‹ Le Christianisme et ses origines (volume 3)Chapitre 40 sur 107 · Apologet., ibidem · texte numérisé non relu

Apologet., ibidem

2. Quand avait lieu le repas du Seigneur.^ était-ce périodiquement et à un jour déterminé ? Etait-ce simplement quand l'assemblée se réunissait, comme semble l'indiquer le verset 17 ! Mais cette réunion elle-môme avait-elle lieu à jour fixe ? C'est ce que le texte de Paul ne nous apprend pas.

membres de la communauté, qui s'y trouvaient distribués nécessairement dans des situations très inégales. Tout le monde aurait voulu les premières places, celles des apôtres et des maîtres ; ceux qui étaient réduits aux dernières en souffraient, et demandaient à quoi bon être d'une Église. Paul recourait, pour les ramener, au vieil apologue de Menenius Agrippa : il y a l'œil, il y a la main, il y a le pied ; tous doivent conspirer pour le bien du corps tout entier. Le pied ne doit pas dire, parce qu'il n'est pas la main, qu'il n'est pas du corps. Paul descend jusqu'à cette image naïve : « Les parties du corps que nous jugeons les moins honorables, nous leur accordons plus qu'à d'autres l'honneur de l'ajustement, et ce que nous avons en nous de moins décent est ce que nous habillons avec le plus de décence ; car ce qui est décent de soi-même n'a besoin de rien... Tous ensemble vous êtes le corps de Christ, et chacun de vous en est un membre (xn, 15-27). »

Dans sou ardeur d'émancipation, Paul n'avait pas craint de dire : « Il n'y a pas de Juif ni de Grec; il n'y a pas d'esclave ni de libre ; il lïy a j^xis de mâle et de femelle; car tous, tant que vous êtes, vous n'êtes qu'un en le Christ Jésus [Gnl., m, 28j. » On n'imagine pas une formule plus hardie; mais, en pratique, il semble que Paul s'est trouvé gêné de cet élan des femmes vers la liberté. Il les rappelle à leur condition inférieure. Qu'elles ne paraissent dans l'assemblée que voilées. « L'homme n'a pas à se voiler la tête, étant l'image et l'auréole de Dieu (sa o;';a),

17(j LE CHRISTIANISME ET SES ORIGINES.

tandis que la femme est l'auréole de son mari. Car le mari ne vient pas de la femme, mais la femme du mari, et le mari n'a pas été créé pour la femme, mais la femme pour le mari (xi, 7-9). » On sait que celte étrange physiologie est dans la Geiièse. « C'est pourquoi la femme doit porter sur sa tête l'autorité, à cause des anges. « Celte phrase signifie que le voile que la femme porle sur sa lête est le symbole de l'autorité que le mari a sur elle. On lil plus haut : « La tête de tout homme (c'esl-à-dire son supérieur) est le Christ; la tête de la femme est l'homme, et la lête du Christ est Dieu. » Mais pourquoi à cause des anges ? C'est que, de même que la femme appartenant à son mari ne doit pas être vue des autres hommes, elle ne doit pas l'être même des anges, qui pourraient, aussi bien que les hommes, concevoir pour elle des désirs, ainsi qu'il leur était arrivé au commencement du monde, d'après une tradition indiquée dans la Genèse (iv, 2), et développée dans le Livre d Enoch i. Or, on croyait que les anges étaient particulièrement présents dans les lieux de prière, pour porter les prières à Dieu 2.

Un peu plus loin, il déclare sèchement que les femmes ne doivent pas se mêler d'être inspirées : « Dans les assemblées, que vos femmes se taisent, car il ne leur est pas donné de parler, mais d'obéir,

1. Voir mou tome III, p. 370. L'Épître qui porte le nom de Juda (verset 6) rappelle comment les anges ont sacrifié alors leur dignité et quitté leur demeure céleste pour venir chercher ces femmes sur la terre.

Page 1