‹ Le christianisme et les barbares (395-1049)Chapitre 50 sur 70 · LA HLINE RELIGIEUSE EN ITALIE · texte numérisé non relu

LA HLINE RELIGIEUSE EN ITALIE

On voit ce qu'est devenu le siège de saint Pierre entre les mains des seigneurs. Il n'est pas sur que son histoire diffère sensiblement de 1" histoire des autres évêchés ou abbayes dltalie *.

En France, il en va tout de même. Ce sont les comtes, on la dit. qui ont usurpé les droits du roi

des juges ordinaires qui administrent [Halphen : Adiv. Rome MA. i9u7j.

Toute cette histoire démontre éloquemment l'utilité, la bienfaisance du protectorat impérial.

1 Sur la décadence religieuse italienne, hors de Rome, de 838 à 1049, nous sommes mal renseignés. Au sud, les invasions sarrasines ont amené un grand relâchement de la discipline : la simouie règne, l'église est dépouillée de son patrimoine par les prêtres eux mêmes [Voir conciles dOria. Siponto : Gay, p 192, 196]. Quant aux fidèles, on sait par saint >'il. que les jeunes gens s'occupaient fort de magie, que 1er mœurs deCapoue étaient très relâchées. L'abbé Manson, que les princes lombards ont imposé au Mont-Ca-;sin. vers 985, est un seigneur ambitieux, rapace et fastueux : les vrais moines le fuient, et saint Nil quitte à cause de lui le Valleluce.

Héribert. archevêque de Milan, est un type fameux d evèque féodal, 1018-104.5 : à ce moment, sur 1000 clercs, il n'y en a pas 5 qui ne soient pas simoniaques, dit Bonitho ; et Landulfe montre que le mariage des prêtres est alors passé dans les mœurs [PL. 148.S93 ; Deîarc : Saint Grégoire VU, t. II, i8>9, p 55].

Sébastien évêque de Verceil, est chassé par les ennemis de Béranger I^r. et remplacé par Anselbert. 901. Vers 950. Béranger II, et Adalbert rois d'Italie demandent à leurs partisans qu'ils leur donnent des évèques pour otages : d'où les réclamations d'Atton 961 : lettre VI. et de pressuris ecclesiasticis. Rois et seigneurs disposent en maîtres des églises : Hugues donne Vendersi àTortone, 940 ; Béranger I^r donne saint Michèle diLucedio à son ami Sébastien. — Sur le rôle politique de l'épiscopat italien à ce moment, voir p. 246 n. ; cf. E. Mayer : Italieïiische Verfassungsgeschichte... 2 vol Leipzig. 19; >9.

Ingon évêque de Verceil, vers 970, dilapide les biens de son église.

dans les quarante dernières années du ix^ siècle et qui désormais disposent en maîtres des abbayes et des évéchés. A Tours et à Angers, les évêques sont choisis dans la famille des seigneurs d'Amboise ; les sièges du duché de Bourgogne et du duché de France sont disputés entre le roi, les ducs et les comtes locaux ; en Normandie et en Bretagne, les familles ducales en disposent librement ; il semble bien qu'il en a été de même en Aquitaine et en Gascogne ; les comtes de Rouergue et les comtes de Toulouse, les comtes de Melgueil et les comtes de Carcassonne se disputent les sièges de l'ancienne Septimanie. De même en Espagne où les marquis de Barcelone et les comtes d'Urgel, les rois d'Aragon, de Navarre et de Léon ont fondé des dynasties autonomes. L'évêché est un bien dont ils disposent à leur gré, sans tenir compte des intérêts de l'Eglise. En politicjue avisé, chaque seigneur cherche d'abord à installer sur le siège épiscopal un membre de sa famille. S'il a plusieurs enfants, l'un des iîls à l'évêché, l'autre le comté paternel. Le duc de Normandie Richard établit, à Rouen, son fils Robert. Ses deux neveux Hughes et Jean, fds de son frère utérin Raoul d'Ivri, deviennent, l'un évêque de Baveux, l'autre évêque d'Avranches ; son pctiL-fils Hugues, fils de son bâtard Guillaume, comte d'Eu, obtient dès sa jeunesse l'évêché de Lisieux. Le fils de Richard H, Mauger, aura l'archevêché de Rouen ; le demi-

l'épiscopat franc 2o3

frère de Guillaume le Conquérant. Eudes, révè-^hé de Baveux. Les mêmes faits se reproduisent, sinon dans les évèchés d Aquitaine, du moins dans ceux de la Gothie et dans quelques évèchés d'Espagne. Les deux vicomtes d'Albi et de Ximes qui ont un droit à Télection de ces deux évèchés réussissent à y établir des membres de leur famille : Frotaire est élevé au siège épiscopal tandis que Aton reçoit les vicomtes. Aton parvient à établir son lils Frotaire 11 à Cahors. Son lils aine, Bernard, a deux fils. Aton II. qui devient vicomte d'Albi et de Ximes, Frotaire III qui est évèque d'Albi. Enfin Atoa 11 laisse ses vicomtes à Aton 111 et donne à son autre tîls, Frotaire IV, Lévèché de Nimes. Ainsi, pendant quatre générations, un des membres de la famille des vicomtes d'Albi reçoit un siège épiscopal. A Maguelone mêmes faits. L'un des comtes de Substantion. Bernard II, ayant deux enfants, laisse le comté à l'aine, et l'autre, Pierre, reçoit lévèché de Maguelone. Le comte de Comminges Roger F'' compte parmi ses descendants, au x^ et au commencement du xi^ siècle, trois évéques. Pierre évèque de Conserans, Bernard évèque de Toulouse, Bernard abbé de Lézat et évèque de Conserans. Les seigneurs réservent même la dignité épiscopale pour leurs enfants. A Xarbonne. le vicomte Matfred partage ses biens entre Raimond et Ermengaud et établit une clause en vertu de laquelle les biens d'Ermengaud revien-

2o4 CHRISTIANISME ET DÉSORGANISATION SEIGNEURIALE

dront ù son frère s'il vient à mourir avant d'arriver à Fépiscopat. Bernard de Bésalu réserve pour son fils Henri l'évêché qu'il a fondé ; il spécifie que le donataire entrera en possession à la mort de l'évêque Guifred ; si Henri obtient un autre évêché, il remettra celui de Bésalu entre les mains de son frère qui en disposera K

Quand le sei^^neur n'a pas l'évêché dans son patrimoine, ou qu'il ne partage pas le droit d'élection, tous les moyens lui sont bons pour établir ses parents. L'intrigue, les promesses, l'argent ne lui coûtent guère, et il ne recule pas devant la conquête à main armée. Les évêques de Cambrai dis-

1 Robert est établi à Rouen en 9S9, Manger en 1037. Frotaireler devient évéque en 942, Frotaire II en 957, Frotaire 111 en 972, Frotaire IV en 1027. Pierre est nommé à Masuelone en 989. Les diplômes du vicomte Matf red et de Bernard de Bésalu datent de 966 et 1017.

La plupart des évèchés du royaume de Bourgogne sont tombés aux mains des familles seigneuriales : « beaucoup plus fréquemment qu'en France à la même époque, les évêques se trouvent maîtres du comté correspondant à leur diocèse ». Tantôt, c'est la force des choses qui a substitué l'évêque au comte disparu dans l'exercice des droits de celui-ci : « à Moutier en Tarentaise. un précepte de Rodolfe III a sanctionné cette usurpation ». Tantôt, c'est la royauté qui a concédé les pouvoirs comtaux aux évèques afin de pouvoir plus efficacement lutter contre les seigneurs. De toute façon, ce sont les familles seigneuriales qui tiennent les évêchés : les Savoie ont Belley vers l'an 1000, et leurs alliés ont Vienne, depuis 1023. La plupart des évêchés provençaux sont aux mains de petits vicomtes assez pauvres, qui se les transmettent par héritage: Marseille, Nice, Fréjus... — La riche abbaye de Saint Maurice d'Agaune semble être, au xi^ siècle, en la possession des Savoie... fPoupardin : Le royaume de Bourgogne 888-1038, Paris, 1907, p. 298],

LA RUINE RELIGIEUSE EN GAULE 2oO

piitent péniblement au comte Isaac la possession de leur capitale et ceux de Liège tremblent devant les seigneurs de Chèvremont. Des deux fds du comte de Cerdagne, Oliba Cabreta, Tainé, Béranger. et le dernier, Oliba, occupent les sièges dElne et de Vich ; leur frère Guifred achète pour un de ses fils, âgé de dix ans, l'archevêché de Xarbonne. Les vicomtes de Limoges intriguent de telle sorte au moment des élections, que trois évèques sont pris dans leur famille à la fin du x^ et au début du XI- siècle. Hildegaire. Alduin son frère et leur neveu Gerald. Bertrand de Mende se rend près de Henri P'\ les mains pleines d'or, pour obtenir l'évèché du Puy. En 1049, au concile de Reims, les évèques de Nevers et de Coutances avouent que leurs familles ont acheté pour eux lépiscopat ; lévêque de Nantes confesse, devant le même concile, « qu'il a distribué beaucoup d'argent pour remplacer son prédécesseur. » En France comme en Italie, ces barons alîublés de la mitre n'ont d'autre souci que d'exploiter leur évèché et de pressurer leurs diocésains. Le jeune Guifred. qui reçoit de son père, à dix ans. l'archevêché de Xarbonne. et le garde plus d'un demi-siècle, rappelle les Jean XII et les Benoit IX par l'étrangeté scandaleuse de sa vie. " 11 vend aux laïcs les châteaux, les villas, les terres, les droits de l'archevêché et même les propriétés du chapitre cathédral. qui ne lui appartiennent pas. Il a un frère, Guillaume, qu'il voudrait bien

faire évêque, car il trouve que le métier est bon. Il achète très cher pour lui lévèché d'Urgel, qu'il paye en vendant les tableaux, les croix, les reliquaires d'or et d'argent, les patènes, les calices de ses propres églises. Les clercs de son diocèse sont réduits à la misère. Tout, pour Guifred, est objet de lucre : ordination, justice, droits féodaux, il n'oublie rien. Cet évéque extraordinaire qui a acheté son église en bloc et la revend tous les jours en détail, préside solennellement, et sans rire, des synodes où l'on flétrit les abus *. »

' Luchaire: Histoire de France (,..de L.ivisse^ II, 2. p. lil, Guifred reste évêque de 1016 à 1079 ; c'est en 1016 que les deux fils d'Oliba Cabrela deviennent évêques, en 1012 que Gerald succède à Alduin son oncle, en 1053 que Bertrand achète l'évèché du Puy. Je résume ici P. Imbart de la Tour : Les élections épiscopales ilans VEglise de France du \\^ au xii^ siècle Paris, 1891. passim. « La reine Bertrade, criblée de dettes, attend pour désintéresser ses créanciers, qu'on ait pourvu à certain siège épiscopal. » Il faut être poète, coinme Baudri de Bourgueil. pour arriver chez le roi les mains vides ; inutile de dire ce qui attend ces naïfs.

Au xe siècle, le roi Raoul de France avait imposé comme évêque, à Reims, un enfant. Hugo ; lorsque le père de Hugo. Herbert comte de Vermandois, eût cessé de lui plaire. Raoul chassa Hugo et installa Artaud. D'où guerre entre Artaud et Hugo : voir le concile de Soissons de 941, Lauer : Louis IV, p. ô5, 62. Artaud finit, grâce à Rome, par garder Reims. Lorsqu il meurt, Brunon de Cologne installe à sa place, 962, un lorrain favorable à la Germanie, Oudry : frère d'Ottou. qui lui a confié les affaires de France, l?ruiion .suit ses maximes, — celles de Cbarlemagne, — touchant l'élection des évèquse.

Guillaume le Conquérant, en 1081, nomme un clerc de Samson évêque du Mans [Luchaire : Histoire de France. II, 2. 108.1

En .\njou, comme en Normandie et dans tous les état.'^ vigougoureux, les évêques sont nommés par le comte et restent dans

L ÉGLISE DE GErniAME 2o7

La situation religieuse de la Germanie se présente dans des conditions différentes. Che^ les Souabes et les Bavarois, chez les Franconiens et

?a main. Tel Eusèbe Brunon, évéque d'Angers, 1047-lOSl, qui soutiendra jusqu'au bout son suzerain Geoffroi-Mariel contre le pap-, et n'hésitera pas, pour ce faire, à en appeler du pape au Christ. [Luchaire : p 116]. En 1005, Foulque Nerra nomme le fils du A-icomte de Vendôme éA'êqiie, et Gui du Lion d'Angers archidiacre.

En Bourgogne, le comte et le roi se disputent le siège de Besançon ; Rodolfe III installe son bâtard Hugues sur le siège de Lausanne, 1019; Lyon, qui se transporte alors vers l'église d'Ainay, entre le Rhône et la Saône, est disputé entre les rois et les comtes du Forez. [PoupardinJ.

Sur la rivalité d'Argrim et de Theutbald à Langres, vers 900, voir Duchesne : Fastes. IL 189-190.

En Lorraine, avant l'effort germanisateur dOtton et de Brunon. 953, les évèques sont faits par les seigneurs « A Liège, Etienne devait son élection à sa parenté avec les puissants comtes Gérard et Matfried Pàcher, son successeur, avait été expulsé par le duc Gislebert qui lui avait substitué un candidat de son choix. Fulbert de Cambrai était également une créature du duc; Baldéric d'Utiecht était son propre frère : Adalbérou de Metz un de ses partisans >♦ ["Pirenne : Hhttire de Belgique 1, 1900, p. 52 et 54-55] D'où bataille entre la royauté qui veut prendre et les seigneurs qui entendent garder.

-Noter que les seigneurs n'ont pas joui du même prestige dans tout l'Occident: c'est dans la France du Nord qu'ils semblent avoir été le plus puissants.

La royauté française, devenue élective comme les autres à la fin du ixe et au cours du x^ siècle, finit par se fixer dans la famille de Robert le Fort voir p. 226,'. Les premiers Capétiens, Uugues ler 987-99»;, Robert le Pieux 996-10.31. Henri !«>• 1031- 1060 transforment insensiblement en fonctionnaire's royaux les évèques et les abbés [noter le grand rôle de l'évéque Arnoul d'Orléans sous Hugues Capet. Sur lui, voir de Certain : Bibl. Ecole de Chartes, 1852|. Leur pouvoir dans l'Eglise se marque: « 1 par leur intervention dans les élections des évèques et des abbés ; 2. par leur ingérence dans le gouvernement du temporel des évéchés et des abbayes ; 3. par leur ingérence dans l'orga-

les Saxons qui. unis aux Thuringiens et aux Hessois, couvrent toute la Basse Allemagne, le Christianisme est un don de Charlemagne, une importation de la royauté, tandis qu'en France, en Italie et en Espagne, la royauté et les seigneuries sont postérieures à l'Eglise. Sur ce sol conquis, au milieu d'une population païenne, l'Eglise était représentée d'abord par l'évêque ; et l'évêque lui-même tenait sa mission du roi, qui dotait son siège, surveillait les conversions, encourageait la propagande. Le roi, d'autre part, s'appuie toujours sur les évéques, dont il fait systématiquement ses agents contre les seigneurs laïcs. Le roi de Germanie, surtout à partir de Otton, devient le chef incontesté de la société religieuse et dispose presque souverainement des évêchés et des monastères.

Henri chasse l'évêque de Verdun, Hughes, dont il n'est pas sûr. Otton confère l'archevêché de Cologne à son frère Bruno, celui de Mayence i\ son fds, Guillaume le bâtard, celui de Trêves à l'un de ses cousins, celui de Salzbourg à un de ses favoris.

nisation spirituelle de l'Eglise, défense du dogme, propagation des réformes. » Dans les provinces métropolitaines de Reims, de Sens et de Tours, dans une certaine partie ili'S provinces de Lyon et de liourges, l'Eglise dépend des seigneurs capétiens.

[Voir Pfi^ter : Robert le t'icux, 18^5, p. 170, et Lu.'haire : Histoire des institutions monarchirjues, I, 209 et II, 52. Pareil phénomène en Germanie, plus apparent encore. C'est que, en Germanie comme en Franco, la tradition carolingienne survit. Après comme avant yM7, la royauté française confère souvent les droits comtaux aux évéques [940, Reims ; 969. Langres ; vers 1000, Laon ; 1015, Beauvais, vers 930, le Pny.]

LE CÉSAR0-PAPIS31E GERMAMOUE 2o9

Il confie à Tarchevêcpie Bruno la chancellerie impériale ; il donne à des évêques ou à des abbés les plus importantes fonctions de sa cour : il s'appuie sur eux pour tenter de germaniser la Lorraine. Otton 11 et Otton 111 perfectionnent le système et font de l'Eglise l'organe essentiel de leur gouvernement : Otton lia pour archi-chancelier Tarchevéque de Mayence Willigis ; Otton 111 s'intitule scrvus Christi et donne en fiefs des comtés entiers aux évêques de Wurtzbourg. de Brème et de Cologne. Mais cest Henri 11 qui. le plus délibérément, s'appuyant sur TEglise. lui enlève toute indépendance. Il dépayse les évêques en les envoyant dans des diocèses auxcp.iels ils sont étrangers : il soutient ceux qui, comme Aribo de Mayence, veulent raffermir leur autorité métropolitaine : il impose aux abbayes royales les abbés dont il est sur, et. lorsque les moines répondent à cette violation de leurs privilèges électoraux en abandonnant en masse leurs maisons, il diminue les terres dont le revenu est affecté à leur entretien pour mettre de plus grands biens à la disposition de Tabbé : celui-ci profite de ce surcroit de richesse pour créer de nouveaux fiefs. pour augmenter le nombre des vassaux qui doivent suivre à la guerre son avoué. Au milieu du xr siècle, les abbayes royales sont assimilées à de véritables domaines royaux ^

1 Touchant la mainmise du royaume de Germanie sur l'Eglise germanique au temps des Ottons, voir Hauck. tome III,

Si les abbés et les évêques ont, en général, meilleure tenue que ceux de France ou d'Italie, il s'en faut pourtant qu'ils remplissent toujours les

1>^96, p. 1-540. — Henri 1er. 919-936, l'élu de la Saxe et de la Franconie, refuse d'être sacré par Hériger de Mayence, revendique la nomination des évêques de Souabe. entre en lutte avec les évêques à propos de son mariage avec Hathéburge, qu'il finit par répudier L'influence de sa seconde femme, sainte Mathilde -^ 968. Voir sa vie. PL 151. 1313 et 125 889] le rapproche de l'Eglise : il fonde l'abbaye de Quedlinbourg. il va partir en pèlerinage à Rome, quand il meurt. — Otton I^"", 936- 973 donne à certains évêques les fonctions de comte Worms, Cambrai. Magdebourg ; il leur donne dans les assemblées un rôle prépondérant, il les entraîne dans ses campagnes (les évoques de Ralisbonne et d'Eichstedt mourront sur le Lecb , en Lorraine il en fait les instruments de la germanisation Pirenne I, 52 : il confirme les canons du concile d'Augsbourg. A partir de 953, révolte de Ludolf et de Frédéric de Mayence. il resserre son alliance avec l'Eglise; « il concentre dans les mains des évêques les terres et les droits régaliens » : donations et concessions affluent.

Otton II 973-983 s'appuie sur Adalbéron de Reims comme sur Willigis.

Willigis est régent au début du règne d'Otton III, 983-1002. et c'est en ce moment l'état qui obéit à l'Eglise.

Henri II, 1002-1024 est vénéré comme un saint par l'Eglise : (voir sa vie par A'ialbold. PL. 140. 89. et par Adalbert, PL. 140. 109 et 142 C'était un chrétien très sincère, un esprit très positif et qui envisageait son pouvoir royal comme une magistrature sociale et religieuse : il a été élevé par le pieux Wolfgang. Sa femme, sainte Cunégonde morte en 1033 Lire sa vie, MG. S>^. IV. 821 et PL. 140. 205) n'était pas moins pieuse. Tous deux célèbrent ponctuellement les fêtes religieuses, observent les jeûnes, font rompre les mariages illicites, réforment les couvents Fulda, Reichnau. Hersfeld . prodiguent les aumônes, vénèrent les tombeaux des saints. Surtout Henri s'associe et se subordonne étroitement l'Eglise. Comme certains évêques lui sont hostiles (Héribert de Cologne. Bernard de Hildesheim), il met la main sur les élections épiscopales, installe Tagino à Magdebourg 1004, Mégingoz à Trêves 1008, Umwan à Hambourg,

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