PROLOGUE
n'avait qu'un point vulnérable, et c'était au talon. Regardez donc de près.
C'est-à-dire qu'il faut lire sa vie.
Laissez les raisons, les discussions , les thèses. Il a vécu, voyons sa vie. Et comme il est dit de Zachée qu'il monta sur un arbre pour mieux voir la physionomie de Jésus : quœrebat videre Jesum quis esset, élevons -nous aussi audessus de nous-mêmes, au-dessus de nos préjugés, de nos passions; montons dans la lumière, dans le silence, dans la solitude, plus haut que les bruits de la foule, afin de voir, nous aussi, quel est ce Jésus : Videre Jesum, quis esset; ou plutôt /ô Jésus, montrez -vous à nous; faites comme vous avez fait pour Zachée, auquel vous avez le premier adressé la parole. Venez demeurer avec ceux qui vous cherchent. Demeurez dans leur cabinet, sur leur table de travail; et que, de temps en temps, ouvrant un chapitre, lisant une de vos paroles, un des faits de votre vie, ils sentent, à je ne sais quelle impression d'élévation, de pureté et de paix , qui vous êtes vraiment : Videre Jesum, quis esset.
Mais avant de commencer le récit de cette vie, pour que nous puissions le suivre sans préoccupation et sans discussion, il faut dire un mot des sources où nous allons puiser. Ces sources, on le sait, sont principalement les Evangiles. Je voudrais donc ici, à la lumière des grands travaux contemporains, étudier ces antiques monuments; dire la date réelle de leur composition ; le plan , le but , le caractère de chacun d'eux; leurs singulières différences, et, au sein de ces différences non encore pleinement expliquées, leur harmonieuse unité ; placer enfin ces monuments dans le cadre historique et géographique où ils ont paru et qui les éclaire; et nous préparer par là à entendre l'in-