‹ Le christianisme et les temps présents (volume 4)Chapitre 7 sur 68 · L'ÉGLISE CATHOLIQUE · texte numérisé non relu

L'ÉGLISE CATHOLIQUE

Deux amours ont bâti et bâtissent incessamment l'Église catholique : l'amour de Dieu pour les âmes, et l'amour des âmes pour Dieu. Certes, le premier eût suffi à cette œuvre; mais il a voulu y associer le second. C'est lui qui de toute éternité a conçu l'Eglise comme le terme de ses desseins; qui a créé le globe et ses merveilles pour lui servir de support et de cadre ; qui , ayant dès les premiers jours dessiné les grandes lignes de l'Église, l'a peu à peu amenée à la perfection et enrichie sans mesure de dons qui ne semblaient pas communicables ; c'est lui enfin qui, joignant à une magnificence infinie une délicatesse exquise, a associé l'homme à son œuvre, et l'a fait, lui infirme, lui pécheur, périssable, le constructeur et le co-architecte d'une œuvre éternelle et sainte.

Comment ces deux amours se sont associés pour créer l'Église, et comment, en se rencontrant et en s'unissant, ils lui ont donné l'éternelle beauté , divine et humaine : voilà ce qu'on verra dans toute la suite de cette première partie.

Déjà deux fois j'ai essayé de peindre l'adorable physionomie de Notre-Seigneur; aujourd'hui je voudrais peindre celle de son Épouse. Je voudrais montrer la beauté de son extérieur, de son corps sacré, et comment, rien qu'à la voir, on la sent divine. Je voudrais montrer ensuite la beauté plus grande, unique, incomparable, de son âme vivante. Je voudrais dire surtout comment cet Esprit divin , présent dans l'Église, élève, transfigure son corps humain; comment à son tour celui-ci humanise l'Esprit divin qui est en lui ; et comment , même lorsqu'il défaille ainsi que toutes les choses terrestres, au lieu d'affaiblir l'âme vivante, il la fait resplendir et la montre plus belle.

Entrons avec joie et modestie dans la contemplation de ces grandes choses.

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