Code Théod,, XVI, x, î
5. Voir dans ce sens Tillemont, Hist. des Empereurs, t. IV, p. 202; CniSTEL, Hist. de la destruction du paganisme en Orient, p. 74; ScHULTZE, Geschichte des Untergangs des griechich-rômiS" chen HeidenthumSt 1. 1, p. 59.
il de voir le souvenir altéré, grossi, généralisé après coup des lois qu'il porta réellement contre la divination et les sacrifices secrets, ou des mesures transitoires qu'il prit en Orient après la défaite de Licinius*? Probablement la réponse restera toujours Incertaine : mais Thypothèse que nous venons d'indiquer n'est point invraisemblable. Les enfants de Constantin semblent avoir été enclins à lui prêter leurs propres intentions. C'est ainsi que dans le louable but de préparer le retour d'Athanase exilé, Constantin le Jeune allégua sans preuve, et contre toute probabilité, une résolution que la mort seule aurait empêché son père d accomplir ^. * La loi de Constant et de Constance ne pouvait manquer de plaire à certains chrétiens. Même en Occident, oh le paganisme avait encore tant de racines, elle éveilla des espérances prématurées. L'accueil que lui firent les esprits impatients semble prouver qu'elle inaugurait une politique nouvelle, et marquait un pas décisif dans une voie où Constantin était à peine entré. Dans son curieux livre, écrit entre 343 et 350, Firmicus Maternus acclame les deux empereurs comme les destructeurs des temples et des dieux. « Vos lois, leur dit-il, ont
i. Dans ce sens, La Bastie, Mém. sur le souverain pontificat des empereurs romains, dans Mém, de VAcad. des Inscriptions, t. XV^ 1743, p. 100; Beugnot, Hist, de la destr. du paganisme en Occident, 1. 1, p. 100; A. De Broglie, VÉgliseet VEmpire romain au IV* siècle, t. I, p. 463 et suiv.
S. Saint Athanass, ApoL
presque entièrement abattu le diable, et dissipé la funeste contagion en éteignant Tidolâtrie *. » Il les exhorte à poursuivre leur œuvre, et à renverser par la violence ce qui reste de l'ancien culte. On se figurerait difficilement un tel écrit adressé à Constantin. Même dans TEmpire soumis à ses fils, il détonne singulièrement, et son bruit tumultueux ne s'accorde pas avec le son que rendent les faits. Un an après la loi qui inspirait à Firmicus Maternus de tels accents, Constant en adressera une autre au préfet de Rome. Connaissant l'attachement des Occidentaux, sur lesquels il régnait, et surtout des Romains au paganisme, il s'efforce de calmer leurs inquiétudes. « Toute superstition doit être renversée de fond en comble, » écrit-il; mais il ajoute : « Cependant nous voulons que les temples situés aux environs de la ville soient conservés intacts et sans souillure, parce qu à plusieurs d'entre eux est attachée l'origine des jeux, des courses et des combats qui font, de toute antiquité, la joie du peuple romain ^. » C'est à peine si les Romains sentaient le besoin d'être rassurés : Tannée même où celte loi était promulguée, ils avaient un préfet païen, membre du collège des augures, et très dévot à Hercule* : le consul de Tan-
I. Finiucus Maternus, De errore prof, relig.fii. «. Code Theod., XVI, x, 3.
3. WiLMANNS, Exempta inscr. lat,^ liSO abc; Bull, délia comm. arc?ieol. com. di Roma^ 1889, p. M,
née suivante se parera librement des titres d'augure, de quindécemvir et de pontife *.
On peut continuer le parallèle entre les lois destinées à détruire l'idolâtrie et les faits qui la montrent en pleine vigueur. En 353, Constance, devenu seul maître de l'Empire par la mort de son frère, promulgue une nouvelle loi, injurieuse aux païens, qu'elle traite de « perdus, » et terrible dans sa sanction, qui est la peine de mort pour les adorateurs des idoles. Les temples devront être fermés, et les sacrifices interdits^. Cependant le préfet de Rome de cette année même, Orfitus, qui par une faveur exceptionnelle demeurera en charge pendant les cinq années suivantes, garde dans les inscriptions les titres de pontife du Soleil et de pontife de Vesta*. Le calendrier romain de 354 cite, comme encore observées, toutes les fêtes païennes, non seulement celles qui se passent en jeux ou en spectacles, mais encore celles qui consistent en pèlerinages, processionset sacrifices *. Une troisième loi, de 356, décrète de nouveau la peine de mort contre quiconque sera convaicu d'avoir participé à des sacrifices ou adoré des idoles '. L'année même qui suivit sa promulgation, Constance visite Rome, admire la beauté des temples, confirme aux Yes-