PROLOGUE
Arrivé là , une seconde question se présente : Il faut une religion; mais laquelle? La religion naturelle ne suffitelle pas? J'entends par là cette religion que nous avons décrite au premier livre de cet ouvrage, où l'homme monte à Dieu par l'adoration , par la prière et l'action de grâces, où Dieu descend à l'homme par le secours. Faut -il admettre une religion positive, des formules révélées du ciel, une architecture extérieure de la religion où Dieu ait mis publiquement la main?
Nous l'avons dit en exposant notre plan . 1 ancienne apologétique insistait longuement sur cette question de l'insuffisance absolue de la religion naturelle; elle montrait qu'en droit on ne pouvait pas s'en contenter, parce qu'elle manque à la fois de clarté, de certitude et d'efficacité; qu'en fait elle n'avait jamais suffi; et, par le spectacle des erreurs monstrueuses répandues chez les peuples les plus polis, des effroyables désordres de mœurs, suite et conséquence de ces erreurs, elle préparait les esprits à reconnaître la nécessité d'une religion positive.
Mais à quoi bon de si longues routes, quand Dieu a tout abrégé? Il y a dix-huit siècles, un homme a paru à Jérusalem. Il a parlé; il a vécu; il est mort. Depuis ce moment, l'humanité, étonnée de ce qu'elle a vu en lui, s'est prosternée à ses pieds. Cet homme est -il Dieu? Car s'il est Dieu , s'il a fondé une religion , que me parlez-vous de religion naturelle? Quand elle eût pu suffire, elle ne suffit plus. Dieu a parlé. Mortels, écoutez et obéissez.
Il faut donc voir si Jésus-Christ est Dieu. Tout est là.
11 faut regarder sa physionomie; il faut peser ses paroles; il faut contrôler ses actes ; il faut assister à son premier et à son dernier soupir, interroger son berceau et sa tombe, pour voir s'il n'y a nulle part en lui de défaillance. Achille