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Le monde moderne se trouve en face d'un grand problème.
€ Il s'agit de savoir, dit M. Guizot, si l'Église ca- » tholique saura, sans se dénaturer religieusement, » se mettre en harmonie avec les idées, les sentiments, • les institutions qui évidemment prévalent et prévau- » dront de plus en plus dans le monde civilisé. »
C'est là, on peut le dire, la grande question actuelle, et la question est bien posée.
11 faut qu'une alliance sincère soit possible et signée entre le Catholicisme et l'esprit moderne, sinon la lutte commencée continuera, et le duel est à outrance.
Le Catholicisme désavouera-t-il son passé? Sa nature même lui permet-elle de se rétracter?
L'esprit moderne reculera- t-il, ramenant, captive et pénitente , la société nouvelle dans quelque cloître du moyen âge? L'humanité va-t elle courber en-
core la tête sous le joug de fer des pouvoirs absolus? L'esprit des âges nouveaux, baptisé de notre sang, portant au front T auréole de nos gloires nationales, va-t-il abdiquer et s'évanouir?— Un homme, le plus grand des hommes, peut trouver un écueil qui s'appelle Sainte-Hélène : l'esprit moderne ne le peut pas.
Mais le Catholicisme ne saura-t-il pas se transformer, même aux prix d'une inconséquence? Le Christianisme en soi, dans son essence, n'est-il pas l'allié naturel de toutes les libertés et ne peut-il pas, débarrassé de l'immense cadavre du passé qu'il remorquedepuis tant de siècles, marcher de concert avec elles à l'affranchissement de l'humanité?
Grande question, qui domine la première, et qu'il faut avoir le courage de poser.
Qui est-ce qui redoute la vérité? Qui est-ce qui s'est enchaîné au passé? Que cet esclave ferme ce livre.
Qui est-ce qui aime la vérité quelle qu'elle soit? Qui est-ce qui se sent capable de s'affranchir du préjugé traditionnel ? Que celui-là lise ce livre et se rassure. Le Christ lui-même n'a-t-il pas dit : c Celui qui est de la vérité entend ma voix? » Omnis qui est ex veritate audit voceni meam ?
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