PROLOGUE
Et ce qui nous a frappés , c'est que , si belle et si extraordinaire que soit l'œuvre, elle n'égale pas l'ouvrier. Il a inspiré les plus divines vertus; mais ces vertus, écloses en deux mille ans, ne sont qu'une ombre à côté des siennes. La beauté de son âme échappe à toute description. Ce qu'il a fait n'est rien à côté de ce qu'il était. On le regarde et on se dit : « Si la vie et la mort de Socrate I sont d'un sage, la vie et la mort de Jésus sont d'un I Dieu *. » Et du récit de cette vie et de cette mort sort un tel rayon de sincérité que l'on ajoute aussitôt : « Les faits de Socrate, dont personne ne doute, sont moins attestés ! que ceux de Jésus-Christ2. »
Voilà nos deux premières courses, et les grands spec- I tacles que déjà nous avons eus.
Maintenant, si vous n'êtes pas trop las, poursuivons notre route. Jésus-Christ est donc Dieu; qu'est-ce à dire?
11 est Dieu et homme. Comment cela, et pourquoi? Qu'est-il venu faire sur la terre? Ecoutons l'apôtre saint Jean :
Au commencement était le Verbe, et le Verbe était en Dieu, et le Verbe était Dieu. Voilà ce qu'est Jésus- Christ. Il est le Verbe, le Fils éternel de Dieu, la seconde Personne de la sainte Trinité.
Toutes choses ont été faites par lui , et rien de ce qui a été fait na été fait sans lui. En lui était la vie, et la vie est la lumière des hommes. Voilà encore ce qu'est Jésus -Christ. Il est le Verbe , créateur et illuminateur des âmes et des mondes.
Et la lumière luit dans les ténèbres , et les ténèbres ne Vont •point comprise. Voilà pourquoi il est venu : pour faire luire
1 Rousseau , Confession du vicaire savoyard. * Id., ibid.