivront-elles sous ses successeurs?

Trois ans après la mort du premier empereur chrétien, la réponse à cette question n'était plus douteuse. Le système si simple en apparence, passablement ondoyant et contradictoire dans la pratique, accepté cependant de tous, grâce auquel il avait pu tenir pendant un quart de siècle la balance à peu près égale entre deux cultes rivaux, venait de recevoir une première atteinte. « Que la superstition cesse, — dit une loi de 341, signée des. deux Augustes Constant et Constance, — que la folie des sacrifices soit abolie; car quiconque, contrairement à Tordonnance de notre divin père, aura osé célébrer des sacrifices, en recevra le châtiment ^ » On a remarqué le soin avec lequel les deux empereurs invoquent à Tappui de ces mesures rigoureuses les intentions conformes de Constantin. Ils vont jusqu'à alléguer un acte formel de celui-ci. Les Codes n'en ont point gardé trace. Les pièces authentiques qui sont restées de Constantin annoncent toutes, comme on l'a va, une politique différente. Faut-il croire que dans les dernières années de son règne Constantin l'avait répudiée, au point de proscrire le culte païen, malgré tant de promesses de le tolérer *? Ou dans Fallusion faite par ses fils à une loi du grand empereur convient-

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