Syhxaque, Ep.f X
pies ni rinterdiclion des sacrifices n'offrirent de difficultés : l'initiative populaire y avait parfois même devancé la loi. On vit, dans ces milieux favorables, des églises se construire, dès cette époque, avec les débris de sanctuaires païens ^ On eut aussi le spectacle moins édifiant de courtisans « gorgés des dépouilles des temples, » selon le mot d'Ammien Marcellin*. Même là où ces abus se commirent, une partie au moins des lois prohibitives de l'idolâtrie ne fut pas exécutée. On ne cite pas un seul cas où la peine capitale ait été infligée à un païen surpris dans l'exercice de sa religion. L'oncle d'un des condisciples du célèbre Bbéteur Libanius « vivait plus en commerce avec les dieux qu'avec les hommes, » selon l'expression de ce dernier : il ne cessa de leur rendre un culte, « en dépit de la loi qui prononçait la peine de mort contre leurs adorateurs^. » Mais dans les villes où le paganisme dominait, la loi ne fut pas plus exécutée contre les temples qu'elle ne Tétait ailleurs contre les personnes. Sous Constance, Alexandrie est pleine de sanctuaires païens, où lo culte n'a pas subi d'interruption * : beaucoup d'au-
i. SozoMÈNE, Hist, Eccl.^ III, 37.
s. ÀMMiEii Harcellin, XXII, 4. Sur les dons Taits aux églises ariennes aux dépens des temples, voir Saint Hilaire, Ad ConstanU imp,